UN NOUVEAU CHAPITRE APRÈS WASHINGTON : BILAN D’ÉTAPE APRÈS LES SIGNATURES DU 8 AOÛT

Analyses
8 Août 2026 17:38
54
UN NOUVEAU CHAPITRE APRÈS WASHINGTON : BILAN D’ÉTAPE APRÈS LES SIGNATURES DU 8 AOÛT

Considérer les événements qui se sont déroulés à Washington le 8 août 2025 uniquement comme une rencontre entre les dirigeants de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et des États-Unis, l’initialisation d’un accord de paix et la signature d’une Déclaration conjointe reviendrait à ne pas saisir pleinement la portée politique de cette journée.

Un an plus tard, lorsqu’on évalue cette date dans un contexte plus large, une image plus vaste se dessine : à la suite d’un conflit qui a perduré pendant de nombreuses années, l’Azerbaïdjan a suivi une trajectoire constante visant à consolider les nouvelles réalités dans les domaines militaro-politique et sur les plans diplomatique, juridique, économique et des transports. Washington est, à son tour, devenu l’une des étapes les plus importantes de cette trajectoire sur la scène politique internationale.

Le contexte politique plus large du 8 août

Pour comprendre l’essence du sommet de Washington, il convient de prendre du recul et d’examiner les événements qui ont précédé ce qui s’est produit ce jour-là à la Maison-Blanche. Après tout, le 8 août 2025 n’a pas été le fruit d’un aboutissement diplomatique apparu du jour au lendemain. Il a été rendu possible par les nouvelles réalités qui s’étaient installées dans le Caucase du Sud après 2020, par l’initiative de paix proposée par l’Azerbaïdjan, par le processus de négociation entre les deux pays et par les efforts visant à définir le futur cadre juridique des relations interétatiques.

La principale caractéristique de l’approche de l’Azerbaïdjan résidait dans le fait que son objectif n’était pas de maintenir la situation d’après-guerre dans un état d’incertitude, mais de consolider la nouvelle réalité au moyen de mécanismes juridiques et politiques. À cette fin, Bakou a proposé l’élaboration d’un traité de paix et a défini cinq principes fondamentaux.

Ces cinq principes ont constitué le fondement politique des négociations qui ont suivi. Selon la position de l’Azerbaïdjan, une paix durable n’est possible que par la reconnaissance mutuelle de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières, par le rejet des revendications territoriales réciproques et par l’établissement de relations interétatiques fondées sur les principes fondamentaux du droit international.

Ainsi, l’agenda de paix de l’Azerbaïdjan n’était pas simplement une initiative diplomatique entreprise après la guerre mais une stratégie visant à transformer le résultat militaire en un résultat politique et juridique. La position exprimée par le président Ilham Aliyev à Washington soulignait également que l’élaboration d’un traité de paix après la fin de la guerre constituait l’étape logique suivante.

À cet égard, la question essentielle du 8 août n’est pas « Que s’est-il passé à Washington ? », mais plutôt : « À quel niveau l’agenda de paix formulé par l’Azerbaïdjan à Washington a-t-il été porté ? »

Transformer la victoire en résultat politique

La guerre de 2020 a modifié le statu quo qui prévalait auparavant dans le Caucase du Sud. La restauration complète de la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur le Karabagh en 2023 a, de fait, mis un terme à la phase militaro-politique du conflit.

Nous avons alors été confrontés à une tâche entièrement différente : établir un nouveau système de relations entre les deux États en remplacement de l’ancien conflit.

C’est précisément à ce stade qu’un élément important de l’approche diplomatique de l’Azerbaïdjan est apparu clairement. Bakou n’a pas choisi une politique consistant à maintenir le statu quo ou à poursuivre la confrontation après sa victoire militaire. Au contraire, il a proposé une initiative visant à consacrer juridiquement la nouvelle réalité dans un accord de paix.

