LES PARTISANS DE LA REPRISE DES HOSTILITES AUTOUR DU KARABAGH ECARTES DE L'INAUGURATION DE L'AMBASSADE D'ARMENIE EN FRANCE

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28 Avril 2026 13:18
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LES PARTISANS DE LA REPRISE DES HOSTILITES AUTOUR DU KARABAGH ECARTES DE L'INAUGURATION DE L'AMBASSADE D'ARMENIE EN FRANCE

L’inauguration de la nouvelle ambassade d’Arménie à Paris qui a lieu dans le cours de la visite du ministre des Affaires étrangères arménien Ararat Mirzoyan provoque l’exaspération des représentants du parti de la guerre dans la diaspora arménienne de France.

Deux des figures les plus sonores du communautarisme arménien, mais pas nécessairement les plus représentatives de l’ensemble de ceux qui se définissent comme Arméniens en France, ne sont pas invités à participer à la cérémonie officielle d’ouverture de l’ambasssade. Mourad Papazian et Ara Toranian, co-présidents du Conseil de Coordination des Arméniens en France ( CCAF), opposants déclarés à la politique d’apaisement et de normalisation conduite par le chef de l’exécutif de la République d’Arménie, son Premier ministre Nikol Pachinian, sont indésirables dans ce cadre officiel.

Le représentant auto-proclamé d’une entité séparatiste qui n’existe plus dans le Karabagh, Hovannès Guévorguian, se trouve dans la même situation, tout comme Mgr Khatchatrian, évêque des Arméniens de France, attaché à la personne du Catholicos d’Arménie siégeant à Etchmiadzine, lui-même en délicatesse avec le gouvernement d’Erevan pour des prises de position très politiques sur la question du Karabagh.

Il convient de rappeler que le chef du gouvernement arménien, Nikol Pachinian, a déclaré en de nombreuses occasions ces derniers mois que le « mouvement Karabagh » était clos et qu’il s’est engagé, non sans courage, dans une politique de dialogue avec l’Azerbaïdjan dont le point culminant aura été la signature d’une déclaration de paix signée le 8 août dernier à Washington sous les auspices du président des Etats-Unis.

Le débat public se raidit considérablement en Arménie dans la perspectives des prochaines élections législatives du mois de juin. Les partisans d’une attitude belliqueuse et revanchiste, contraire aux intérêts de l’Arménie et de toute la région ne ménagent pas leurs efforts pour discréditer la politique du Premier ministre Pachinian. L’Église apostolique arménienne, dont certains parmi les plus éminents prélats, sont lourdement soupçonnés de se ranger sous l’influence de puissances étrangères. Les structures ecclésiastiques en sont ébranlées.

Dans le courant de l’année 2025, certains membres du mouvement nationaliste arménien « Dachnaksoutioun » établis dans la diaspora, soutiens indéfectibles de la politique du séparatisme de conquête au Karabagh, n’avaient pas été autorisés à pénétrer sur le territoire de l’Arménie et avaient été renvoyés par l’avion de retour, parmi lesquels Mourad Papazian, aujourd’hui tenu éloigné de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade

Cet aventurisme politique aux conséquences cruelles pour les populations civiles de tous bords, tant arméniennes qu’azerbaïdjanaises, est désormais combattu par Nikol Pachinian qui souhaite que l’Arménie, en régularisant sa position internationale, se lance dans une ère de développement et de paix qu’elle n’a pas connus depuis sa déclaration d’indépendance en 1991. Le Caucase du Sud ne peut qu’espérer que le résultat des prochaines élections législatives viendront confirmer et affermir encore cette inclination vers une stabilité attendue depuis trop longtemps dans la région.