L’APPEL TÉLÉPHONIQUE DE POUTINE À ALIYEV : LA POLITIQUE RÉELLE FACE À UNE RÉTHORIQUE TOXIQUE

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29 Juillet 2026 10:53
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L’APPEL TÉLÉPHONIQUE DE POUTINE À ALIYEV : LA POLITIQUE RÉELLE FACE À UNE RÉTHORIQUE TOXIQUE

L'appel téléphonique du président russe Vladimir Poutine à son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev constitue une confirmation claire de la volonté de Moscou de développer ses relations bilatérales avec Bakou. Cet échange s'inscrit pleinement dans la ligne définie par le chef de l'État azerbaïdjanais lors du IVᵉ Forum mondial des médias de Choucha : normaliser les relations, résoudre les différends existants et poursuivre un développement progressif de la coopération répond aux intérêts des deux pays.

Toutefois, en Russie subsiste une autre dynamique autour des relations russo-azerbaïdjanaises. Il évoque l'existence de cercles qui chercheraient de manière systématique à créer des tensions entre Bakou et Moscou. Cette campagne de provocations anti-azerbaïdjanaises serait orchestrée par Sergueï Kirienko, premier chef adjoint de l'administration présidentielle russe, qui agirait par l'intermédiaire de collaborateurs de confiance. Parmi eux figurerait le politologue et stratège politique Alexeï Tchadaïev, régulièrement auteur de déclarations très critiques à l'égard de l'Azerbaïdjan.

Parallèlement, certaines prises de position dans l'espace public russe illustreraient ce qu'il qualifie de « syndrome de l'empire perdu ». Il cite notamment l'historien Evgueni Spitsyne, qui, commentant le discours d'Ilham Aliyev au Forum de Choucha, a qualifié le président azerbaïdjanais de « dirigeant d'un État hostile » après que celui-ci eut exprimé son soutien à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Spitsyne aurait également remis en question le statut de l'Azerbaïdjan comme allié de la Russie et dénoncé ce qu'il considère comme la « faiblesse » de Moscou, estimant qu'elle encourage le comportement indépendant de Bakou. Cette position s'inscrit dans une logique impériale dépassée, où toute politique indépendante d'un État voisin est perçue comme une forme de trahison.

Nikolaï Platoshkine est un autre exemple. Ancien diplomate russe devenu commentateur politique, celui-ci aurait vivement réagi aux propos du président Aliyev qualifiant de coloniale la présence de l'Azerbaïdjan au sein de l'Empire russe puis de l'Union soviétique. Platoshkine aurait refusé d'admettre cette lecture historique et aurait préféré défendre un récit impérial, en n'appliquant pas à son propre pays les mêmes critères que ceux utilisés par les historiens pour analyser les autres puissances coloniales.

L'entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Ilham Aliyev constitue précisément une réponse à ce climat qu'il juge toxique. Selon lui, cet échange a déçu ceux qui espéraient une nouvelle dégradation des relations bilatérales et a, de fait, réduit à néant leurs efforts.

Cet appel devrait être interprété comme un signal adressé aux journalistes, experts, politologues, blogueurs et députés russes qui, en adoptant des positions radicales, continueraient à nuire aux relations entre les deux pays. Les déclarations qu'il qualifie de provocatrices et destinées à créer artificiellement des tensions ne correspondraient plus à la ligne suivie par le Kremlin.

Tant que certains groupes d'influence continueront d'agir à Moscou en faisant de la tension permanente avec Bakou un instrument politique mais aussi une source de profits financiers, les discours sur la stabilité resteront dépourvus de crédibilité. Il considère que ces acteurs devraient tirer les conséquences de l'évolution actuelle et renoncer aux déclarations qu'il juge provocatrices, estimant qu'elles portent atteinte aux relations russo-azerbaïdjanaises et entretiennent délibérément un climat de défiance. Poursuivre dans cette voie serait désormais, selon lui, non seulement contre-productif, mais également contraire à la position affichée par les plus hautes autorités russes.

Toutefois, la coopération économique entre les deux pays continue de se développer sur des bases solides. Selon les chiffres avancés, les échanges commerciaux entre la Russie et l'Azerbaïdjan ont atteint 4,92 milliards de dollars en 2025. Le volume total des investissements russes accumulés dans l'économie azerbaïdjanaise s'élève à 10,7 milliards de dollars, dont 2,9 milliards investis dans les secteurs hors hydrocarbures. Plus de 1 400 entreprises à capitaux russes sont actuellement implantées en Azerbaïdjan.

Ces indicateurs démontrent que les intérêts économiques réels des deux États et de leurs entreprises sont bien plus profonds et durables que les tentatives de certains groupes visant à créer artificiellement des tensions.

Le contact entre les deux présidents montre clairement que la politique officielle privilégie désormais une autre voie : celle du pragmatisme et des bénéfices mutuels. Selon lui, tel est le principal enseignement de cet échange au plus haut niveau.

Maksud Salimov