Ce point est également souligné dans les documents : l’Azerbaïdjan y est présenté comme l’initiateur des cinq principes énoncés dans l’accord de paix, et la signature de l’accord le 8 août est considérée comme le résultat d’une stratégie diplomatique à long terme.

Cela s’inscrit dans la logique plus large de la politique étrangère de l’Azerbaïdjan. L’objectif n’était pas seulement de mettre fin à la guerre mais de façonner la période d’après-guerre conformément aux intérêts nationaux de l’Azerbaïdjan.

La véritable portée des documents de Washington

La portée politique de la Déclaration conjointe signée le 8 août réside avant tout dans la consolidation de plusieurs processus parallèles au sein d’un même document.

Les dirigeants de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie ont assisté à la signature, par les ministres des Affaires étrangères, du texte convenu de l’accord sur la paix et l’établissement de relations interétatiques. Parallèlement, la nécessité de prendre des mesures supplémentaires en vue de la signature et de la ratification de l’accord a été identifiée.

Ce détail est particulièrement important. En effet, le texte signé ne constituait pas encore le traité de paix définitif lui-même. En d’autres termes, Washington n’a pas défini le point final du processus de paix, mais plutôt une étape décisive vers la finalisation juridique de l’accord politique.

D’autre part, un élément essentiel des documents résidait dans la signature, par les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, d’une déclaration commune appelant à la clôture du processus de Minsk de l’OSCE et des structures qui lui sont associées.

Cette étape est plus que symbolique. Le mécanisme de Minsk avait en effet été créé spécifiquement pour résoudre le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le fait que le conflit soit désormais entré dans une nouvelle phase, dans le cadre d’une nouvelle réalité, a rendu nécessaire le passage de ce mécanisme dans l’histoire.

Ainsi, d’une part, un nouveau mécanisme de paix a été établi à Washington et, d’autre part, une étape a été franchie vers la fermeture de l’un des principaux éléments de l’ancienne architecture du conflit.

L’ère post-Minsk

Cette phase fait apparaître un résultat politique plus large.

Pendant plus de trente ans, les efforts visant à résoudre le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont été menés dans le cadre de mécanismes internationaux de médiation. Toutefois, aucune résolution définitive n’a été obtenue. Dans cette nouvelle phase, la responsabilité du processus est transférée directement à Bakou et à Erevan.

Selon le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, la cessation du processus de Minsk et des structures qui lui sont associées figurait parmi les questions que l’Azerbaïdjan avait continué à faire avancer dans son agenda depuis 2020, et cette mesure est considérée comme l’élimination de l’un des principaux obstacles au processus de paix.

Cela marque un changement dans le modèle de médiation dans le Caucase du Sud. Alors que la principale question était autrefois : « Comment le conflit sera-t-il résolu ? », la question centrale est désormais : « Quels mécanismes juridiques et économiques seront utilisés pour consolider la paix ? »

Le facteur Trump et le choix de Washington

Le choix de Washington revêtait également une signification politique particulière.

La visite du président Ilham Aliyev à Washington, à l’invitation du président américain Donald Trump, a réuni sur une même plateforme deux thèmes essentiels : l’agenda de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et le passage des relations américano-azerbaïdjanaises à une nouvelle phase.

Le premier jour de sa visite, le président Ilham Aliyev a rencontré l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, tandis que la signature d’un protocole d’accord de coopération entre SOCAR et ExxonMobil démontrait déjà que l’agenda de la visite ne se limitait pas aux questions politiques.

Le lendemain, le président Ilham Aliyev a rencontré le président Donald Trump à la Maison-Blanche. Par la suite, les deux pays ont signé un protocole d’accord portant sur la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer une Charte de partenariat stratégique.

Ainsi, la réunion de Washington a débouché sur deux résultats parallèles : une base politique pour une transition vers la paix dans les relations azerbaïdjanaises-arméniennes et une base institutionnelle pour un partenariat stratégique dans les relations azerbaïdjanaises-américaines.

