Bakou, 28 avril 2020 (par Nazrin Mammadova, correspondante de lagazetteaz.fr / contribution photographique : Khalid Kerimov)
À environ 250 km au sud de Bakou, ville portuaire sur les rivages de la mer Caspienne, à proximité de la frontière iranienne, Lankaran est connue pour être la ‟Perle du Sud” de l’Azerbaïdjan. Une situation géographique favorable, l’abondance de rivières, des terres fertiles et des ressources naturelles ont largement contribué au développement de la ville et, plus largement, de la région, comme centre agricole, artisanal et industriel d’importance pour le pays. Avec son riche patrimoine culturel et sa localisation en zone subtropicale, Lankaran s’avère être une agréable station balnéaire un centre touristique réputé.
Certains racontent que le nom de la ville de Lankaran (ou Lenkoran) vient du mot azerbaïdjanais ‟lengerkunan”, qui signifie ‟mouillage” ou tout simplement ‟port ”. Mythe ou réalité ? D’autres en ont une toute autre version… Mais une chose est certaine, la ville est très ancienne. Même s’il est difficile de dater sa fondation, les fouilles effectuées sur son territoire confirment la présence de colonies humaines à l’âge de bronze (3 000 à 2 000 ans avant J.C.), et avec plus de certitude, on peut estimer que la ville fut fondée au cours du Xe siècle avant J.C.
Lankaran a fait partie de l’ancien État de Transcaucasie orientale, également connu sous l’appellation Albanie du Caucase ou encore Aghbanie (fin du IVe siècle avant J.C. au Xe siècle), et, après de nombreuses périodes d’allégeances, en 1743, elle est devenue capitale du Khanat Talyche. Au début du XIXe siècle, conquise par l’armée russe, Lankaran a pris une nouvelle dimension. En pleine période de révolution industrielle, les manufacture de briques et de tuiles, les raffineries de sucre (à parti de cannes à sucre cultivées localement) ou encore les conserveries de poisson ont largement contribué au développement de la cité. Par ailleurs, le secteur agricole s’est aussi considérablement épanoui, notamment pour l’élevage, la pêche, la sériciculture, l’apiculture ou encore la chasse. Et grâce au maillage particulièrement dense de rivières, un réseau d’irrigation très performant et la construction du vaste réservoir d’eau de Khanboulan, le maraîchage, la culture d’agrumes et de thé se sont répandus sur les terres environnantes. Mais Lankaran se révèle être aussi un grand centre artisanal régional, où ce sont développés, au fil des siècles, les métiers relatifs à la fabrication d’objets en cuivre, à la poterie, au tissage de tapis, etc.
Les attractions touristiques dans la zone de Lankaran sont multiples, comme la forteresse de Lankaran (XVIIIe siècle) et la mosquée Kitchik-Bazar (XIXe siècle) qui méritent une attention toute particulière. Sans compter le symbole de la ville, le phare de Lankaran (XVIIIe siècle) qui, étrangement, est assez éloigné de la mer ; un tunnel souterrain le relie à la Tour Zindan (élément de la forteresse) qui, jusqu’au début du XXe siècle, était utilisé comme prison. La légende dit que Staline, alors jeune révolutionnaire, y aurait séjourné et se serait échappé par le tunnel… Et pour s’imprégner de l’atmosphère si particulière de Lankaran, rien ne vaut une belle balade dans le vieux bazar et parmi les nombreuses bâtisses historiques (du VIIIe au XIXe siècle) qui jonchent la ville.
Et le territoire de la région de Lankaran n’est pas dénué d’intérêt, notamment pour ses réserves naturelles… Le parc national d’Hirkan, à la frontière iranienne, s’étend sur plus de 21 000 hectares. Montagneux et recouvert à plus de 90 % de forêts de feuillus, on y trouve aussi bien des chênes, que des châtaigniers, des plaqueminiers ou encore une variété d’arbre de fer, qui fourni un bois si précieux. Doté d’une flore exceptionnelle, le Parc abrite bon nombre d’espèces animales, de la loutre au loup en passant par une foultitude d’oiseaux, le roi d’Hirkan reste le superbe léopard perse… La réserve de Gizil-Agach, quant à elle, se situe au nord de Lankaran. Créée dès 1929, elle fut la toute première réserve écologique du pays. Milieu naturel maritime et marécageux qui s’étend sur près de 10 700 hectares, c’est l’une des réserves ornithologique les plus importante. Zone de passage pour les migrateurs, elle est également un habitat d’exception pour de nombreux oiseaux comme les faisans, les perdrix, les cygne ou encore les aigles blancs, qui côtoient quelque 270 autres espèces…
Lankaran, c’est aussi un lieu de villégiature estivale pour de nombreux vacanciers qui aiment à flâner sur les longues plages de sables noirs qui bordent les eaux cristallines de la mer Caspienne… Dans les terres, les estivants peuvent profiter des forêts et des sources chaudes ‟Isti-su”, dont la qualité des vertus médicinales n’est plus à démontrée. Et aujourd’hui, Lankaran est une grande ville aux infrastructures modernes, dont l’aéroport est maintenant ouvert à l’international (liaisons avec la Russie)… Avec ses nombreuses résidences de vacances et hôtels, ses centres commerciaux, ses musées, ses centres d’exposition, ses bibliothèques et son théâtre, Lankaran offre un cadre de vie très agréable.
Venir à Lankaran :
De la gare routière internationale de Bakou de nombreuses liaisons quotidiennes sont disponibles. Il faut compter 4h00 pour couvrir les quelque 250 km, pour un tarif de l’ordre de 4 euros.
À partir de la gare ferroviaire centrale de Bakou, le train, quant à lui, mettra plus de sept heures à rejoindre Lankaran, pour un tarif de 3 à 8 euros.
Pour les plus pressés, il est possible de rejoindre Lankaran en taxi. Depuis Bakou, la course coûte entre 65 et 85 euros !