La rencontre, tenue cette fois sur le sol arménien à Agveran, a été l’occasion d’échanges approfondis sur les aspects techniques et organisationnels des travaux de délimitation. Les deux parties ont convenu et échangé les projets d’instructions pour encadrer le travail des experts, la création de cartes frontalières et la publication officielle des documents, désormais soumis à l’approbation des gouvernements respectifs.
Mais au-delà de la technique, ce sommet a un impact concret sur l’économie et le commerce régional. Le transit de marchandises vers l’Arménie via l’Azerbaïdjan continue de se dérouler avec succès, tandis que Bakou fournit désormais des produits pétroliers à Erevan. Ce flux commercial, qui pourrait paraître anodin, est en réalité un signal fort : malgré un passé de tensions frontalières et militaires, les deux pays explorent désormais des liens économiques pragmatiques.
Les représentants des milieux d’affaires ont également participé aux discussions, abordant le développement des échanges de biens et services et les transports de transit. L’ensemble de ces avancées est attribué à la volonté politique des dirigeants, le président Ilham Aliyev pour l’Azerbaïdjan et le Premier ministre Nikol Pashinian pour l’Arménie, dont la coopération personnelle semble aujourd’hui cruciale pour stabiliser la région.
Un protocole officiel a été signé, et les deux parties ont convenu de fixer la prochaine réunion en Azerbaïdjan. Pour les observateurs, ce dialogue régulier et structuré représente plus qu’un simple échange administratif : il symbolise une volonté de normalisation et un test pour la résilience des relations bilatérales.
Dans un contexte régional complexe, où la géopolitique du Caucase continue d’être influencée par Moscou, Ankara et l’Union européenne, ces initiatives pragmatiques montrent que Bakou et Erevan cherchent à trouver des terrains d’entente concrets, même au prix de gestes diplomatiques subtils. Le commerce et le transit deviennent ainsi autant d’outils de rapprochement que de stabilisation.