Un nouveau chapitre dans les relations entre Bakou et Washington

La création du Groupe de travail stratégique ne constitue pas un mécanisme diplomatique classique. Selon le document, il était prévu d’élaborer, dans les six mois suivants, une Charte de partenariat stratégique. Le champ d’activité du groupe devait couvrir les relations régionales, notamment dans les domaines de l’énergie, du commerce et du transit ; l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques ; les investissements économiques ; la défense ; la sécurité ; ainsi que la lutte contre le terrorisme.

Pris dans leur ensemble, ces éléments montrent clairement que les relations entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis ne sont plus envisagées exclusivement sous l’angle de l’énergie et de la sécurité.

L’énergie demeure plus importante que jamais, mais elle s’accompagne désormais du développement du transit, des technologies numériques, de l’intelligence artificielle, des investissements et de la coopération dans le domaine de la défense. Cela témoigne d’une évolution vers un modèle de relations plus diversifié.

Le président Ilham Aliyev s’est également félicité des résultats de la visite et a déclaré qu’un nouveau chapitre s’était ouvert dans les relations entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis - un chapitre placé sous le signe de la coopération et du partenariat stratégique.

Cette appréciation constitue l’un des principaux éléments permettant de comprendre la portée de la visite à Washington.

Abrogation de l’amendement 907

Un autre résultat important de la visite a été la décision de suspendre l’application de l’amendement 907 du « Support for Freedom Act » américain.

Cette question, restée sans solution pendant de nombreuses années dans les relations entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis, revêtait une sensibilité politique particulière. Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a considéré la suspension de l’amendement 907 comme une étape importante vers l’élimination de l’héritage négatif du passé dans les relations bilatérales.

Il ne s’agit pas simplement de la suppression d’une restriction technique. Dans un sens plus large, cette décision marque une évolution du cadre politique qui régissait jusqu’alors les relations entre Washington et Bakou.

Ainsi, le 8 août est devenu une date marquant la fin de certains éléments de la phase précédente, tant dans les relations azerbaïdjanaises-arméniennes que dans la coopération entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis.

TRIPP : un soutien économique à la paix

L’un des éléments les plus stratégiquement importants des documents signés à Washington est le projet de « Trump Route for International Peace and Prosperity » — TRIPP.

Selon les documents, le projet vise à assurer une connectivité sans entrave entre la partie principale de l’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan, à travers le territoire arménien.

Il serait erroné de considérer ce projet uniquement comme une question de transport.

En réalité, l’objectif est de transformer la géographie du Caucase du Sud - longtemps marquée par les conflits et la fermeture des frontières - en un espace de relations économiques.

Si la liaison entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan via le territoire arménien est pleinement mise en œuvre, elle ne facilitera pas seulement les communications entre les deux parties de l’Azerbaïdjan. Cette nouvelle route pourrait également renforcer les liaisons avec la Turquie et, plus largement, les capacités du système de transport Est-Ouest.

Une dimension économique de la paix apparaît ainsi : une géographie qui, hier encore, était le théâtre de conflits et de confrontations devient aujourd’hui une opportunité pour le commerce, le transit et les investissements.

Cela pourrait constituer l’une des garanties les plus solides de la paix. Car à mesure que de véritables intérêts économiques se développent parallèlement à un accord politique, le coût économique de toute violation de cet accord augmente également.

Le secteur de l’énergie se rapproche une nouvelle fois des États-Unis

Les implications économiques de la visite à Washington vont au-delà du projet TRIPP.

Le mémorandum de coopération signé entre SOCAR et ExxonMobil pourrait marquer le début d’une nouvelle phase de collaboration avec les entreprises américaines dans le secteur énergétique azerbaïdjanais.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que le document porte sur une coopération potentielle dans l’évaluation des opportunités conventionnelles et non conventionnelles dans l’industrie pétrolière et gazière.

Cette évolution est particulièrement importante, car les fondements du partenariat énergétique entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis ont été établis dans les années 1990. Aujourd’hui, cette coopération est relancée dans un contexte géopolitique et technologique nouveau.

