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CORRIDOR DE ZANGUEZOUR : UN LEVIER STRATEGIQUE DE PLUS EN PLUS CRUCIAL POUR L’ARMENIE SOUS PRESSION AMERICAINE

14 Janvier 2026 16:30 (UTC+01:00)
CORRIDOR DE ZANGUEZOUR : UN LEVIER STRATEGIQUE DE PLUS EN PLUS CRUCIAL POUR L’ARMENIE SOUS PRESSION AMERICAINE
CORRIDOR DE ZANGUEZOUR : UN LEVIER STRATEGIQUE DE PLUS EN PLUS CRUCIAL POUR L’ARMENIE SOUS PRESSION AMERICAINE

Paris / La Gazette

Ces derniers mois, le Caucase du Sud est redevenu le théâtre d’une intense activité géopolitique. Au centre de ces dynamiques se trouve le corridor de Zanguezour, un projet de transport régional qui dépasse largement le simple cadre logistique. S’il est souvent évoqué comme un enjeu clé pour l’Azerbaïdjan, il prend aujourd’hui une importance croissante pour l’Arménie, notamment dans un contexte de pressions politiques accrues de la part des États-Unis.

Conçu pour rouvrir et développer les communications régionales, le corridor de Zanguezour pourrait offrir à l’Arménie une véritable bouffée d’oxygène stratégique et économique. En s’y intégrant pleinement, Erevan aurait la possibilité d’accéder aux marchés de la Russie et de l’Asie centrale via l’Azerbaïdjan, tout en établissant, même indirectement, des liens commerciaux avec la Turquie. Pour un pays longtemps marginalisé dans les grands projets régionaux, cela représenterait une sortie progressive de l’isolement économique et une chance de devenir un acteur de transit incontournable.

Cette perspective devient d’autant plus pertinente que les relations entre l’Arménie et les États-Unis traversent une phase de tensions. Les critiques répétées de Washington et le recours à des instruments de pression politique et économique incitent Erevan à repenser sa stratégie extérieure. Dans ce contexte, le corridor de Zanguezour apparaît non seulement comme une infrastructure de transport, mais aussi comme un outil potentiel de rééquilibrage diplomatique.

Les spécialistes estiment que l’ouverture du corridor pourrait générer des bénéfices économiques concrets pour l’Arménie. Les revenus issus des droits de transit, le développement de la logistique et les investissements dans les infrastructures renforceraient l’attractivité du pays pour les capitaux étrangers. À plus long terme, une coopération régionale renforcée pourrait également contribuer à réduire les risques sécuritaires et à stabiliser durablement l’environnement régional.

Sur le plan politique, le projet offrirait à Erevan une marge de manœuvre supplémentaire. Face à l’intensification des pressions occidentales, l’Arménie pourrait être tentée d’adopter une approche plus pragmatique, fondée sur le dialogue et les intérêts mutuels avec les puissances régionales — l’Azerbaïdjan, la Russie, la Turquie et l’Iran. Une telle orientation permettrait de limiter la dépendance vis-à-vis d’un seul centre de pouvoir et de diversifier les partenariats stratégiques.

En définitive, le corridor de Zanguezour ne peut plus être perçu comme un simple projet technique. Dans le climat géopolitique actuel, il s’impose comme une opportunité stratégique majeure pour l’Arménie : un levier de relance économique, d’intégration régionale et d’affirmation d’une politique étrangère plus autonome. La manière dont Erevan choisira d’exploiter cette opportunité aura des répercussions importantes sur l’équilibre politique et économique de l’ensemble du Caucase du Sud.

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