DANS LE CONTEXTE DE LA GUERRE RUSSO-UKRAINIENNE, L’OLÉODUC B.T.C. EST DEVENU UNE ALTERNATIVE POUR L’EXPORTATION DU PÉTROLE KAZAKH.

Analyses
11 Août 2026 18:51
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DANS LE CONTEXTE DE LA GUERRE RUSSO-UKRAINIENNE, L’OLÉODUC B.T.C. EST DEVENU UNE ALTERNATIVE POUR L’EXPORTATION DU PÉTROLE KAZAKH.

La compagnie nationale kazakhe de pétrole et de gaz KazMunayGas (KMG) cherche à augmenter considérablement les exportations de pétrole par l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) en 2026, avec pour objectif d’atteindre des volumes environ 31 % supérieurs au niveau actuel. C’est ce qu’a annoncé le président de KMG, Askhat Khassenov. L’objectif est de porter les exportations à environ 1,7 million de tonnes de pétrole. La fourchette cible plus large pour les volumes de transport en 2026 va jusqu’à 2,2 millions de tonnes, tandis que le chiffre de 1,7 million de tonnes représente un objectif moyen ambitieux. L’augmentation du transport de pétrole kazakh via le BTC est soutenue par un accord de transit de cinq ans récemment signé avec SOCAR, qui fixe un volume minimal de livraisons de 1,5 million de tonnes par an.

KazMunayGas (KMG) cherche à augmenter considérablement les exportations de pétrole par l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) en 2026

Il convient de souligner que, dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne qui se poursuit, l’oléoduc BTC est devenu une alternative importante pour l’exportation du pétrole kazakh. En particulier, après les récentes attaques ukrainiennes contre des pétroliers de la « flotte fantôme » russe et contre le terminal de Novorossiïsk, en mer Noire, de graves problèmes sont apparus sur la principale voie d’exportation du pétrole kazakh. Le Caspian Pipeline Consortium (CPC), qui transporte le pétrole kazakh à travers le territoire russe, suspend périodiquement les exportations de brut en raison de ces attaques. Lorsque le consortium a récemment suspendu les exportations de pétrole kazakh pour des raisons de sécurité, la production pétrolière du Kazakhstan a fortement diminué, notamment de plus de la moitié sur le grand gisement de Tengiz, situé dans la région caspienne.

La chute brutale de la production immédiatement après l’apparition de problèmes d’exportation s’explique par l’absence au Kazakhstan de grandes capacités de stockage de pétrole. Le président Kassym-Jomart Tokaïev a toutefois chargé le gouvernement et la société KazMunayGas de travailler à la construction de grands réservoirs de stockage pétrolier.

La perturbation des exportations de pétrole a incontestablement des effets négatifs sur les recettes du budget kazakh et sur les indicateurs macroéconomiques. Depuis plusieurs années déjà, Astana cherche donc à diversifier ses voies d’exportation de brut. Hormis l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, aucune véritable alternative n’a jusqu’à présent pu être trouvée. Mais cette solution présente elle aussi certaines difficultés. Pour acheminer de gros volumes de pétrole kazakh jusqu’au terminal de Sangatchal, il faut disposer d’un plus grand nombre de pétroliers capables de naviguer sur la mer Caspienne.

D’autre part, le pétrole kazakh de qualité CPC est de qualité inférieure au pétrole azéri Azeri Light. Le mélange de ces deux qualités de pétrole dans l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan pourrait donc potentiellement avoir un effet négatif sur le prix du pétrole azéri au terminal de Ceyhan. Ainsi, les possibilités d’augmenter fortement les exportations de pétrole kazakh par la voie azérie restent limitées.

On sait que les volumes de pétrole kazakh acheminés par le BTC ont historiquement fluctué en raison des limitations liées à la disponibilité des pétroliers en mer Caspienne et des problèmes de compatibilité de qualité avec le mélange de pétrole déjà transporté par l’oléoduc. Le transport du brut par pétroliers à travers la mer Caspienne entraîne également une hausse des coûts.

Cependant, ces dernières années, les parties concernées ont tenté de trouver des solutions pour accroître le transit de pétrole via l’Azerbaïdjan, et le BTC devient progressivement l’une des voies d’exportation alternatives du pétrole kazakh.

Les experts soulignent que l’augmentation des volumes transportés de 1,3 million à 1,7 million de tonnes, sans même parler de l’objectif maximal de 2,2 millions de tonnes, nécessitera une coordination étroite entre KMG, SOCAR et les opérateurs de la flotte de pétroliers.

Le président de KazMunayGas, Askhat Khassenov, a indiqué qu’à l’heure actuelle, aucune alternative au Caspian Pipeline Consortium n’existe en termes de capacité, mais que la recherche de solutions se poursuit. L’une des principales options de diversification des exportations de pétrole kazakh est précisément l’oléoduc BTC.

Parmi les mesures destinées à diversifier les itinéraires, il a cité l’extension de certains tronçons de l’oléoduc Kazakhstan-Chine. Le président de KMG a rappelé qu’une étude de faisabilité technico-économique du projet d’extension est actuellement élaborée conjointement avec les partenaires chinois.

« Un autre itinéraire important est également Atyraou-Aktaou, puis, via l’Azerbaïdjan, une étude de faisabilité est en cours », a-t-il ajouté.

Il convient de noter qu’actuellement, plus de 80 % du pétrole kazakh est transporté vers le terminal de Novorossiïsk par un oléoduc traversant le territoire russe. À la fin de 2025, 64,8 millions de tonnes de pétrole y avaient été exportées, sur un volume total d’exportations de 78,7 millions de tonnes.

La seule option permettant de supprimer la dépendance du Kazakhstan à l’égard de la Russie pour ses exportations de pétrole pourrait être la construction d’un oléoduc transcaspien. Ce projet est discuté depuis plusieurs décennies, mais sa réalisation semble pour l’instant irréaliste en raison de la situation géopolitique dans la région. Certains experts et lobbyistes occidentaux du secteur pétrolier et gazier estiment toutefois que l’affaiblissement de la position de la Russie dans la région et les événements entourant l’Iran ont accru les chances de voir ce projet se concrétiser.

Par F. Mamedov