L'INTEGRATION EUROPEENNE DE L'ARMENIE GENEE PAR LA CRISE ENTRE LA GEORGIE ET L'U.E.

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11 Mars 2026 18:24
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L'INTEGRATION EUROPEENNE DE L'ARMENIE GENEE PAR LA CRISE ENTRE LA GEORGIE ET L'U.E.

Le principal obstacle à l’euro-intégration de l’Arménie à l’heure actuelle est le gel du dialogue entre l’Union européenne et la Géorgie. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre arménien Nikol Pachinian lors de son intervention au Parlement européen à Strasbourg.

Selon lui, la Géorgie constitue pour l’Arménie une voie d’accès à l’Union européenne sur le plan géographique mais aussi politique.

Pachinian a rappelé que le Parlement arménien avait adopté une loi lançant le processus d’adhésion du pays à l’UE après que la Géorgie eut obtenu le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Cette évolution, a-t-il souligné, a rendu des perspectives similaires pour l’Arménie « plus tangibles ».

« C’est pourquoi nous espérons que le dialogue constructif entre l’Union européenne et la Géorgie sera rétabli. C’est important à la fois pour la Géorgie et pour l’Arménie », a déclaré le chef du gouvernement.

Il a ajouté que l’Arménie poursuivrait ses efforts pour aligner ses normes et sa législation sur les standards européens.

« Si, à l’issue de ce processus, l’Union européenne accepte l’Arménie comme membre à part entière, ce sera une bonne chose. Si ce n’est pas le cas, le pays en tirera tout de même profit grâce à l’élévation de ses propres standards », a noté Pachinian.

Il convient de rappeler que la Géorgie a obtenu le statut de pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne en décembre 2023. Le dialogue entre Tbilissi et Bruxelles sur les questions d’intégration européenne s’est toutefois de facto interrompu après l’adoption de la loi sur la « transparence de l’influence étrangère », qui régit l’activité des organisations recevant des financements étrangers, ainsi que d’une loi interdisant la propagande LGBT.

Rappelons également que l’Arménie demeure membre de l’Union économique eurasiatique tout en affirmant parallèlement son intention d’approfondir sa coopération avec l’Union européenne.

Les discussions sur un éventuel retrait de l’Arménie de l’Union économique eurasiatique ont débuté après que, le 26 mars 2025, le Parlement du pays a adopté un projet de loi exprimant l’intention d’adhérer à l’Union européenne. L’UE n’a toutefois pas formulé de proposition d’adhésion, tandis que l’opposition a qualifié ce document de« juridiquement absurde ». Pachinian a précisé qu’une décision d’adhésion à l’UE ne pourrait être prise sans référendum, tout en reconnaissant qu’il voyait son pays intégrer l’Union dans une vingtaine d’années.

Le Premier ministre a également déclaré qu’Erevan resterait membre de l’Union économique eurasiatique aussi longtemps que possible. Selon lui, le pays a la possibilité de demeurer au sein de cette organisation tout en poursuivant l’alignement de son développement étatique, de sa gouvernance et de ses normes sur les standards européens.

Commentant la position d’Erevan lors d’une rencontre avec le président de l’Assemblée nationale arménienne Alen Simonian à Moscou le 5 février, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné que Russie respectait le choix d’Erevan, tout en rappelant que l’appartenance à l’Union économique eurasiatique n’était pas compatible avec une adhésion à l’Union européenne.