Les objectifs auxquels fait face l’Organisation des États turciques (OTS) ne se limitent désormais plus à la seule préservation des liens culturels et humanitaires. L’organisation évolue pour devenir une plateforme essentielle où sont harmonisés les intérêts politiques, économiques, énergétiques, liés aux transports et à la sécurité sur un vaste espace géographique. Le rôle de l’Azerbaïdjan dans ce processus apparaît clairement dans les orientations exposées par le président Ilham Aliyev dans son récent discours. Le fait que Bakou ait accueilli simultanément des dirigeants religieux et des responsables des agences de sécurité des pays de l’OTS témoigne de la place de l’Azerbaïdjan au sein de l’organisation en tant que plateforme fiable, initiateur et partenaire actif.
Bakou devient un lieu clé du dialogue au sein de l’OTS
Les événements récents à Bakou revêtent une importance particulière pour évaluer le rôle de l’Azerbaïdjan au sein de l’OTS. Il y a quelques jours à peine, des dirigeants religieux représentant les États membres de l’organisation ont été reçus par le président Ilham Aliyev. Cette rencontre a été suivie, à Bakou, par la réunion des chefs des Conseils de sécurité des États membres de l’OTS, à l’occasion de la cinquième réunion du Conseil.
Le fait que ces événements se soient déroulés au même endroit et dans un laps de temps très court ne doit pas être considéré comme une simple coïncidence du calendrier diplomatique, mais plutôt comme l’indication d’une relation systématique et multidimensionnelle établie entre l’Azerbaïdjan et l’OTS. Il ne s’agit pas simplement d’accueillir des événements. L’ordre du jour des discussions dans le cadre de l’OTS couvre un large éventail de questions, allant des relations internationales et de la sécurité au multiculturalisme, au commerce, aux transports et à la coopération humanitaire. À cet égard, l’émergence de Bakou comme lieu reconnu pour discuter de questions diverses met en évidence le caractère multidimensionnel de la position de l’Azerbaïdjan au sein de l’organisation.
La stature actuelle de l’OTS est le résultat logique de son histoire et de son développement. L’organisation a été fondée lors du sommet historique tenu à Nakhitchevan en 2009. À cette occasion, l’Azerbaïdjan, la Turquie, le Kazakhstan et le Kirghizistan ont signé l’Accord de Nakhitchevan portant création du Conseil de coopération des États turcophones. L’accord est entré en vigueur en novembre 2010 et le cadre institutionnel de l’organisation a ensuite été élargi. Selon l’OTS elle-même, le sommet informel tenu à Choucha en 2024 a également constitué une étape importante dans le développement de l’organisation.
Aujourd’hui, l’objectif stratégique principal consiste à transformer l’OTS en une organisation internationale de premier plan. Pour y parvenir, outre la volonté politique des États membres, l’organisation dispose d’un potentiel considérable sur les plans économique, géographique, énergétique, des transports et des ressources humaines. Le discours du président Ilham Aliyev a souligné l’objectif stratégique consistant à exploiter plus efficacement ce potentiel et à le consolider en une force unifiée.
Un nouveau format lancé à Choucha : une réunion annuelle ne suffit pas
L’une des initiatives de l’Azerbaïdjan pour développer l’OTS consiste à organiser des sommets informels des chefs d’État. Bien que les sommets traditionnels soient organisés régulièrement, l’organisation a estimé que, compte tenu de l’évolution rapide du paysage international, une seule réunion annuelle des chefs d’État ne suffisait pas. Il a donc été proposé d’instaurer un format supplémentaire de réunion informelle, une initiative qui a été mise en œuvre avec le soutien des pays partenaires. La première réunion de ce type s’est tenue à Choucha et le format a depuis été poursuivi dans d’autres pays.
Le choix de Choucha revêt une importance politique et symbolique particulière. Le sommet de Choucha de 2024 a servi de plateforme pour discuter, dans le cadre de l’ordre du jour de l’OTS, des transports, de la connectivité et de la lutte contre le changement climatique. Il a abouti à l’adoption de plusieurs documents clés, dont la Déclaration de Karabagh. Une déclaration officielle de l’OTS décrit la réunion de Choucha comme une étape importante dans le renforcement de la coopération de l’organisation et de l’unité du monde turcique.
Ainsi, l’initiative de l’Azerbaïdjan va au-delà de la simple création d’un nouveau format de réunion. L’objectif principal est de favoriser au sein de l’OTS un dialogue politique plus dynamique, plus réactif et plus soutenu.
