Le ministère de l’Intérieur arménien a enregistré un nombre record de demandes d’obtention de la citoyenneté. Arman Kazarian, ministre adjoint par intérim de l’Intérieur de la République d’Arménie, a fait cette annonce lors d’une conférence de presse, précisant que la majorité des demandeurs sont des citoyens russes d’origine arménienne.
« Nous observons une forte hausse du nombre de demandes de citoyenneté. En 2025, leur nombre a dépassé les 32 000, un record historique depuis l’existence de la République d’Arménie… Il s’agit principalement de citoyens de la Fédération de Russie qui déposent une demande de citoyenneté et qui, sur le plan ethnique, sont arméniens », a déclaré Arman Kazarian.
Deux ans auparavant, le nombre de demandes dépassait déjà 20 000 par an, alors qu’il se situait auparavant à une moyenne de 7 000 à 8 000.
« Nous constatons que certains événements se sont produits, notamment les opérations militaires sur le territoire ukrainien et l’instauration de restrictions aux déplacements pour les citoyens russes. C’est à ce moment-là que nous avons observé une hausse de ce type de demandes de citoyenneté. Et si nous examinons les raisons de cette évolution, nous constatons que les citoyens de la Fédération de Russie qui déposent principalement des demandes de citoyenneté de la République d’Arménie sont, ethniquement, des Arméniens. Autrement dit, cette tendance est principalement liée à notre diaspora », a expliqué Kazarian.
Selon lui, dans certains cas, la citoyenneté arménienne serait essentiellement utilisée pour obtenir un passeport arménien servant de document de voyage : « Car si l’on examine les conditions imposées par la République d’Arménie aux personnes d’origine arménienne souhaitant obtenir la citoyenneté, ces conditions sont pratiquement inexistantes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas véritablement d’exigences. …C’est un problème et il faut le résoudre de manière ciblée. »
Kazarian a souligné la nécessité de revoir les règles actuellement en vigueur en matière de réintégration dans la citoyenneté. Il a rappelé que les étrangers souhaitant être naturalisés doivent résider trois ans dans le pays et passer des tests portant sur la connaissance de la langue et de la législation, tandis que les membres de la diaspora arménienne ne sont, dans les faits, soumis à aucune exigence comparable.
« …À mon avis, c’est un problème et il est nécessaire de le résoudre. La question est celle de la valeur même de l’institution de la citoyenneté », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un projet de réforme législative était déjà en préparation.
Par ailleurs, selon lui, la réglementation relative à la perte de la citoyenneté par les mineurs, notamment les garçons, doit également être réexaminée. Le ministère de l’Intérieur arménien prévoit de préparer des amendements législatifs sur ces différentes questions, a indiqué Kazarian.