Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé que l’Arménie n’entendait pas recourir à la pression vis-à-vis de l’Union européenne dans le cadre de son rapprochement avec Bruxelles.
S’exprimant lors de la 8e réunion de la plateforme de la société civile Arménie–UE, le chef du gouvernement a rappelé qu’Erevan avait certes adopté une loi lançant le processus d’adhésion à l’UE, mais qu’il n’était pas question d’en faire un levier de pression. « Nous n’allons pas dire : nous avons pris cette décision, donc vous devez nous accepter dès le mois prochain. Cette question doit être abordée sans émotion », a-t-il déclaré, selon une intervention retransmise par les chaînes locales.
Pour Nikol Pachinian, l’enjeu central réside avant tout dans l’alignement du pays sur les standards européens. Il a souligné que, lorsque l’Arménie atteindra objectivement ce niveau d’exigence, la question de son adhésion relèvera alors d’un choix politique du côté de l’Union européenne.
Le Premier ministre a également reconnu que Bruxelles restait libre de définir sa politique d’élargissement. « L’Union européenne peut décider de ne plus s’étendre ou de le faire selon une certaine logique. Nous ne pouvons contraindre personne », a-t-il insisté, estimant néanmoins que l’Arménie tirerait bénéfice du processus, même en l’absence d’adhésion.
Le 26 mars 2025, le Parlement arménien a adopté en seconde et dernière lecture une loi lançant officiellement la démarche en vue d’une intégration à l’Union européenne. Nikol Pachinian avait alors précisé que ce texte ne signifiait pas le déclenchement automatique d’une adhésion, celle-ci devant être soumise à référendum. Le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoïan, avait pour sa part indiqué que l’initiative provenait de la société civile, ayant recueilli le nombre requis de signatures.
Du côté russe, le vice-Premier ministre Alexeï Overchouk a interprété cette évolution comme le début d’un retrait de l’Arménie de l’Union économique eurasiatique (UEEA), estimant qu’une adhésion à l’UE serait incompatible avec une participation à cette organisation régionale.