Lors de la World Policy Conference, Vaan Kostanian, vice-ministre des Affaires étrangères d’Arménie, a expliqué que le projet ne se limite pas à un simple corridor ferroviaire : « TRIPP est un projet stratégique pour relier l’Asie centrale à l’Europe et créer des bénéfices mutuels pour tous les acteurs impliqués. »
Kostanian a souligné que l’Arménie possède des droits de propriété sur le projet et qu'elle est fortement intéressée par l’ouverture de nouvelles communications. À l’échelle nationale, cela permettrait de relier le nord et le sud de l’Arménie via le chemin de fer passant par Nakhitchevan, mais aussi, plus largement, de connecter le Golfe persique à la mer Noire.
Le vice-ministre a également évoqué des initiatives concrètes de coopération : l’importation de céréales du Kazakhstan via les chemins de fer azerbaïdjanais et géorgiens constitue un exemple réussi d’intégration régionale. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec les États-Unis pour créer une coentreprise arméno-américaine, soulignant l’intérêt stratégique et économique du projet.
Kostanian a enfin abordé la normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan, parlant de « l’institutionnalisation de la paix ». Les deux pays ont déjà lancé des échanges commerciaux directs, comme l’importation de carburant, et préparent des exportations arméniennes vers l’Azerbaïdjan. Des rencontres entre sociétés civiles et des consultations tripartites avec la Géorgie sont également en cours, démontrant une approche multidimensionnelle de la coopération régionale.
Pour Kostanian, TRIPP n’est pas qu'un projet ferroviaire, mais un catalyseur potentiel pour transformer le Caucase en un carrefour stratégique reliant Europe, Asie et Moyen-Orient. Une vision ambitieuse qui pourrait redessiner durablement l’économie et la diplomatie de la région.