Selon l’agence Kazinform, la société prévoit de lancer ces importations d’ici à la fin de l’année, dans un contexte marqué par la volonté de Tokyo de réduire sa dépendance à un nombre limité de fournisseurs.
La filiale Mitsubishi Corporation RtM Japan Ltd. a conclu en décembre un accord avec l’entreprise kazakhe « Aluminium du Kazakhstan » portant sur l’achat, à partir de 2026, d’environ 15 tonnes de gallium par an, sur plusieurs années. D’après l’agence Kyodo, il s’agit du premier contrat d’importation de ce métal pour Mitsubishi. La production kazakhe doit débuter au troisième trimestre de cette année, l’intégralité du volume étant destinée au marché japonais.
La signature de ce contrat s’est inscrite dans un cadre diplomatique plus large : elle a eu lieu lors de la visite officielle du président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, au Japon en décembre dernier, soulignant l’importance stratégique que les deux pays accordent à cette coopération industrielle.
Métal rare mais essentiel, le gallium est au cœur de nombreuses technologies de pointe. Il est utilisé dans les semi-conducteurs de puissance, indispensables aux véhicules électriques, ainsi que dans les diodes électroluminescentes (LED) intégrées aux écrans à cristaux liquides. Il est généralement obtenu comme sous-produit de la production d’aluminium.
La dépendance japonaise vis-à-vis de la Chine, premier producteur mondial de gallium, constitue un enjeu central de cette diversification. Selon l’Organisation japonaise pour la sécurité des métaux et de l’énergie, soutenue par l’État, le Japon a importé 96,5 tonnes de gallium en 2021, dont 55 tonnes – soit 57 % – provenaient de Chine. Or Pékin a renforcé, depuis 2023, son contrôle sur les exportations de ce métal, compliquant l’accès à des approvisionnements stables pour le Japon et d’autres économies industrielles.
Mitsubishi insiste toutefois sur le caractère pragmatique de sa démarche. « Il n’y a aucune intention de rompre les liens économiques avec la Chine », a déclaré un porte-parole du groupe, soulignant que ce projet s’inscrit simplement dans une stratégie visant à « développer de nouveaux fournisseurs ». Une formulation qui reflète l’équilibre délicat recherché par les entreprises japonaises : sécuriser des ressources critiques sans provoquer de rupture géopolitique majeure.
Avec cet accord, le Kazakhstan fait son entrée sur un marché hautement stratégique, tandis que le Japon renforce sa résilience industrielle. Un partenariat discret mais révélateur des recompositions en cours dans la géographie mondiale des métaux critiques.