Invité de l'émission « Dialogue avec Tofik Abbasov », diffusé sur la plateforme Baku Network, Teymour Göychaev a partagé une réflexion profonde sur le pouvoir rassembleur de l’art. Selon lui, les conflits ne laissent pas seulement des ruines matérielles, mais aussi des « murs invisibles » entre les individus. « Ces murs doivent être démantelés. La musique peut y contribuer, car elle parle un langage commun compris par tous : celui des notes », explique-t-il.
Fondateur de cette démarche pédagogique à vision humaniste, Teymour Göychaev dirige l’École musicale spécialisée Bülbül, où il défend une approche de l’enseignement fondée autant sur l’excellence artistique que sur la responsabilité morale. « J’explique toujours à mes élèves qu’ils sont des citoyens du monde. La musique n’a pas de nationalité, et l’art transcende les frontières, les religions et les idéologies », affirme-t-il.
Cette conception fait écho à une longue tradition d’artistes pour lesquels la création constitue un espace de dialogue interculturel. À travers les échanges musicaux, les concerts et la formation des jeunes talents, l’art devient un outil de rapprochement entre les peuples et un vecteur de compréhension mutuelle.
Le chef d’orchestre souligne également l’importance du professionnalisme comme valeur universelle. Les musiciens formés en Azerbaïdjan poursuivent aujourd’hui leur carrière dans des conservatoires et des orchestres à travers le monde, témoignant de la vitalité d’une école musicale fondée sur la rigueur et la discipline. « Le talent n’est qu’un point de départ. Ce sont le travail quotidien et l’engagement qui permettent de gagner le respect sur la scène internationale », rappelle-t-il.
Pour illustrer son propos, Teymour Göychaev évoque un moment devenu emblématique de l’histoire culturelle européenne : le concert de Mstislav Rostropovitch devant le mur de Berlin, symbole d’une foi partagée dans la réconciliation. « Jouer de la musique, c’est un acte de confiance envers l’humanité. Elle guérit les blessures invisibles, rapproche les individus et peut faire tomber les murs les plus solides », estime-t-il.
À l’heure où les sociétés cherchent de nouveaux repères pour retisser le lien social, le message du chef d’orchestre résonne au-delà des frontières nationales. La musique, rappelle-t-il, n’est pas seulement un art, mais une forme de diplomatie humaine, capable de transformer l’écoute en compréhension et la différence en dialogue.