La sécurité énergétique et les transports renforcent le poids géopolitique de l’OTS
L’immense espace géographique couvert par les États membres de l’OTS confère à l’organisation un avantage considérable. Des routes énergétiques et de transport d’une importance vitale - non seulement pour les États membres, mais aussi pour l’ensemble de la région - traversent cet espace. Par conséquent, évaluer le rôle de l’OTS uniquement sous l’angle de la coopération politique et humanitaire ne permet pas de refléter pleinement le véritable potentiel de l’organisation.
L’approche du président Ilham Aliyev présente la sécurité énergétique et la connectivité des transports comme des composantes intégrales de la sécurité globale, car il est difficile d’assurer une stabilité régionale et un développement économique à long terme sans approvisionnement fiable en ressources énergétiques et sans la connectivité nécessaire au transport sécurisé des marchandises. Cette question est également liée à l’intérêt croissant - tant dans les parties occidentales qu’orientales de l’espace de l’OTS - pour le rôle de l’organisation en matière de connectivité, de transports, de sécurité énergétique et de sécurité en général.
Les ressources naturelles constituent également un facteur important dans ce contexte. Les pays de l’OTS disposent de vastes ressources naturelles, qui jouent un rôle dans la résilience économique des États, le bien-être des populations et, plus largement, la stabilité de l’économie mondiale. L’importance de la sécurité énergétique est encore accrue, notamment à une époque où des situations géopolitiques complexes existent le long des frontières des États.
L’Azerbaïdjan occupe une place particulière dans ce système en raison de sa situation géographique. D’une part, le pays agit comme fournisseur de ressources énergétiques pour les marchés mondiaux ; d’autre part, il utilise ses capacités de transit pour acheminer vers les marchés internationaux les ressources énergétiques provenant des pays d’Asie centrale, via la mer Caspienne. Sa situation au carrefour de l’Europe et de l’Asie, combinée à ses liens étroits avec la Turquie et les États membres d’Asie centrale de l’OTS, renforce encore le rôle de l’Azerbaïdjan dans les projets liés à la sécurité énergétique et aux transports.
Dans ce contexte, les projets de transport et d’énergie ne constituent pas uniquement des entreprises économiques pour l’Azerbaïdjan ; ils servent également d’instruments permettant de renforcer la connectivité stratégique à travers la région de l’OTS.
Les relations bilatérales constituent l’épine dorsale de la coopération multilatérale au sein de l’OTS
Un autre aspect crucial du renforcement de l’OTS réside dans l’approfondissement des relations bilatérales entre les États membres. L’Azerbaïdjan mène également une politique active dans ce domaine. Les nombreuses visites du président Ilham Aliyev dans les pays de l’OTS, ainsi que les visites des dirigeants de ces États en Azerbaïdjan, témoignent de l’intensité du dialogue politique mutuel.
L’Azerbaïdjan a signé avec la Turquie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan des traités et des déclarations portant sur une alliance. Ces documents reflètent le niveau élevé des relations bilatérales et jettent les bases du développement de la coopération dans des domaines spécifiques.
Des processus parallèles sont également en cours dans le domaine économique. L’Azerbaïdjan a créé des fonds d’investissement conjoints avec le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan, tandis que les efforts se poursuivent pour attirer et mobiliser les investissements réciproques. Ces mécanismes permettent de compléter les relations politiques par une dimension économique concrète.
Cette approche s’inscrit dans l’une des priorités de la politique étrangère de l’Azerbaïdjan. Comme l’a déclaré le président Ilham Aliyev, le monde turcique représente un espace familial pour l’Azerbaïdjan et le développement des relations avec cette région constitue une orientation majeure de sa politique étrangère. Par conséquent, la coopération avec l’OTS n’est pas un élément isolé ou ponctuel de la politique étrangère de l’Azerbaïdjan, mais fait partie intégrante d’une orientation stratégique plus large.
Les racines ethniques communes complètent la coopération politique et économique
L’une des caractéristiques qui distinguent l’OTS des autres organisations internationales réside dans l’existence de liens ethniques, historiques, culturels et linguistiques communs entre ses membres. De telles organisations étant relativement rares dans le système international, le socle spirituel dont dispose l’OTS représente un avantage important.