Ainsi, lors de la visite à Washington, la question énergétique figurait à l’ordre du jour non seulement comme un rappel des succès passés, mais aussi comme une occasion d’explorer de nouvelles possibilités d’investissement et de coopération technologique.

Les statistiques dressent déjà un tableau positif

Lorsqu’on évalue les résultats du sommet de Washington un an plus tard, l’aspect le plus intéressant ne réside pas dans les documents politiques mais dans les changements qui se sont produits dans les statistiques économiques.

Les liens commerciaux entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui étaient pratiquement inexistants depuis de nombreuses années, commencent déjà à apparaître dans les statistiques officielles.

Au premier semestre 2026, le volume des exportations de l’Azerbaïdjan vers l’Arménie a atteint environ 17,1 millions de dollars. Ce chiffre reste modeste au regard du potentiel économique des deux pays. Toutefois, l’essentiel ici n’est pas le montant, mais sa portée politique.

Il s’agit du début de transactions économiques concrètes entre deux pays qui ont été en conflit pendant des décennies.

Au cours des cinq premiers mois de 2026, les échanges commerciaux entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont élevés à 11 273 000 dollars. Sur ce montant, 11 272 000 dollars correspondaient aux exportations de l’Azerbaïdjan vers l’Arménie, tandis que les importations en provenance d’Arménie ne représentaient que 1 000 dollars.

L’essentiel des exportations était constitué de distillats lourds et de gasoils, notamment de carburant diesel, pour un montant de 9 426 000 dollars, d’essence automobile pour 1 167 000 dollars, d’essence automobile présentant des caractéristiques techniques spécifiques pour 672 000 dollars, ainsi que de composants de construction en plastique d’une valeur de 6 000 dollars.

Ces chiffres témoignent d’un changement important : dans les relations azerbaïdjano-arméniennes, la coopération économique n’est plus considérée comme une perspective pour l’avenir - elle a, de fait, commencé à prendre forme.

Les exportations de carburant sont particulièrement significatives sur le plan politique. Le fait que deux pays qui se sont autrefois fait la guerre agissent désormais comme acheteur et vendeur de ressources énergétiques constitue l’un des indicateurs les plus concrets des nouvelles réalités qui se sont installées dans la région.

Le deuxième résultat de Washington pour l’Azerbaïdjan

Ainsi, les conséquences du 8 août ne peuvent être évaluées uniquement dans le contexte de l’axe Bakou-Erevan.

Le même jour, l’Azerbaïdjan est également entré dans une nouvelle phase de ses relations avec les États-Unis.

La création du Groupe de travail stratégique, l’inscription des questions énergétiques et de transit à l’ordre du jour, les projets de coopération dans les domaines de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques, l’élargissement des initiatives en matière d’investissement et de sécurité, la suspension de l’application de l’amendement 907, ainsi que la signature d’un protocole d’accord entre SOCAR et ExxonMobil peuvent apparaître comme des événements distincts. En réalité, ils constituent différents éléments d’une même approche stratégique.

L’Azerbaïdjan se présente non seulement comme une partie favorable à la paix dans le Caucase du Sud, mais aussi comme l’un des acteurs clés de la nouvelle architecture économique et des transports de la région.

Les États-Unis, de leur côté, montrent qu’ils sont susceptibles d’inscrire leurs relations avec l’Azerbaïdjan dans un cadre stratégique plus large.

Le principal problème auquel est confronté le processus de paix

Malgré tous ces résultats positifs, il ne faut pas perdre de vue un aspect important des documents de Washington : le 8 août, seul le texte convenu du traité de paix a été signé.

La Déclaration conjointe a clairement indiqué que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour permettre la signature et l’éventuelle ratification de l’accord.

Du point de vue de l’Azerbaïdjan, la suppression des revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan de la Constitution arménienne constitue l’une des principales conditions à la signature du traité de paix. Cette question est également particulièrement mise en avant dans les documents publiés par le ministère des Affaires étrangères.

