Environ 80 000 migrants sont entrés à la fin du mois de juillet à Ceuta, lors de l’afflux massif de migrants clandestins dans cette ville autonome espagnole. C’est ce qu’a rapporté l’agence EFE, citant le ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres.
Auparavant, les autorités du royaume avaient fait état de 72 000 migrants arrivés à Ceuta, dont environ 70 000 étaient retournés au Maroc.
Les autorités marocaines comptent demander à l’Espagne le rapatriement des migrants mineurs.
Rabat entend demander à Madrid le rapatriement des mineurs ayant franchi illégalement la frontière avec la ville autonome de Ceuta, sur la côte africaine de la Méditerranée. Le Maroc tient également les autorités espagnoles pour responsables du sort des adolescents marocains présents à Ceuta. C’est ce qu’a déclaré le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
« Les autorités marocaines demanderont le retour de leurs enfants, aussi bien par des moyens juridiques que par la voie politique », a indiqué le ministre, dont les propos ont été rapportés par le portail d’information Hespress. Ouahbi a souligné que, selon lui, « la partie espagnole est responsable du sort de ces mineurs et de leur séparation d’avec leurs familles et leur patrie ».
Le ministre de la Justice a ajouté que Rabat « reste attaché au rapatriement de tous les enfants et mineurs marocains présents en Espagne, y compris ceux qui sont récemment arrivés à Ceuta ou dans d’autres centres ».
Quelque temps auparavant, Ouahbi avait indiqué que des consultations étaient en cours entre le Maroc et l’Espagne afin de « résoudre la crise à Ceuta et de protéger les migrants mineurs qui se sont retrouvés dans la ville sans accompagnement d’adultes ».
Selon le ministre, les négociations portent notamment sur « la mise en place de mécanismes permettant de vérifier l’identité des adolescents et de les réunir avec leurs familles », ainsi que sur le renforcement de la coordination dans la lutte contre les réseaux criminels de traite des êtres humains qui exploitent les mineurs cherchant à se rendre en Europe.
Des milliers d’habitants de Ceuta ont participé à une manifestation pour demander aux autorités de réagir à la situation difficile qui s’est installée dans cette ville autonome après l’afflux massif de migrants. C’est ce qu’a rapporté l’agence EFE.
Selon l’agence, la manifestation s’est déroulée dans la soirée du 9 août, sur l’une des places de la ville, sous le slogan : « Ça suffit. Ceuta ne se rend pas ! »
D’après les organisateurs, environ 10 000 personnes ont participé au rassemblement, tandis que la police a estimé leur nombre à environ 5 000. Le président du gouvernement de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a également pris part à la manifestation.
Les participants ont notamment scandé des slogans réclamant la démission du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
Dans le manifeste lu pendant le rassemblement, il était notamment affirmé : « Ceuta ne peut pas faire face seule à une situation qui dépasse largement ses capacités et qui concerne l’ensemble de l’Espagne et de l’Europe. »
À la fin du mois de juillet, des dizaines de milliers de migrants clandestins ont réussi à atteindre la ville autonome espagnole, certains à la nage et d’autres à pied en contournant la digue qui sépare la ville du Maroc.
Face à cette crise, Madrid a décidé de mobiliser des militaires afin d’aider à assurer la sécurité dans la ville.
Selon les chiffres avancés par le gouvernement espagnol, environ 72 000 migrants sont entrés à Ceuta, dont quelque 70 000 seraient déjà retournés au Maroc.