Si les intérêts politiques et économiques peuvent constituer la base des relations interétatiques, les affinités historiques et culturelles existant entre les peuples rendent ces relations plus durables. Les éléments linguistiques communs, les similitudes culturelles, les racines ethniques communes et la proximité spirituelle créent des possibilités supplémentaires de renforcer la solidarité au sein de l’OTS. Ces facteurs permettent à l’organisation d’évoluer non seulement en tant que mécanisme de coopération intergouvernementale, mais aussi comme plateforme favorisant les liens entre les peuples.
Cette unité peut également servir de pilier idéologique au développement futur de l’OTS. Cependant, l’essentiel est d’aborder la préservation de l’identité nationale et des valeurs spirituelles non pas comme un moyen de confrontation avec les autres nations, mais comme une manière de renforcer l’attachement des États membres à leur propre patrimoine historique et culturel.
La stabilité compte parmi les avantages économiques de l’espace de l’OTS
Dans le système international actuel, la stabilité et la sécurité ne sont pas seulement des questions politiques ; elles constituent également des conditions fondamentales du développement économique. Il est difficile d’attirer un flux régulier d’investissements, de technologies et d’innovations dans un pays dépourvu de stabilité politique et économique. À cet égard, le maintien de la stabilité dans la région de l’OTS constitue un facteur clé qui renforce le potentiel de développement de l’organisation.
Comme l’a souligné le président Ilham Aliyev dans son discours, la croissance de la production industrielle, les indicateurs économiques positifs et la stabilité des systèmes financiers dans la région de l’OTS se distinguent dans un contexte mondial marqué par la stagnation économique, le déclin et diverses difficultés socio-économiques. Cette dynamique est importante pour renforcer les capacités économiques des États membres.
Lors de la réunion tenue à Bakou, le secrétaire général de l’OTS, Kubanychbek Omuraliev, a également présenté des données sur le potentiel économique de la région de l’organisation. Selon lui, le PIB cumulé de la région de l’OTS s’élève à 2 400 milliards de dollars, ce qui la placerait approximativement au 12e rang mondial. Par ailleurs, le volume des échanges commerciaux de l’organisation atteint 1 700 milliards de dollars. Ces chiffres montrent que l’OTS n’est pas seulement une union politique et culturelle, mais aussi une région disposant d’un immense potentiel économique.
La combinaison des opportunités économiques avec la stabilité politique, les ressources énergétiques et les connexions de transport crée des conditions supplémentaires pour renforcer le rôle de l’OTS dans le système international.
Les questions liées à la jeunesse constituent une dimension de long terme de la sécurité
L’un des facteurs clés qui façonneront l’avenir de l’OTS est l’ensemble des valeurs qui façonnent la jeune génération. La population relativement jeune des États membres et la croissance démographique observée constituent un avantage important pour l’organisation. À une époque où les inquiétudes concernant le déclin rapide de la population augmentent dans plusieurs pays, la tendance inverse observée dans la région de l’OTS contribue à créer un capital humain important pour l’avenir.
Toutefois, un avantage démographique ne se transforme pas automatiquement en avantage économique. La croissance démographique doit s’accompagner de politiques économiques actives, du développement des infrastructures sociales et de la création de nouveaux emplois. À défaut, une croissance rapide pourrait entraîner certaines difficultés économiques et sociales. Le discours du président Ilham Aliyev a mis en évidence les évolutions positives observées dans les pays de l’OTS en matière de croissance économique et de protection sociale.
Un autre aspect de la question de la jeunesse concerne la conscience nationale et les valeurs morales. Les pays de l’OTS partagent notamment leur attachement à leurs principes nationaux et moraux. Dans ce contexte, éduquer la jeune génération dans un esprit patriotique et d’attachement aux principes nationaux et aux valeurs morales n’est pas seulement une question d’éducation ; il s’agit d’une priorité stratégique liée à la stabilité à long terme des États.
Les fondements de la politique de jeunesse de l’Azerbaïdjan ont été établis dans le cadre de la politique d’État initiée par le grand président, restaurateur de l’État azerbaïdjanais, Heydar Aliyev. Cette politique repose notamment sur l’attention et le soutien accordés aux jeunes, la création de conditions favorables à leur développement, le renforcement de leur rôle et de leur position dans la société, ainsi que la promotion de l’esprit patriotique.
