C’est ce qu’a déclaré Sahil Karimli, directeur adjoint de l’agence de presse Trend et analyste politique.
« Les visites successives, en l’espace de peu de temps, des plus hauts dirigeants de l’Union européenne en Azerbaïdjan ne relèvent pas uniquement du protocole diplomatique. Elles témoignent également de la nouvelle réalité géopolitique qui se dessine dans la politique de Bruxelles à l’égard du Caucase du Sud. La venue à Bakou de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après celle du président du Conseil européen, Antonio Costa, montre que les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne sont entrées dans une phase qualitativement nouvelle. La caractéristique essentielle de cette étape est que les relations sont désormais envisagées au niveau d’un partenariat stratégique », a-t-il déclaré.
Selon lui, le fait qu’Ursula von der Leyen qualifie ouvertement l’Azerbaïdjan de partenaire stratégique et présente le pays comme un acteur majeur de la région ainsi que le principal promoteur de l’agenda de paix n’a rien d’un hasard.
« Cela traduit la reconnaissance internationale de la politique étrangère cohérente menée par l’Azerbaïdjan ces dernières années, du rôle qu’il joue dans le renforcement de la sécurité régionale et de l’approche diplomatique pragmatique définie par le président Ilham Aliyev. Aujourd’hui, l’Union européenne considère l’Azerbaïdjan non seulement comme un fournisseur d’énergie, mais aussi comme un partenaire fiable, capable de garantir la stabilité dans un environnement géopolitique complexe, de mettre à profit sa position géographique stratégique grâce à des infrastructures modernes et de renforcer les connexions régionales », a-t-il souligné.
Pour Sahil Karimli, la coopération énergétique illustre de manière particulièrement claire la dimension stratégique de cette relation.
« Lorsque l’Europe a été confrontée à une grave crise de sécurité énergétique en 2022, elle s’est tournée vers l’Azerbaïdjan. Depuis lors, Bakou a démontré son engagement envers ses partenaires par des actions concrètes, en augmentant de 65 % ses exportations de gaz vers l’Union européenne. Par ailleurs, le fait que l’Azerbaïdjan représente près de 70 % des échanges commerciaux de l’Union européenne avec les pays du Caucase du Sud confirme une nouvelle fois le poids économique de notre pays et son statut de principal pôle économique de la région », a-t-il insisté.
L’analyste estime que l’agenda du partenariat dépasse désormais le seul cadre traditionnel de l’énergie.
« La coopération dans le domaine des énergies vertes, les nouveaux corridors destinés à acheminer vers le marché européen le potentiel en énergies renouvelables du bassin de la mer Caspienne et de l’Asie centrale, ainsi que l’initiative de plateforme de partenariat pour l’interconnexion énergétique proposée par Ursula von der Leyen, façonnent un nouveau modèle de coopération économique et géopolitique tourné vers l’avenir. Cette approche montre que la vision stratégique à long terme de l’Azerbaïdjan converge avec les priorités de l’Union européenne », a-t-il expliqué.
Karimli a également relevé une évolution notable dans l’approche de Bruxelles concernant le processus de normalisation entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.
« L’enveloppe d’aide de 20 millions d’euros destinée aux zones frontalières, ainsi que les initiatives visant à promouvoir les dividendes économiques de la paix entre les deux communautés, montrent que l’Union européenne comprend qu’une stabilité durable dans la région ne peut être assurée que sur la base de l’agenda de paix porté par l’Azerbaïdjan », a-t-il affirmé.
Enfin, l’analyste a souligné que l’établissement simultané par l’Azerbaïdjan d’un partenariat stratégique avec les États-Unis, d’un partenariat global avec la Chine et de relations stratégiques avec l’Union européenne illustre le succès d’une politique étrangère équilibrée, fondée sur la défense des intérêts nationaux.
« Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan n’est plus un simple objet de la compétition géopolitique au sein du système international. Il s’affirme comme un partenaire stratégique de premier plan, capable de rapprocher différents centres de puissance autour d’intérêts communs. C’est précisément cette nouvelle réalité qui constitue le principal facteur politique faisant entrer les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne dans une nouvelle étape de leur développement », a conclu Sahil Karimli.