LA PETITE ACROPOLE D’AZERBAÏDJAN : UNE CITÉ ANTIQUE REFAIT SURFACE SOUS LE COMPLEXE CULTUEL DE KILSADAG

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24 Juillet 2026 20:31
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LA PETITE ACROPOLE D’AZERBAÏDJAN : UNE CITÉ ANTIQUE REFAIT SURFACE SOUS LE COMPLEXE CULTUEL DE KILSADAG

Des archéologues de l'Institut d'archéologie et d'anthropologie de l'Académie nationale des sciences d'Azerbaïdjan (ANAS) ont achevé la cinquième campagne consécutive de fouilles sur le complexe cultuel de Kilsadag, situé dans le district de Gabala, rapporte AzerNEWS, citant l'Institut d'archéologie et d'anthropologie.

Ces nouvelles investigations s'inscrivent dans un vaste programme de recherche archéologique mené sur le site depuis 2022.

L'expédition, intitulée Recherches archéologiques sur le patrimoine matériel et culturel de l'Albanie du Caucase, est dirigée par Natig Alishov, maître de conférences et docteur en histoire, du département d'archéologie de l'Antiquité et de l'Albanie du Caucase de l'Institut.

La campagne de cette année s'est concentrée sur l'étude des caractéristiques architecturales des structures encore conservées ainsi que sur l'exploration approfondie de l'acropole fortifiée qui entoure le complexe cultuel. Saison après saison, les fouilles enrichissent la compréhension des chercheurs d'un site qui s'impose désormais comme l'un des plus importants vestiges archéologiques du pays liés à l'ancienne Albanie du Caucase.

Les travaux réalisés en 2025 avaient déjà permis de mettre au jour des segments de remparts défensifs ainsi que les fondations de deux tours stratégiquement implantées pour protéger l'acropole. Forts de ces découvertes, les archéologues ont élargi cette année la zone de fouille afin d'examiner plus en détail le système de fortifications.

Les résultats ont dépassé les attentes. Les fouilles exploratoires indiquent que le complexe était protégé par plus de dix tours, révélant un dispositif défensif bien plus vaste et sophistiqué qu'on ne le supposait jusqu'à présent. Dans les secteurs de fouille désignés K et L, les chercheurs ont découvert de nouveaux tronçons du rempart ceinturant le côté oriental du temple circulaire, ainsi que les vestiges de trois tours construites parallèlement aux murs d'enceinte.

Les investigations se sont également poursuivies à l'intérieur de la salle n° 1, où une tranchée de sondage avait été ouverte lors de la campagne de 2025 afin de mieux comprendre la stratigraphie du site. Les archéologues y ont mis au jour une tombe en coffre de pierre ainsi que deux sépultures en pleine terre, des découvertes susceptibles de jouer un rôle déterminant dans la reconstitution de la chronologie de l'occupation.

L'un des résultats les plus marquants est que ces sépultures se trouvent sous les fondations des édifices religieux et publics dégagés au cours des quatre dernières années. Cette observation montre que la nécropole est antérieure à une partie au moins de l'architecture monumentale, ce qui témoigne de plusieurs phases distinctes d'occupation et de développement du site.

Les échantillons anthropologiques prélevés dans les tombes feront l'objet d'analyses au radiocarbone (carbone 14), qui devraient permettre d'établir une chronologie plus précise des inhumations ainsi que de la construction des remparts et des tours défensives entourant le complexe cultuel.

Les dernières recherches de terrain suggèrent également que les fortifications s'étendaient bien au-delà du seul temple circulaire. Les archéologues estiment que cet ensemble défensif faisait autrefois partie d'une agglomération beaucoup plus vaste.

Les chercheurs soulignent toutefois qu'une partie importante du site archéologique a subi de lourdes dégradations durant la période soviétique, lors de la construction de la station radar de Gabala (RLS) dans la région voisine d'Emilidag. Cette installation militaire occupait plusieurs centaines d'hectares et a affecté le secteur nord-est de l'ancienne cité. Tranchées défensives, positions de défense antiaérienne et autres infrastructures militaires ont profondément bouleversé le paysage archéologique.

Malgré ces destructions, d'importants vestiges subsistent sous terre. Les archéologues estiment que les fouilles en cours autour du complexe cultuel de Kilsadag et de son acropole pourraient, à terme, mettre au jour les vestiges d'une autre grande ville de l'ancienne Albanie du Caucase.

Situé à proximité du village d'Amili, dans le district de Gabala, le complexe cultuel de Kilsadag n'a, à ce jour, été identifié dans aucune source historique écrite connue. Néanmoins, chaque nouvelle campagne de fouilles apporte des éléments supplémentaires indiquant qu'il ne s'agissait pas d'un simple sanctuaire isolé, mais d'un vaste centre urbain fortifié dont l'histoire commence seulement à se dévoiler.