Cette approche peut également être développée au niveau de l’OTS. Il est essentiel d’impliquer les jeunes dans les processus non pas simplement comme des personnes concernées par des décisions prises à leur sujet, mais comme des participants actifs dont les opinions et les positions sont entendues. Recueillir leurs points de vue, réunir des jeunes de différents pays et développer leurs interactions mutuelles peuvent renforcer le futur socle social de l’organisation.
Le concept de sécurité ne se limite plus aux seules menaces militaires
L’élargissement de l’agenda de sécurité de l’OTS occupe une place particulière dans les priorités de l’Azerbaïdjan. La poursuite des guerres dans les régions environnantes, l’élargissement de leur portée géographique et le caractère de plus en plus ouvert des conflits placent la question de la sécurité régionale au premier plan. Cette réalité revêt une importance particulière pour l’Azerbaïdjan ; la présence, au nord comme au sud du pays, d’États engagés dans des conflits accroît la sensibilité de son environnement sécuritaire.
Dans une telle situation, la nécessité de renforcer la coordination entre les structures de sécurité des pays de l’OTS apparaît clairement. L’échange d’informations, notamment le partage de renseignements opérationnels, les actions conjointes, la coordination face aux menaces existantes ainsi que l’identification et la prévention en amont des risques potentiels doivent devenir des éléments centraux du système de sécurité.
Dans ce contexte, l’ordre du jour de la cinquième réunion des Conseils de sécurité, tenue à Bakou, n’est pas fortuit non plus. La réunion des agences de sécurité facilite non seulement la discussion sur les défis actuels, mais aussi la comparaison des expériences entre différents pays, l’identification des vulnérabilités et l’amélioration des mécanismes de prévention des menaces.
Selon les informations communiquées par le secrétaire général de l’OTS, la tenue récente de plusieurs réunions de haut niveau dans différentes parties de la région de l’organisation - consacrées à la sécurité et à d’autres domaines - témoigne de l’élargissement de cet agenda. Des réunions des ministres de l’Intérieur se sont tenues à Astana, au Kazakhstan, et des réunions des procureurs généraux dans la ville de Turkistan. Deux jours avant la réunion de Bakou, des dirigeants religieux avaient été reçus par le président Ilham Aliyev, tandis qu’une réunion des responsables de l’industrie de défense est prévue le 1er octobre. Il a également été indiqué que 63 mécanismes et plateformes, allant de la politique étrangère à la culture, fonctionnent dans le cadre de l’OTS.
Ces chiffres et ces événements indiquent que la coopération au sein de l’OTS ne se limite plus aux réunions entre chefs d’État ; des mécanismes d’interaction à plusieurs niveaux entre différentes agences gouvernementales ont désormais été établis.
Les menaces idéologiques créent un nouvel agenda de sécurité
À l’époque moderne, les menaces pesant sur la sécurité des États ne se limitent pas aux violations des frontières ou aux attaques physiques. Les influences idéologiques exercées par l’intermédiaire de l’espace informationnel, des médias, des plateformes sociales et de divers canaux de communication peuvent également avoir un impact sur la stabilité interne des États.
Le discours du président Ilham Aliyev souligne l’importance d’une lutte commune contre ces menaces. Il s’agit ici de prévenir les provocations idéologiques contraires aux intérêts des pays et des peuples. Une attention particulière est accordée à l’influence exercée par des médias qui seraient financés par des centres situés bien au-delà des frontières nationales.
Selon l’approche présentée par le président Ilham Aliyev, de tels financements pourraient viser à fragiliser la structure de l’État, à perturber la solidarité sociale et à introduire des récits et des valeurs étrangers à la société.
Selon la position de l’Azerbaïdjan, les efforts visant à contrer ces risques doivent être entrepris afin de protéger les intérêts nationaux et l’ordre constitutionnel. Le président Ilham Aliyev a déclaré que des mesures actives étaient prises à cet égard en Azerbaïdjan et que des résultats importants avaient été obtenus.
Il a également été indiqué que les réseaux « antinationaux » opérant en Azerbaïdjan - qui seraient dirigés et financés depuis l’étranger - sont rejetés par la grande majorité de la société. Un point essentiel est ici que l’attachement aux valeurs nationales, aux traditions et aux modes de vie constitue la tendance dominante au sein de la société azerbaïdjanaise.
Cependant, le fait que ces menaces soient combattues ne signifie pas qu’elles aient été complètement éliminées. Au contraire, compte tenu de la possibilité de nouvelles tentatives visant à déstabiliser la situation, les mécanismes préventifs doivent être constamment renforcés.
