Malgré plusieurs jugements qui ont refusé les demandes du du Ministre de l’Intérieur français de rendre l’imam à la France, la Belgique a finalement accédé à l’insistance des autorités françaises.
Nicole de Moor, la secrétaire d’Etat belge à l’asile et la migration, a en effet évoqué « la bonne coopération » avec la France. « Nous ne pouvons pas permettre à un extrémiste de se promener sur notre territoire. Toute personne qui n’a pas le droit d’être ici doit être renvoyée » a expliqué Mme de Moor. Une volte-face d’autant plus étonnante qu’aucun jugement n’a encore été prononcé sur le fond. Il n’est donc pas impossible que les charges relatives à « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination, porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République », selon les propres termes de Gérald Darmanin, soient rejetées. Auquel cas, l’imam aurait la possibilité de revenir en France et de recevoir une carte de séjour.
En attendant, M. Darmanin s’enorgueillit d’une « une grande victoire contre le séparatisme »,
Mais l’affaire, ainsi que l’a déclaré Me Lucie Simon, l’avocate de l’imam franco-marocain, est loin d’être terminée. Le tribunal administratif de Paris doit encore juger sur le fond et, dans ce cas, « si l’arrêté d’expulsion [français] était annulé, la France devra assurer son retour ».
« Pour lui c'est un véritable déracinement. » ajoute-t-elle, « On est pas sur le cas d'un étranger qui retournerait dans son pays d'origine. On est dans le cas d'un exil, c'est-à-dire qu'il se sent comme condamné à quitter son pays d'origine", développe l'avocate, qui rappelle que "c'est quelqu'un qui est né en France, dont toute la famille est française, et qui du jour au lendemain, sur fond de décision éminemment politique et médiatique, va devoir absolument tout quitter".
Affaire à suivre, donc.
L’IMAM IQUIOUSSEN EXPLUSÉ DE BELGIQUE