DESTRUCTION DU PATRIMOINE CULTUREL DE L'AZERBAIDJAN PENDANT L'OCCUPATION ARMENIENNE: QUELQUES FAITS

Analyses
24 Avril 2026 19:52
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DESTRUCTION DU PATRIMOINE CULTUREL DE L'AZERBAIDJAN PENDANT L'OCCUPATION ARMENIENNE: QUELQUES FAITS

Par Faig Mahmudov

L’occupation par l’Arménie des territoires internationalement reconnus de l’Azerbaïdjan pendant près de 30 ans ne s’est pas limitée à une modification forcée du statu quo militaire et politique ; elle s’est également accompagnée d’une politique systématique, délibérée et idéologiquement motivée de destruction culturelle.

Cette politique a dépassé les tactiques conventionnelles de guerre pour englober la destruction du patrimoine culturel, la profanation de sites religieux et l’effacement de la mémoire historique en tant que composantes interdépendantes. En conséquence, ce processus n’a pas seulement violé les principes fondamentaux du droit international humanitaire, mais peut également être qualifié de schéma de comportement présentant des éléments de génocide culturel.

À la suite de la fin de l’occupation et du rétablissement du contrôle souverain de l’Azerbaïdjan sur ces territoires, des réalités longtemps dissimulées ou niées ont été mises au jour grâce à un suivi systématique et à des évaluations officielles. Ces analyses confirment, preuves factuelles à l’appui, l’ampleur des destructions, des actes de vandalisme et des altérations délibérées du patrimoine historique. La question a ainsi dépassé le cadre des revendications politiques pour s’imposer comme une réalité étayée par des chiffres concrets et des preuves matérielles.

Les données statistiques illustrent clairement l’ampleur du vandalisme culturel commis durant l’occupation. Plus de 700 monuments historiques, 22 musées, près de 100 000 pièces muséales, 927 bibliothèques, 58 sites archéologiques, 26 forteresses et murailles, ainsi que de nombreux autres éléments du patrimoine culturel ont été détruits, pillés ou appropriés. Ces chiffres témoignent d’une dévastation matérielle et d’une politique systématique d’effacement culturel.

Les atteintes au patrimoine religieux sont particulièrement frappantes. Durant l’occupation, 65 des 67 mosquées ont été entièrement détruites, tandis que les deux restantes ont été partiellement ruinées et utilisées comme abris pour animaux. Ce fait constitue non seulement un acte de vandalisme, mais aussi une forme de violence symbolique et d’humiliation délibérée des valeurs religieuses.

Le monastère d’Ağoğlan (Lachin, VIe siècle), complexe religieux ancien appartenant à l’Albanie du Caucase, a subi négligence, interventions et tentatives d’appropriation, entraînant des dommages à ses caractéristiques architecturales d’origine.

Le mausolée de Malik Ajdar (Lachin, XIVe siècle), exemple de l’architecture médiévale azerbaïdjanaise, a été endommagé par des actes de destruction et de vandalisme, déformant son apparence historique.

Le monastère d’Amaras (Khojavend, IVe siècle), l’un des plus anciens monuments chrétiens de la région, a été soumis à des politiques d’appropriation et de falsification.

La forteresse d’Asgaran (Khojaly, XVIIIe siècle), exemple important d’architecture défensive, a été endommagée à la suite d’opérations militaires et d’un abandon prolongé.

Le monastère Saint-Jacques (Kalbajar, VIe siècle), site religieux du patrimoine albanais, a vu ses éléments architecturaux détruits, compromettant son authenticité historique.

Le monastère de Khudavang (Kalbajar, XIIIe siècle) a subi des transformations visant à falsifier son appartenance historique.

La forteresse de Lek (Kalbajar, XIIIe–XIVe siècles), structure défensive historique, a été gravement endommagée par la négligence et la destruction.

Le mausolée de Mirali (Fuzuli, XIIIe–XIVe siècles) a été détruit, certaines parties de sa structure d’origine étant irrémédiablement perdues.

Les mosquées de Govhar Agha supérieure et inférieure (Choucha, XVIIIe–XIXe siècles), monuments religieux emblématiques, ont été incendiées, pillées et gravement endommagées sur le plan architectural.

La mosquée Saatli (Choucha, XVIIIe siècle) a vu ses éléments architecturaux modifiés et ses caractéristiques religieuses et historiques délibérément altérées.

La mosquée d’Aghdam (XIXe siècle), fortement détruite, a été profanée et rendue inutilisable.

Les ponts de Khudaferin (Jabrayil, de l’âge du Bronze à l’époque médiévale), structures historiques majeures, ont été laissés à l’abandon et endommagés.

La grotte d’Azykh (Khojavend, période paléolithique), l’un des plus anciens sites d’habitation humaine au monde, a été mise en danger par des activités illégales et l’absence de protection.

Le mausolée de Gutlu Musa Oglu (Aghdam, XIVe siècle) a subi des dommages importants.

Les tumulus d’Imanqazantepe (Jabrayil, âge du Bronze) ont été détruits, leurs couches archéologiques perturbées, réduisant leur valeur scientifique.

La destruction systématique des monuments architecturaux dans la ville de Choucha, dès les opérations militaires du début des années 1990, indique que cette politique a été mise en place très tôt. Les mosquées et madrasas de Govhar Agha, le mausolée de Vagif, la maison de Natavan ainsi que les caravansérails ont été incendiés, pillés et gravement endommagés.

Un schéma similaire s’observe dans d’autres régions. Dans le district d’Aghdam, le complexe du palais de Panah Khan, les mosquées des villages d’Abdal et de Gulabli, le mausolée d’Ughurlu Bey et la maison-musée de Gurban Pirimov ont été détruits. Dans le district de Khodjaly, un mausolée du XIVe siècle ; dans le district de Kalbajar, des mosquées dans les villages de Bashlibel et Otakli, ainsi que des cimetières dans la ville de Kalbajar et plusieurs villages ; dans le district de Zangilan, des mosquées et cimetières dans de nombreuses localités ; dans le district de Gubadli, des cimetières dans les villages de Gayali et Mamar ; dans le district de Lachin, une mosquée et un cimetière ; dans le district de Jabrayil, un complexe de mosquée et un cimetière ; dans le district de Fuzuli, plusieurs mosquées ; dans le district de Khojavend, de nombreux cimetières ; dans le district de Tartar, des bains ; et dans le district de Sadarak, un cimetière - tous ont été détruits et pillés.

Ces destructions ne se sont pas limitées à l’anéantissement matériel, mais se sont accompagnées de tentatives de modification de l’identité culturelle. À Choucha, des éléments architecturaux de monuments tels que la mosquée Saatli et le caravansérail Khanlig Mukhtar ont été altérés, tandis que des inscriptions arabes du XIXe siècle ont été effacées et remplacées par des symboles et croix arméniens.

La destruction des cimetières constitue l’un des aspects les plus révélateurs de ce processus. Dans les districts d’Aghdam, Fuzuli, Zangilan, Kalbajar et Jabrayil, des dizaines de cimetières ont été détruits, des tombes ouvertes et des pierres tombales démolies. Il ne s’agit pas seulement de destructions physiques, mais d’une attaque systématique contre la mémoire collective, visant la continuité historique et l’identité.

Dans l’ensemble, les faits présentés démontrent que les actions menées durant l’occupation ne relevaient pas d’actes isolés de vandalisme, mais d’une politique cohérente visant la destruction et la transformation systématiques du patrimoine culturel.