Il s’agit, en substance, d’une question de principe au regard de la nature même de la paix.

En effet, la paix doit être consolidée non seulement par la volonté politique des deux dirigeants, mais également par des mécanismes juridiques tenant compte de la possibilité que cette volonté puisse évoluer à l’avenir.

Une fois le traité de paix signé, sa ratification et son intégration dans le système juridique interne signifieront que l’accord politique devient une garantie institutionnelle.

La véritable importance du 8 août

Le 8 août 2025 revêt pour le Caucase du Sud une importance qui dépasse largement celle d’une simple date.

Ce jour-là, avec le paraphe du texte convenu de l’accord de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, une étape importante a été franchie vers l’inscription dans le droit des résultats politiques d’un conflit qui avait duré plus de trois décennies. Dans le même temps, une démarche conjointe a été entreprise en vue de mettre fin aux activités du processus de Minsk et des structures qui lui étaient associées, marquant ainsi une rupture avec l’un des éléments essentiels de l’ancienne architecture du conflit.

L’agenda de paix, élaboré sur la base des cinq principes avancés par l’Azerbaïdjan, a reçu une reconnaissance politique internationale à Washington.

Parallèlement, une nouvelle phase s’est ouverte dans les relations entre l’Azerbaïdjan et les États-Unis. Un mécanisme institutionnel a été établi afin d’élaborer une Charte de partenariat stratégique, et un programme couvrant un large éventail de domaines a été défini : énergie, commerce, transit, investissements, intelligence artificielle, infrastructures numériques, défense et sécurité. La suspension de l’application de l’amendement 907 a revêtu une importance particulière en ce qu’elle permettait de traiter une question politique qui persistait dans les relations entre les deux pays depuis la période précédente.

Le projet TRIPP a inscrit tous ces processus dans un contexte régional plus large. L’idée d’établir une liaison entre la partie principale de l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan à travers le territoire arménien crée un nouveau mécanisme reliant la région aux intérêts en matière de transport et d’économie.

Le fait que les échanges commerciaux entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie apparaissent déjà dans les statistiques officielles un an seulement plus tard constitue l’un des premiers indicateurs montrant que le processus passe des documents politiques à leur mise en œuvre concrète. Les exportations de carburant vers l’Arménie sont particulièrement symboliques à cet égard : les deux pays, autrefois parties au conflit, ont désormais commencé à établir des relations économiques, au moins dans certains secteurs.

Tout cela renvoie à la vérité de départ : l’essence de la rencontre de Washington ne réside pas uniquement dans la signature d’un traité de paix.

Les véritables changements résident dans le fait que l’Azerbaïdjan transforme progressivement le nouvel équilibre post-guerre en un système fondé sur la paix, le droit, la diplomatie, les transports, l’énergie et la coopération économique.

Cela reflète également la position de l’Azerbaïdjan concernant la direction politique de ce processus. La réalité qui avait changé sur le front militaire en 2020 s’est déplacée vers les sphères diplomatique et juridique au cours des années suivantes ; en 2023, une nouvelle phase a commencé avec le rétablissement complet de la souveraineté de l’Azerbaïdjan ; et, le 8 août 2025, une étape historique a été franchie vers la transformation de cette réalité en un agenda de coopération mondiale et régionale.

La tâche principale consiste désormais à mener ce processus à son terme : signature du texte initial, ratification, renforcement de la confiance mutuelle, ouverture des voies de communication et développement des relations économiques.

Si ces étapes sont menées à bien, le 8 août 2025 restera dans l’histoire non seulement comme un tournant dans le processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, mais également comme le début d’un nouvel ordre politique et économique post-conflit dans le Caucase du Sud.

Et la caractéristique déterminante de ce nouvel ordre - conçu par le président Ilham Aliyev - ne sera plus la préservation du statu quo du passé, mais plutôt l’institutionnalisation, par la paix et la coopération, de la réalité créée par l’Azerbaïdjan.

Par Alish Abdulla