BAKOU, NOUVEAU POINT D'APPUI DE L'EUROPE: LA VISITE D'URSULA VON DER LEYEN MARQUE UN TOURNANT DANS LES RELATIONS ENTRE BAKOU ET L'UNION EUROPEENNE

Analyses
2 Juillet 2026 14:33
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BAKOU, NOUVEAU POINT D'APPUI DE L'EUROPE: LA VISITE D'URSULA VON DER LEYEN MARQUE UN TOURNANT DANS LES RELATIONS ENTRE BAKOU ET L'UNION EUROPEENNE

Lorsque l’Europe s’est mise en quête d’une alternative au gaz russe, les ressources de l’Azerbaïdjan sont devenues incontournables.

Aujourd’hui, Bruxelles ne recherche plus seulement des sources d’énergie, mais aussi de nouvelles routes commerciales, une architecture de sécurité durable et un accès renforcé à l’Asie centrale. Et une fois encore, tous les chemins mènent à Bakou.

La visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a avant tout illustré l’entrée des relations avec l’Azerbaïdjan dans une nouvelle phase. Il y a encore peu, l’Union européenne considérait essentiellement l’Azerbaïdjan comme un fournisseur fiable de ressources énergétiques. Désormais, il est perçu comme un État sans lequel il est impossible de bâtir la future stratégie européenne dans le Caucase du Sud et la région de la mer Caspienne. Rien d’étonnant à cela : à une époque où la politique mondiale connaît des mutations rapides, la véritable valeur d’un État se mesure à sa capacité à garantir la stabilité, à créer de nouvelles opportunités et à rapprocher les régions. C’est précisément ce rôle que joue aujourd’hui l’Azerbaïdjan.

L’Union européenne s’adresse désormais à l’Azerbaïdjan dans le langage du partenariat stratégique, reconnaissant son rôle de leader politique, d’artisan de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans le Caucase du Sud, ainsi que sa position de trait d’union essentiel entre l’Europe et l’Asie centrale. C’est pourquoi la visite de la présidente de la Commission européenne à Bakou marque le passage des relations bilatérales à un niveau qualitativement nouveau.

Une nouvelle réalité…

Un élément mérite particulièrement l’attention : la visite d’Ursula von der Leyen intervient après celle, en mars, du président du Conseil européen, António Costa, puis celle, en mai, de la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. Une telle intensité des contacts au plus haut niveau constitue en elle-même un indicateur de l’importance croissante de l’Azerbaïdjan dans la politique européenne contemporaine.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev le souligne sans ambiguïté :

« Je dirais que cette dynamique est sans précédent dans nos relations. Elle reflète la volonté commune des deux parties d’intensifier leur coopération et de renforcer leur partenariat. »

Dans les faits, Bruxelles montre que l’Azerbaïdjan est devenu l’un des principaux partenaires de l’Union européenne dans la région, dont l’importance dépasse largement le cadre des seules relations bilatérales.

Aujourd’hui, l’Europe ne considère plus le Caucase du Sud comme une périphérie, mais comme l’un des éléments majeurs de la nouvelle architecture de sécurité et de logistique de l’Eurasie. Et dans cette nouvelle configuration géopolitique, c’est l’Azerbaïdjan qui occupe une place centrale.

Pour sa part, Ursula von der Leyen le déclare sans détour :

« Le Caucase du Sud est l’un des plus grands carrefours de transport au monde, reliant l’Europe, la région caspienne et l’Asie centrale. Son importance stratégique ne cesse de croître et l’Azerbaïdjan y joue un rôle central. Peu de pays disposent d’une position aussi avantageuse que le vôtre pour favoriser la coopération régionale et la stabilité. L’Azerbaïdjan conjugue habilement sa situation géographique stratégique avec une influence économique, politique et régionale en plein essor. C’est pourquoi nous proposons de lancer un Partenariat UE–Azerbaïdjan pour la connectivité des transports. Celui-ci sera mené parallèlement au Dialogue de haut niveau sur la connectivité, qui couvrira les transports, l’énergie et les infrastructures numériques. Nous travaillerons également à l’organisation d’une Conférence régionale sur les investissements dans la connectivité des transports, de préférence ici même, à Bakou. Nous rapprocherons ainsi l’Europe, le Caucase du Sud et l’Asie centrale. »

Ces propos constituent la reconnaissance d’une nouvelle réalité géopolitique. Au cours des dernières années, l’Azerbaïdjan est parvenu à transformer sa situation géographique en un véritable avantage stratégique. Les corridors de transport Est-Ouest et Nord-Sud traversent désormais son territoire ; le Corridor médian poursuit son développement ; les lignes ferroviaires, les infrastructures routières et les installations portuaires sont en pleine modernisation. Surtout, ces grands projets d’infrastructure sont financés en grande partie sur les ressources propres de l’Azerbaïdjan. Résultat : les volumes de marchandises transportées ne cessent d’augmenter.

Le chef de l’État explique :

« Aujourd’hui, le volume du fret transitant par l’Azerbaïdjan augmente dans toutes les directions. Nous avons investi des sommes considérables dans les infrastructures de transport en Azerbaïdjan et dans les pays voisins, et nous poursuivons ces investissements. Compte tenu de la nouvelle situation géopolitique, nous constatons la nécessité d’accroître les capacités de nos ports commerciaux et de notre réseau ferroviaire. Tous ces projets sont réalisés conformément au calendrier prévu et financés grâce à nos propres ressources. »

Autre élément révélateur : la reconnaissance par l’Union européenne du rôle majeur de l’Azerbaïdjan dans la sécurité régionale. Il y a encore peu, le Caucase du Sud était essentiellement associé à un conflit prolongé. Aujourd’hui, les dirigeants européens évoquent une région engagée dans un processus de paix. Et, selon cette lecture, l’Azerbaïdjan en est l’initiateur.

Ursula von der Leyen a qualifié la paix de développement le plus important qu’ait connu la région depuis plusieurs décennies :

« Je tiens à vous féliciter pour la conclusion de l’accord de paix historique avec l’Arménie. Vous avez fait preuve d’un véritable leadership en faveur de la paix et de la coopération dans l’ensemble de la région, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de stabilité, de confiance et de prospérité partagée. L’Union européenne soutient résolument ce processus et continuera à le faire. Ensemble, nous pouvons véritablement transformer une paix sur le papier en une paix concrète ; c’est précisément ce à quoi nous travaillons aujourd’hui, ici, ensemble. »

Par Farida Baguirova