L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) met en garde contre toute instrumentalisation de la transition énergétique visant à promouvoir un autre objectif, à savoir l’abandon du pétrole et du gaz, a déclaré le secrétaire général de l’organisation, Haitham Al Ghais, dans une interview exclusive accordée à Trend.
Il s’exprimait en marge de la réunion inaugurale du Comité technique de la Charte de coopération de l’OPEP+ à Bakou.
Selon Haitham Al Ghais, le message de l’OPEP est demeuré constant : le pétrole continuera de constituer un pilier essentiel de l’économie mondiale.
« C’est le cas depuis de nombreuses années, voire des décennies, et cela le restera. Nous venons de publier la mise à jour de notre World Oil Outlook à l’horizon 2050, qui montre clairement que le pétrole conservera une place dominante dans le bouquet énergétique mondial jusqu’en 2050, avec une part d’environ 30 %. Si l’on y ajoute le gaz, le pétrole et le gaz représenteront ensemble près de 55 % du mix énergétique mondial.
Cela me ramène à ce que je souligne depuis longtemps : beaucoup assimilent la transition énergétique à l’abandon du pétrole et du gaz. À l’OPEP, nous parlons de transitions énergétiques, mais aussi d’addition énergétique, car la consommation mondiale d’énergie continuera de croître à un rythme très soutenu. Nous estimons qu’elle augmentera d’environ 23 % d’ici à 2050. Le pétrole en demeurera naturellement une composante majeure. Parallèlement à la progression des énergies renouvelables, nous assisterons également à une hausse de la consommation de gaz. Mais cela ne signifie pas que ces sources d’énergie remplaceront le pétrole et le gaz. À nos yeux, la seule source d’énergie appelée à reculer est le charbon, en raison des préoccupations climatiques et environnementales. C’est pourquoi l’OPEP estime essentiel de poursuivre les investissements dans le pétrole, le gaz, mais aussi dans les énergies renouvelables », a déclaré le secrétaire général de l’OPEP.
Tout en soulignant que tous les pays membres de l’OPEP n’investissent pas dans l’ensemble des sources d’énergie, Haitham Al Ghais a rappelé que l’organisation ne cible ni n’exclut aucune forme d’énergie au nom de la lutte contre le changement climatique.
« L’Accord de Paris est avant tout centré sur la réduction des émissions, quelles qu’en soient les sources, et pas uniquement celles issues du pétrole et du gaz. C’est pourquoi nous mettons en garde contre l’utilisation de la transition énergétique comme prétexte pour promouvoir un autre agenda, celui de l’abandon du pétrole et du gaz. Ce ne devrait pas être le cas.
Le pétrole est une ressource fondamentale. Il est présent dans tous les aspects de notre vie quotidienne : les transports, les vêtements, l’aviation, le transport maritime, les emballages, les équipements sportifs. Puisque l’on parle actuellement de la Coupe du monde, il suffit de rappeler que même les ballons de football sont fabriqués à partir de dérivés pétrochimiques. Le pétrole est omniprésent dans notre quotidien, souvent d’une manière que les gens n’imaginent même pas.
C’est pourquoi il est important de soutenir cette ressource et de garantir la stabilité de son marché, car elle a un impact direct sur la vie quotidienne et les moyens de subsistance de populations partout dans le monde. C’est précisément ce que nous cherchons à faire à travers la coopération de l’OPEP+ : assurer un marché pétrolier stable afin de soutenir l’économie mondiale, alors que le pétrole représente encore 30 % de la consommation mondiale d’énergie », a-t-il expliqué.
Par Laman Zeynalova