LE MINISTRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES SE REND EN ARABIE SAOUDITE SUR FOND DE DÉGEL DIPLOMATIQUE

Actualités
19 Août 2023 22:01
394
LE MINISTRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES SE REND EN ARABIE SAOUDITE SUR FOND DE DÉGEL DIPLOMATIQUE

« Les relations entre Téhéran et l'Arabie saoudite sont sur la bonne voie et nous constatons des progrès », s'est réjoui Hossein Amir-Abdollahian lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue saoudien, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, jeudi, ajoutant que « les discussions ont été fructueuses ».

Sa visite dans le royaume intervient quelques mois après que le prince Faisal a rencontré des responsables iraniens à Téhéran, en juin, lors de son premier voyage dans le pays après l'accord conclu en mars entre les deux rivaux régionaux, sous l'égide de la Chine, en vue de rétablir les liens.

Dans le cadre de cet accord, Téhéran et Riyad ont accepté de mettre fin à une rupture diplomatique et de rétablir leurs relations après des années d'hostilité qui ont mis en péril la stabilité régionale dans le Golfe, ainsi qu'au Yémen, en Syrie et au Liban.

L'Arabie saoudite a rompu ses liens avec l'Iran en 2016 après que des manifestants ont attaqué son ambassade à Téhéran à la suite de l'exécution par Riyad d'un éminent religieux chiite, Nimr al-Nimr.

« Nous avons eu de bonnes discussions sur un large éventail de questions au cours de nos réunions aujourd'hui », a expliqué M. Amir-Abdollahian.

La réunion de jeudi dans la salle de la Solidarité islamique du ministère saoudien des Affaires étrangères « sera un prélude à la rencontre des chefs d'État des deux pays », a-t-il déclaré.

Le prince Faisal a fait savoir que l'Arabie saoudite espérait voir le président iranien Ebrahim Raïssi se rendre dans le royaume à la suite d'une invitation du roi Salman bin Abdulaziz Al Saud, qu'il avait communiquée lors de la visite de juin. M. Raïssi a fait remarquer qu'il se rendrait en Arabie saoudite au « moment opportun ».

Le prince Faisal a insisté que le royaume était désireux de suivre tous les principaux points de l'accord négocié par la Chine, tant sur le plan économique que politique.

En juin, l'Iran a officiellement rouvert son ambassade en Arabie saoudite et les médias d'État iraniens ont rapporté au début du mois que l'ambassade du royaume à Téhéran avait repris ses activités.

Le nouvel ambassadeur iranien, Alireza Enayati, s'est rendu à Riyad avec M. Amir-Abdollahian jeudi.

« Nous nous réjouissons d'entamer une nouvelle phase de nos relations, fondées sur notre fraternité islamique, et d'œuvrer en faveur d'intérêts communs », a clamé le prince Faisal, ajoutant qu'il se félicitait du soutien apporté par l'Iran à la candidature de Riyad pour l'organisation de l'Expo 2030.

Le prince Faisal a également confirmé que l'ambassade saoudienne à Téhéran avait repris ses activités, ce qu'il a décrit comme « une nouvelle étape dans le développement des relations entre les deux pays ».

L'Iran et l'Arabie saoudite soutiennent depuis des années des camps opposés dans des zones de conflit au Moyen-Orient, notamment au Yémen, où Riyad a mobilisé en 2015 une coalition internationale contre les rebelles houthis soutenus par l'Iran, qui avaient renversé l'année précédente le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Depuis l'accord de mars, l'Arabie saoudite a intensifié ses efforts en faveur de la paix au Yémen, en organisant des pourparlers directs avec les dirigeants houthis en avril dans la capitale yéménite, Sanaa.

Elle a également défendu le retour de la Syrie, allié clé de l'Iran, au sein du monde arabe lors d'un sommet qui s'est tenu en mai.

Mercredi, les médias d'État iraniens ont déclaré que des responsables militaires iraniens et saoudiens s'étaient rencontrés à Moscou en marge d'une conférence sur la sécurité.

Parallèlement, les deux parties ont échangé des déclarations contradictoires au sujet d'un champ gazier contesté que l'Arabie saoudite envisage de développer conjointement avec le Koweït.

L'Iran souhaite également explorer et exploiter ce champ, connu sous le nom d'Arash en Iran et de Dorra au Koweït et en Arabie saoudite, qui est depuis longtemps un sujet de discorde entre les trois pays.