Ce gain de 28 % aurait été bien plus élevé si l'on n'avait pas tenu compte des charges de près de 15 milliards de dollars liées à son retrait du marché russe, les bénéfices ajustés excluant ces éléments exceptionnels atteignant 36,2 milliards de dollars.
Néanmoins, la flambée des prix du pétrole et du gaz naturel à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et aux sanctions occidentales a donné un coup de fouet à TotalEnergies, comme à ses rivaux.
Ces bénéfices massifs ont relancé le débat sur la taxation des gains exceptionnels afin de financer des mesures visant à protéger les consommateurs contre l'inflation galopante, y compris la flambée des prix de l'énergie.
La forte présence de TotalEnergies sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) a également été utile, car les pays européens ont cherché à s'approvisionner dans des pays plus lointains après que la Russie a coupé les approvisionnements par gazoduc.
En 2022, « la compagnie a pleinement tiré partie de son portefeuille GNL global », et enregistré une hausse de 15% de ses ventes, s’est félicité le PDG Patrick Pouyanné dans un communiqué.
TotalEnergies a enregistré un bond de 22 % de ses ventes de GNL au cours des trois derniers mois de l'année dernière par rapport à la même période en 2021. Cela a contribué à une augmentation de 11 % des bénéfices ajustés globaux pour le trimestre à 7,6 milliards de dollars, bien que les charges liées à la Russie aient réduit ce montant à 3,3 milliards de dollars sur une base nette.
La société a augmenté les paiements de dividendes finaux pour 2022, et a déclaré qu'elle pourrait augmenter encore plus les retours aux actionnaires cette année.
Au sein de la population française, ces bénéfices démesurés passent mal au moment où on lui demande de faire des sacrifices, où les prix de l'énergie flambent. Le fait que ces bénéfices ont été réalisés en profitant de la pénurie d'énergie et de la guerre en Ukraine, et l'annonce de M. Pouyanné qu'une grande partie de ce bénéfice sera redistribué aux actionnaires n'arrange pas les choses. Par ailleurs, l'entreprise n'a pas respecté sa promesse d'investir massivement dans les énergies alternatives. Les portes du siège social ont été maculées de rouge par des manifestants écologistes. Après la crise de la réforme des retraites, voilà un nouveau motif de grogne des Français dont Emmanuel Macron se serait bien passé.