Le monument, classé au patrimoine historique et architectural d'importance nationale, avait subi d'importantes dégradations durant la période où Choucha était sous contrôle arménien, selon les autorités azerbaïdjanaises. La toiture, les planchers et une partie de la maçonnerie avaient été gravement endommagés, tandis que plusieurs éléments architecturaux et l'ensemble des installations techniques étaient devenus inutilisables.
Les travaux de restauration ont été engagés en 2022, prévoyant le financement de la réhabilitation de la maison où vécut Mirza Asad oghlu Sadig, plus connu sous le nom de Sadigjan. Musicien, compositeur et luthier du XIXᵉ siècle, il est considéré comme le grand réformateur du târ, instrument à cordes emblématique de la musique traditionnelle azerbaïdjanaise, dont il a profondément modernisé la facture et les possibilités musicales.
Située dans la rue qui porte aujourd'hui son nom, la demeure restaurée est un édifice de deux étages, caractérisé par ses fenêtres en arc et son portail d'entrée en pierre, qui témoignent de l'architecture traditionnelle de Choucha.
Le nouveau musée propose plusieurs espaces consacrés à la vie et à l'œuvre de Sadigjan, au patrimoine musical de l'Azerbaïdjan ainsi qu'à l'histoire culturelle de Choucha, souvent présentée comme le berceau de la musique classique azerbaïdjanaise. Les visiteurs peuvent également découvrir une salle de concert, un espace dédié au mugham, genre musical inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, un atelier de fabrication d'instruments de musique, une boutique de souvenirs, un café et des espaces d'accueil.
À l'occasion de l'inauguration, les autorités ont également présenté une nouvelle œuvre monumentale intitulée « La Voix de l'Éternité », réalisée par l'artiste émérite Rashad Mehdiyev.
Cette sculpture propose une interprétation symbolique du târ. Un arbre semblant naître des cordes de l'instrument évoque, selon ses concepteurs, l'idée d'une musique puisant ses racines dans la terre natale, nourrie par la mémoire collective et se renouvelant à travers les générations. L'arbre représente également les notions de transmission, d'enracinement et de renaissance.
À travers cette réalisation, les autorités entendent rendre hommage au riche héritage culturel de Choucha, ville qui occupe une place centrale dans l'histoire de la musique et des arts en Azerbaïdjan, où la musique est présentée comme un élément majeur de l'identité nationale et de la mémoire historique.