Objectif prioritaire : protéger la jeunesse contre les menaces informationnelles et idéologiques
La jeunesse est considérée comme un groupe particulièrement vulnérable face à la question de la sécurité idéologique. Comme l’a souligné le président Ilham Aliyev dans son discours, la jeune génération - qui se trouve encore dans une phase de formation et serait davantage susceptible d’être manipulée - constitue une cible privilégiée d’activités extérieures visant à porter atteinte aux intérêts de l’État. Par conséquent, la politique de jeunesse dans le cadre de l’OTS peut être abordée non seulement comme une question d’ordre social et culturel, mais également comme une question de sécurité à long terme.
À cet égard, il est proposé d’élargir les interactions entre les organisations de jeunesse des États membres de l’OTS et d’organiser régulièrement des forums, des conférences et d’autres événements. L’objectif est de faciliter les échanges directs entre les jeunes de différents pays, d’améliorer leur connaissance de l’histoire et de la culture communes et de veiller à ce que les liens entre les nations apparentées soient préservés au sein de la nouvelle génération.
Une telle approche constitue plus qu’un simple moyen de contrer les influences idéologiques ; elle représente également un mécanisme à long terme pour façonner le capital humain qui soutiendra les futures relations politiques, économiques et sociales de l’OTS. Favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les jeunes peut créer un socle social propice à une coopération future dans les domaines des affaires, des sciences, de l’éducation, des technologies, de la culture et d’autres secteurs.
Nouvelle phase pour l’OTS : transformer le potentiel existant en force concrète
La tâche qui se présente aux pays de l’OTS ne consiste pas simplement à énumérer les opportunités existantes, mais à les traduire en résultats concrets grâce à des politiques coordonnées. Des facteurs tels que les ressources énergétiques, les corridors de transport, une situation géographique favorable, le potentiel économique, une population jeune, un patrimoine historique et culturel commun ainsi que la volonté politique peuvent être considérés non pas comme des avantages isolés, mais comme les éléments d’un système stratégique unifié.
La position de l’Azerbaïdjan dans ce processus est particulièrement notable. Le pays agit à la fois comme producteur d’énergie et comme État de transit ; il se trouve au carrefour de l’Europe et de l’Asie ; il coopère activement avec les pays d’Asie centrale et la Turquie ; et il est à l’origine de diverses initiatives politiques et institutionnelles au sein de l’OTS.
L’importance accordée par la partie kazakhe, lors de la réunion de Bakou, au développement des infrastructures transcaspiennes et à l’importance du Corridor médian souligne la portée pratique de cette orientation. Aida Balayeva, vice-présidente du Conseil de sécurité du Kazakhstan, a souligné l’importance de la coopération économique avec l’Azerbaïdjan, des infrastructures transcaspiennes et de la liaison de communication par fibre optique au fond de la mer Caspienne.
Le président Ilham Aliyev a indiqué que le projet de câble à fibre optique était proche de son achèvement et qu’il revêtait une importance considérable pour les relations entre l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan, ainsi que pour l’ensemble de la région, y compris l’espace de l’OTS.
Ces faits montrent que la coopération au sein de l’OTS ne se limite pas aux déclarations politiques, mais qu’elle est également renforcée par des projets d’infrastructure concrets.
L’expérience de l’indépendance façonne une mémoire politique commune
Pour un nombre important de pays de l’OTS, le rétablissement de l’indépendance constitue une étape relativement récente de leur histoire étatique moderne. Comme l’a souligné le président Ilham Aliyev, si l’on met de côté leurs anciennes traditions étatiques, l’État moderne de la plupart des pays membres existe depuis environ 35 ans. L’Azerbaïdjan a rétabli son indépendance en 1991 ; le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan ont également retrouvé leur indépendance au cours de la même période.
Chacun de ces pays a rencontré des difficultés particulières sur son chemin de développement après l’indépendance. L’Azerbaïdjan, lui aussi, a traversé des épreuves complexes. Toutefois, comme l’a souligné le président dans son discours, cette période a été à la fois difficile et honorable ; après avoir surmonté les épreuves les plus complexes, ces pays se trouvent aujourd’hui dans une situation où ils ont laissé derrière eux une part importante des problèmes mondiaux auxquels ils étaient autrefois confrontés.
Cette expérience constitue un autre fondement de la solidarité politique au sein de l’OTS. L’importance de l’histoire étatique, de l’indépendance et de la préservation de la souveraineté nationale constitue un élément essentiel de la mémoire politique commune des États membres de l’organisation.
