Dans un contexte mondial qu’il a qualifié de plus en plus instable, Emmanuel Macron a dressé un tableau préoccupant de la situation internationale, évoquant la montée des régimes autocratiques, la banalisation des conflits armés – plus de 60 guerres recensées en 2024 – et l’érosion du droit international. Selon lui, le monde glisse dangereusement vers un ordre fondé sur la loi du plus fort, où les ambitions impériales refont surface, notamment à travers la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et les conflits persistants au Moyen-Orient et en Afrique.
Face à l’affaiblissement du multilatéralisme et des institutions internationales, le chef de l’État français a mis en garde contre une concurrence économique exacerbée, notamment de la part des États-Unis et de la Chine. Il a dénoncé les pratiques commerciales agressives, les surcapacités industrielles et l’utilisation croissante des barrières commerciales comme outils de pression géopolitique.
Pour Emmanuel Macron, la réponse à ces défis ne peut être ni la soumission à la loi du plus fort, ni une posture morale sans effets concrets. Il a plaidé pour une double stratégie : davantage de souveraineté et d’autonomie pour l’Europe, combinées à un multilatéralisme efficace, capable de produire des résultats concrets par la coopération.
Dans ce cadre, la France, qui assure la présidence du G7 en 2026, entend redonner à ce forum un rôle central de dialogue franc entre les grandes économies mondiales. L’objectif affiché est de s’attaquer aux déséquilibres économiques globaux, qu’Emmanuel Macron attribue notamment à la surconsommation américaine, au sous-investissement européen et au modèle chinois fondé sur le surinvestissement et les excédents de capacités.
S’agissant de l’Europe, le président français a insisté sur la nécessité de répondre à la perte de compétitivité et à la faible croissance par une stratégie articulée autour de trois piliers : la protection, la simplification et l’investissement. Il a défendu le principe de la « préférence européenne », estimant que l’Union doit mieux protéger ses industries et ses marchés face à des concurrents qui ne respectent pas des conditions de concurrence équitables. Il a également appelé à un usage plus ferme des instruments de défense commerciale de l’UE, notamment le mécanisme anti-coercition.
La simplification réglementaire constitue, selon lui, un autre levier essentiel pour renforcer la compétitivité européenne, en particulier dans des secteurs clés comme l’automobile, la chimie, le numérique, l’intelligence artificielle et la finance. Emmanuel Macron a aussi souligné l’importance d’approfondir le marché unique afin qu’il devienne un véritable marché domestique pour les entreprises européennes.
Enfin, le président a mis l’accent sur l’investissement et l’innovation, estimant que l’écart de richesse entre l’Europe et les États-Unis s’explique en grande partie par un déficit d’investissement dans l’innovation. Il a appelé à un effort massif dans des domaines stratégiques tels que l’IA, les technologies quantiques, les technologies propres, ainsi que la défense et la sécurité, tout en plaidant pour une meilleure mobilisation de l’épargne européenne au service de l’économie réelle.
En conclusion, Emmanuel Macron a souligné les atouts de l’Europe et de la France : une électricité bas carbone compétitive, des infrastructures de qualité, un marché puissant et un cadre fondé sur l’État de droit et la prévisibilité. Il a affirmé que l’Europe demeure un espace attractif pour investir aujourd’hui comme demain, réaffirmant l’engagement de la France à œuvrer pour une croissance durable, la stabilité internationale et le respect du droit face aux logiques de brutalité.