En novembre 2011, la Ligue arabe (18 membres sur 22) suspend ses réunions avec la Syrie qui refuse de mettre fin à sa violente répression d’un soulèvement populaire entamé en mars 2011. L’organisation panarabe impose des sanctions économiques, notamment un gel des transactions commerciales et la fin des liaisons aériennes. Ce camouflet est salué par les pays occidentaux et la Turquie, mais critiqué par la Russie, l’Iran, l’Irak et le Liban.
Plus d’une décennie plus tard, les dialogues de la Syrie avec les Emirats Arabes Unis, la Turquie et l’Arabie saoudite se sont accélérés menant à la réintégration du pays au sein de la Ligue arabe ce dimanche.
Dès la fin 2018, les Emirats arabes unis rouvrent leur ambassade à Damas. En retour, en mars 2022, Bachar al-Assad réserve aux Emirats sa première visite dans un pays arabe depuis la guerre. Fin décembre de la même année, les ministres turc et syrien de la Défense s’entretiennent lors d’une réunion tripartite à Moscou. Il s’agit de la première rencontre officielle à ce niveau entre Ankara et Damas depuis la guerre, au grand dam des Kurdes du nord de la Syrie et de leur allié à Washington.
Le séisme du 6 février 2023, qui a dévasté des régions de Turquie et de Syrie, est un autre déclencheur permettant au président syrien, Bachar al-Assad, de reprendre des contacts avec des pays arabes qui lui acheminent de l’aide humanitaire. Un mois plus tard, le ministre syrien des Affaires étrangères effectue une visite surprise en Arabie saoudite, une première depuis le début de la guerre en Syrie. Ryad accueillit, le 14 avril, une réunion de neuf pays arabes sur la Syrie, qui s’inscrit aussi dans une volonté d’apaisement avec l’Iran, un soutien syrien. En mars, l’Arabie saoudite et l’Iran ont conclu un accord en vue d’une reprise de leurs relations. Le royaume tente en effet de sortir de la guerre civile au Yémen, dans laquelle les deux pays sont impliqués.
De son côté, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a appellé son homologue syrien. Il s’agit là d’une conversation inédite en douze ans entre les deux hommes, même si les relations n’avaient jamais été totalement rompues. Fin février, le chef de la diplomatie égyptienne est dépêché à Damas pour une visite « humanitaire ».
En recevant à nouveau Bachar al-Assad en mars 2023, MBZ juge qu’il est temps pour Damas de retrouver son siège dans le giron arabe. Depuis, une décision unanime prévoit la réintégration immédiate de la Syrie au sein l'organisation panarabe.