L’approche de l’Azerbaïdjan : sécurité et développement sont indissociables
La logique générale du discours du président Ilham Aliyev consacré à l’OTS met en évidence deux orientations complémentaires : la sécurité et le développement. Sans sécurité, il est impossible de créer un environnement durable pour le développement économique, l’investissement, les technologies et l’innovation. Dans le même temps, l’élargissement des opportunités économiques et le renforcement des connexions de transport et d’énergie sont des facteurs qui consolident la stabilité des États et des sociétés.
Pour cette raison, l’approche défendue par l’Azerbaïdjan dans le cadre de l’OTS repose non seulement sur un agenda politique et sécuritaire, mais également sur des composantes économiques et humanitaires. Le renforcement de la position internationale de l’organisation, la consolidation des corridors énergétiques et de transport, l’approfondissement des relations bilatérales, l’augmentation des investissements réciproques, le développement des liens entre les jeunes et le renforcement de la coordination face aux menaces idéologiques sont autant d’aspects d’une même vision stratégique.
L’accueil récent à Bakou de dirigeants religieux et de hauts responsables de la sécurité des pays de l’OTS constitue une manifestation concrète de cette approche. L’agenda de l’organisation s’élargit progressivement, les mécanismes intervenant dans différents domaines se complétant mutuellement. Comme l’a indiqué le secrétaire général de l’OTS, il existe actuellement 63 mécanismes et plateformes - allant de la politique étrangère à la culture - dans lesquels non seulement des réunions sont organisées, mais où des décisions concrètes sont adoptées et les tâches fixées par les dirigeants sont mises en œuvre.
Tâche prioritaire : transformer le potentiel en une force internationale de premier plan
L’OTS entre désormais dans une phase de développement plus complexe. Le potentiel de l’organisation - qui englobe les ressources politiques, économiques, géographiques, énergétiques, de transport et de capital humain - constitue une base solide pour lui permettre de jouer un rôle accru dans le système international. Toutefois, transformer ce potentiel en une puissance concrète nécessite une coordination, une confiance mutuelle et une coopération durable entre les États membres autour de projets concrets.
Dans ce processus, l’Azerbaïdjan ne se positionne pas simplement comme l’un des États membres, mais comme un pays qui prend des initiatives, organise le dialogue sous différents formats et joue un rôle de liaison essentiel entre les différentes parties de la région de l’OTS grâce à ses capacités énergétiques et de transport.
À cet égard, la position de l’Azerbaïdjan est claire : le développement des liens avec le monde turcique constitue une priorité majeure de sa politique étrangère, et l’OTS représente la plateforme institutionnelle multilatérale de cette politique. Le renforcement de l’organisation est considéré comme une orientation qui correspond non seulement aux intérêts nationaux de l’Azerbaïdjan, mais également aux intérêts communs de tous les États membres.
En définitive, l’avenir de l’OTS dépendra non seulement de l’histoire commune et des affinités culturelles de ses membres, mais également de la mesure dans laquelle cette proximité se traduira par des mécanismes modernes de gouvernance, une coopération économique, une sécurité énergétique, une connectivité des transports et des mécanismes de sécurité collective. L’approche avancée par l’Azerbaïdjan vise précisément à faciliter cette transition.
Le thème central du discours du président Ilham Aliyev est que les pays de l’OTS disposent d’intérêts communs sur un vaste espace géographique, d’un potentiel économique et énergétique considérable, de capacités de transport essentielles, d’une population jeune, de liens historiques et culturels ainsi que d’une volonté politique de coopérer. La coordination de ces ressources pourrait renforcer davantage la position internationale de l’organisation.
L’objectif à venir est clairement défini : transformer, grâce à des efforts communs, l’Organisation des États turciques en une institution internationale de premier plan. Le rôle de l’Azerbaïdjan dans ce processus repose sur la prise d’initiative, son rôle de partenaire fiable et la mise à disposition d’une plateforme pour la coopération régionale et internationale.
Les réunions successives organisées à Bakou, le format de sommet informel lancé à Choucha, les projets énergétiques et de transport, les relations bilatérales d’alliance, les fonds d’investissement et la coordination croissante dans le domaine de la sécurité montrent qu’un vaste socle institutionnel et pratique pour atteindre cet objectif a déjà été établi.
Par Alish Abdulla