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DÉFENSE DE PASHİNYAN : PANORAMA DE LA SİTUATİON POLİTİQUE EN ARMÉNİE

28 Novembre 2025 15:45 (UTC+01:00)
DÉFENSE DE PASHİNYAN : PANORAMA DE LA SİTUATİON POLİTİQUE EN ARMÉNİE
DÉFENSE DE PASHİNYAN : PANORAMA DE LA SİTUATİON POLİTİQUE EN ARMÉNİE

La confrontation entre le parti au pouvoir en Arménie et l’opposition se poursuit sans relâche. Arman Tatoyan, ancien défenseur des droits de l’homme et fondateur du mouvement « Ailes de l’unité », a tenu une conférence de presse pour tenter — selon sa propre lecture — d’expliquer les causes de l’impasse politique actuelle et d’esquisser un chemin pour en sortir. Il entend également lutter contre l’apathie qui, d’après lui, touche 60 à 70 % de la population arménienne.

Selon Tatoyan, tant que la vie politique restera enfermée dans l’affrontement « anciens dirigeants contre Pashinian », le Premier ministre continuera à gagner. Le public, selon lui, a déjà clairement exprimé qu’« il n’est pas question que les anciens au pouvoir reviennent ». En conséquence, chaque tentative de retour ne ferait que renforcer Pashinyan. « Je veux devenir leur voix. Ensemble, nous briserons ce système fermé qui empoisonne la gouvernance depuis au moins cinq ans », promet-il.

En clair, Tatoyan cherche à capter un spectre large d’électeurs. D’abord, il se démarque publiquement du « clan du Karabakh », espérant attirer les indécis qui se méfient autant de Pashinian que des élites issues du Karabakh. Ensuite, il tente de séduire l’électorat de Kocharyan et Sargsyan, en soulignant l’inutilité de soutenir ces « canards boiteux ». Pour insister sur ce message, l’ancien ombudsman s’adresse directement aux deux ex-présidents : « Si vous voulez que Nikol Pashinian perde, ne participez pas à la campagne. »

Il apparaît désormais que Tatoyan est positionné comme le principal adversaire politique de Pashinian pour les élections de l’an prochain. Il n’est pas exclu que Moscou voie en lui une alternative, ayant conclu que Kocharyan et Sargsyan n’ont plus aucune chance et que l’oligarque russe Samvel Karapetyan a été écarté du jeu. Dans cette logique, le signal invitant les élites du Karabakh à se retirer de la campagne pourrait avoir été donné directement depuis Moscou.

Contrairement à Karapetyan, qui a commis l’erreur de se laisser piéger, Tatoyan reste dans les limites de la légalité et des normes éthiques : ni insultes, ni appels à un renversement violent du pouvoir. Son expérience d’ombudsman lui a valu une certaine popularité dans une partie de la société arménienne. Mais il lui manque encore la force charismatique et l’image de réformateur que possède pleinement l’actuel Premier ministre — un atout qui le maintient en tête dans les sondages. Pashinyan, en effet, reste charismatique, et les progrès réalisés dans les négociations avec l’Azerbaïdjan — la Déclaration de Washington, le paraphe de l’accord de paix, le calme relatif à la frontière et la réouverture partielle des communications — le présentent comme l’homme de la transformation, parfois douloureuse mais nécessaire.

Ce sont sans doute ces mêmes qualités qui lui ont permis de prendre l’avantage dans sa confrontation avec l’Église arménienne. Certes, il est trop tôt pour parler de victoire totale, mais il est clair que les initiatives politiques d’Etchmiadzin ont été neutralisées. En 2024, la marche sur Erevan organisée par Bagrat Galstanyan, chef du diocèse de Tavush, a été stoppée. La même année, Galstanyan a même été emprisonné, tout comme d’autres représentants religieux qui appelaient au renversement du gouvernement légitime.

Ces actions, ainsi que les critiques envers le Catholicos, n’ont pas déclenché d’indignation massive dans l’opinion publique. Le meilleur indicateur de l’adhésion à la ligne anti-ecclésiastique du gouvernement a été la victoire du parti Contrat civil aux élections locales de Vagharshapat — une communauté englobant Etchmiadzin.

Le Premier ministre avait auparavant proposé de revoir la procédure d’élection du Catholicos de tous les Arméniens, en donnant à l’État un rôle déterminant, et s’était même dit prêt à diriger lui-même un mouvement pour sa destitution. Peu avant cela, des médias arméniens avaient rapporté que Pashinian, en privé, aurait affirmé qu’un groupe de religieux travaillant dans l’intérêt des autorités existait déjà et élaborait un plan d’action.

Les nuages s’étant largement assombris au-dessus de Garegin II, celui-ci a récemment convoqué une réunion des évêques. Il semble probable que les débats aient porté non pas sur la manière de renverser le pouvoir séculier, mais sur la façon de préserver leur propre autorité spirituelle, étroitement liée à des enjeux financiers. Si cela se confirme, il s’agit d’un succès majeur pour Pashinian, qui a réussi à placer le Catholicos sur la défensive.

En résumé, Pashinian conserve pour l’heure l’avantage face à l’opposition comme face à Garegin II. Toutefois, il doit poursuivre — et même intensifier — ses efforts, à la fois pour renforcer son attractivité politique et pour empêcher toute provocation visant à instaurer un changement de pouvoir par la force.

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