PARIS L' A ADOPTE! YUSIF EYVAZOV A SIGNE UNE SERIE TRIOMPHALE DE "TOSCA" SUR LA SCENE DE L'OPERA DE LA BASTILLE

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21 Avril 2026 16:28
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PARIS L' A ADOPTE!  YUSIF EYVAZOV A SIGNE UNE SERIE TRIOMPHALE DE "TOSCA" SUR LA SCENE DE L'OPERA DE LA BASTILLE

Paris ne pardonne pas l’à-peu-près. La ville jauge instantanément le niveau : ici, on ne peut pas « simplement monter sur scène et chanter ». On est soit adopté, soit écarté. C’est pourquoi chaque série de représentations à l’Opéra national de Paris constitue une véritable épreuve de vérité.

Et lorsqu’un artiste foule cette scène au sortir de représentations au Teatro alla Scala, où Eyvazov a récemment incarné avec succès Calaf dans Turandot, cela en dit long sur l’ampleur et le rythme de sa carrière. Une cadence rare, même parmi les plus grands.

Dans le cadre du répertoire actuel de l’Opéra national de Paris, le ténor a interprété Mario Cavaradossi dans Tosca de Giacomo Puccini, montant sur scène à sept reprises au cours d’un même cycle de programmation. Un format exigeant, qui requiert autant d’endurance vocale que de concentration intérieure, chaque représentation devant être vécue comme une première.

La Tosca parisienne était proposée dans la mise en scène de Pierre Audi - sobre, rigoureuse, centrée sur la dramaturgie interne et la psychologie des personnages. Dans cette épure scénique, l’artiste apparaît à nu, sans artifices, au plus près de la vérité émotionnelle.

La direction musicale était assurée par Jader Bignamini, partenaire de longue date d’Eyvazov. De cette collaboration est née une sensation rare de dialogue vivant et précis entre la scène et la fosse - cette unité indispensable sans laquelle l’opéra perd son souffle.

À ses côtés, des figures majeures de la scène lyrique internationale : la soprano Sondra Radvanovsky dans le rôle de Tosca et le baryton Gevorg Hakobyan en Scarpia.

« Quand on est entouré d’artistes solides, on se sent en confiance. Il n’y a pas de maillon faible - tout le monde est d’un très haut niveau, et il faut être à la hauteur », confie Eyvazov.

Le rôle de Cavaradossi compte parmi les plus emblématiques du répertoire, mais sa force ne réside pas seulement dans ses exigences vocales - elle tient surtout à sa vérité dramatique.

« Sa vérité, c’est qu’il cache jusqu’au bout à Tosca que l’exécution ne sera pas simulée, mais réelle. C’est là que résident à la fois la tragédie et la pureté du personnage. C’est ainsi que je voulais le montrer », explique le ténor.

Le public parisien joue également un rôle clé dans cette expérience - l’un des plus exigeants au monde. Ici, on n’applaudit pas par politesse : on juge avec rigueur.

« Si un “bravo” retentit ici, c’est qu’il est vraiment mérité », souligne-t-il.

Avec les années, l’artiste évolue - vocalement, mais aussi intérieurement, dans sa compréhension du métier et de sa place en son sein.

« Si je me compare à celui que j’étais il y a dix ans, ce sont deux personnes différentes. Vocalement, scéniquement, et dans ma perception de la profession », reconnaît Eyvazov.

Au-delà du résultat, ce qui demeure après de tels projets, c’est un mouvement intérieur constant, une quête qui ne s’achève jamais.

« Un artiste est quelqu’un qui avance avec une lampe torche, toujours en train de chercher », dit-il.

Cette série de Tosca marque une étape importante de sa trajectoire - non comme un aboutissement, mais comme un jalon.

Et de conclure, à propos de cette séquence parisienne : « Les sept représentations ont été un succès. Pour moi, c’est un sentiment de bonheur et la confirmation que je suis à ma place. »

La suite s’inscrit déjà dans cette dynamique : l’Opéra national de Paris a renouvelé son invitation et signé un nouveau contrat avec Eyvazov pour la saison prochaine. Au programme, de nouvelles grandes séries, dont Turandot et Il Trovatore, synonymes de nouveaux défis, de nouvelles scènes et de nouvelles confirmations de son niveau.