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L’AZERBAÏDJAN REJETTE LES ALLÉGATIONS "DÉNUÉES DE FONDEMENT" DE L'ARMÉNIE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES, SAISI PAR LA FRANCE

16 Septembre 2022 13:05 (UTC+01:00)
L’AZERBAÏDJAN REJETTE LES ALLÉGATIONS "DÉNUÉES DE FONDEMENT" DE L'ARMÉNIE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES, SAISI PAR LA FRANCE
L’AZERBAÏDJAN REJETTE LES ALLÉGATIONS "DÉNUÉES DE FONDEMENT" DE L'ARMÉNIE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES, SAISI PAR LA FRANCE

Paris / La Gazette

À la demande de la France, qui préside ce mois-ci ses travaux, le Conseil de sécurité s’est réuni ce matin pour examiner les incidents meurtriers survenus il y a trois jours entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les plus violents depuis la signature, le 9 novembre 2020, d’un accord de cessez-le-feu sur la région du Karabakh.

Selon le Sous-Secrétaire général pour l’Europe, l’Asie centrale et les Amériques au Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix, M. Miroslav Jenča, des affrontements meurtriers ont eu lieu le 12 septembre le long de la frontière commune entre les deux anciennes républiques soviétiques, avant l’annonce d’un cessez-le-feu conclu le 14.

L’Arménie a fait état de 105 combattants tués, l’Azerbaïdjan de 71 soldats tués et 2 civils blessés, a précisé M. Jenča. Alors que l’Arménie a évoqué une « attaque délibérée », l’Azerbaïdjan a rétorqué qu’il s’agissait de représailles aux « actes de guerre » arménienns. Les deux pays ont dénoncé auprès du Secrétaire général et du Conseil de sécurité des violations du cessez-le-feu négocié par la Russie en 2020 après un conflit de 44 jours, et de leur intégrité territoriale respective, des allégations que l’ONU n’est pas en mesure de vérifier, a ajouté M. Jenča.

Les combats de cette semaine, « les plus importants d’une série d’incidents survenus depuis 2020 », révèlent que le processus de normalisation des relations entre les deux pays continue de se heurter à de sérieux obstacles, a reconnu le Sous-Secrétaire général. Cette escalade souligne l’urgente nécessité pour eux de faire progresser le processus en cours de délimitation et démarcation de leur frontière commune, a-t-il ajouté en exhortant les parties à s’appuyer sur cet important mécanisme, qui constitue une étape essentielle vers l’atténuation des tensions, susceptibles de déstabiliser la région.

À la suite du Sous-Secrétaire général, tous les membres du Conseil ont convenu que seul un règlement politique et négocié de la crise est envisageable et se sont félicités de la cessation des hostilités conclue hier.

Le Sous-Secrétaire général a exhorté les parties à prendre des mesures en faveur de la signature d’un traité de paix durable, plaidant aussi pour que le Conseil de sécurité présente un front uni sur ce dossier, afin que l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sentent encouragés à privilégier une solution diplomatique.

Après les interventions des membres du Conseil, le représentant de l’Azerbaïdjan auprès de l'ONU, Yashar Aliyev, a pris la parole.

L’Azerbaïdjan a rejeté les allégations « dénuées de fondement » de l’Arménie, à l’origine selon lui de la récente escalade, « fomentée » pour « torpiller » les différents accords signés, « avec l’aide de certains membres de ce Conseil ». Il est ironique de voir l’Arménie, qui a occupé des territoires azerbaïdjanais pendant 30 ans et pratiqué le nettoyage ethnique, se réclamer aujourd’hui de principes qu’elle ne cesse de violer et faire appel à ce Conseil alors qu’elle n’en applique pas les résolutions, a déclaré le représentant de ce pays.

M. Aliyev a souligné la gravité de la récente escalade, fomentée par l’Arménie pour torpiller les différents accords signés avec l’aide notamment de membres de ce Conseil. Pour lui, l’Arménie entend toujours se soustraire à l’application des accords signés. Il a rejeté les allégations du délégué arménien comme étant dénuées de tout fondement, affirmant que « l’Arménie ne respecte pas ses obligations internationales ». Il est ironique de voir que ce pays, qui a agressé l’Azerbaïdjan, occupé des territoires pendant 30 ans et pratiqué le nettoyage ethnique, se réclame aujourd’hui de principes qu’elle ne cesse de violer et fait appel à ce Conseil alors qu’elle n’en applique pas les résolutions, a asséné le représentant de l’Azerbaïdjan.

M. Aliyev a précisé que c’est cette occupation arménienne de 30 ans qui a empêché la démarcation de la frontière entre les deux pays. L’Arménie est coupable de violations du droit international, a-t-il répété, en dénonçant les revendications territoriales de l’Arménie. Le Représentant est revenu ensuite sur « la provocation militaire arménienne » qui a eu lieu dans la nuit du 12 au 13 septembre. Les mesures prises par mon pays pour répondre à ladite provocation ont été limitées et ciblées et aucune victime civile n’a été à déplorer, contrairement à ce qu’affirme l’Arménie, a-t-il assuré. Il a noté que l’Arménie avait placé ses forces dans des zones densément peuplées le long de la frontière, en violation du droit international, avant de souligner la retenue des forces azerbaïdjanaises, qui ont ciblé les seules installations militaires arméniennes. Les soldats arméniens capturés sont traités dans le respect du droit international humanitaire, a-t-il ajouté.

Nous espérons que le bon sens l’emportera et que les tentatives militaires irresponsables de l’Arménie cesseront, a poursuivi le représentant. Il a dénoncé l’utilisation aveugle de mines par l’Arménie, laquelle fait peser une grave menace sur les civils azerbaïdjanais, avant de détailler les efforts de reconstruction menés dans les territoires précédemment occupés. « Nous ne voulons pas d’activités militaires dans ces zones car elles menacent les efforts de reconstruction et de réhabilitation », a conclu le représentant, en mettant en garde contre de nouvelles actes de guerre arméniens.

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