L'AZERBAÏDJAN SOUHAITE QUE LES ÉTATS-UNIS PRENNENT EN COMPTE LES "NOUVELLES RÉALITÉS" DANS LES POURPARLERS DE PAIX AVEC L'ARMÉNIE"

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7 Décembre 2023 19:15
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L'AZERBAÏDJAN SOUHAITE QUE LES ÉTATS-UNIS PRENNENT EN COMPTE LES "NOUVELLES RÉALITÉS" DANS LES POURPARLERS DE PAIX AVEC L'ARMÉNIE"

Les voisins du Caucase du Sud sont engagés dans un conflit qui dure depuis des décennies pour le contrôle de la région du Karabakh, que l'Azerbaïdjan a récupérée après une opération éclair contre des séparatistes en septembre.

Les deux pays ont déclaré qu'un accord de paix pourrait être signé d'ici la fin de l'année, mais les pourparlers de paix - dont la médiation est assurée séparément par l'Union européenne, les États-Unis et la Russie - n'ont guère progressé.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a estimé mercredi que les États-Unis avaient "annulé" les liens stratégiques entre Washington et Bakou, ajoutant : "Nous ne savons pas pourquoi".

"Si les États-Unis déclarent que nos relations ne seront plus les mêmes, cela signifie que Washington se retire de la médiation du processus de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie", a-t-il ajouté, précisant qu'un changement de position de la part de Washington signifierait que Bakou pourrait "rétablir" les pourparlers menés par les États-Unis.

Ces commentaires ont été faits alors que le secrétaire d'État adjoint James O'Brien, également envoyé spécial pour les affaires européennes et eurasiennes, était attendu à Bakou pour des entretiens visant à "renforcer les liens" et à "soutenir la paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie".

Lors de leur rencontre, M. Aliyev a déclaré à M. O'Brien que "des opportunités historiques s'étaient présentées pour l'établissement de la paix" après la fin de la deuxième guerre du Karabakh à l'automne 2020, selon un communiqué de la présidence azérie.

L'Azerbaïdjan a libéré la majeure partie de la région du Karabakh de l'occupation arménienne au cours de 44 jours d'affrontements à l'automne 2020, qui se sont terminés par un accord de paix négocié par la Russie, ouvrant la voie à la normalisation.

M. Aliyev a affirmé que l'Arménie n'avait "pas rempli ses obligations" après la fin de la guerre de 44 jours, tout en "envoyant des armes et du personnel militaire sur les territoires de l'Azerbaïdjan".

M. Aliyev a également indiqué que l'Azerbaïdjan "a pris des mesures anti-terroristes sur ses territoires souverains, a mis fin au séparatisme agressif et a fait preuve d'un respect exemplaire des exigences du droit humanitaire au cours de l'opération".

L'Azerbaïdjan a refusé de participer aux pourparlers avec l'Arménie prévus aux États-Unis le 20 novembre en raison de ce qu'il a qualifié de position "partiale" de Washington.

Le mois dernier, M. O'Brien a fait remarquer que l'opération de reconquête du Karabakh par l'Azerbaïdjan, qui a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes, avait conduit Washington à annuler les contacts à haut niveau.

En octobre, M. Aliyev a refusé d'assister à un cycle de négociations avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinyan en Espagne, citant la "position partiale de la France."

Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz devaient rejoindre le chef de l'UE Charles Michel en tant que médiateurs lors de ces pourparlers.

Jusqu'à présent, les efforts de l'UE pour organiser un nouveau cycle de négociations n'ont pas connu de progrès visibles.

Mercredi, M. Aliyev et M. O'Brien ont poursuivi leurs discussions sur divers aspects des relations bilatérales. Ils ont échangé des idées sur les questions régionales, au cours desquelles le président azerbaïdjanais a fait part des perspectives de développement de la coopération bilatérale dans les domaines de l'énergie, du transport et de la logistique.

Pour sa part, M. O'Brien a souligné le rôle de Washington dans l'accès des ressources énergétiques de l'Azerbaïdjan aux marchés mondiaux et a renchéri que son pays soutenait le programme de paix dans la région, y compris la normalisation des relations entre Bakou et Erevan et les négociations sur un traité de paix, conclut le communiqué.