Le marché pétrolier est passé en un temps record des craintes de pénurie à la peur d'un excédent mondial, après que l'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran a ouvert la voie à une reprise des exportations à grande échelle. C'est ce qu'indique l'agence Bloomberg.
Les contrats à terme sur le Brent ont déjà effacé l'ensemble des gains enregistrés pendant le conflit et s'échangent désormais autour de 70 dollars le baril. Dans le même temps, le marché physique du pétrole envoie les signaux les plus faibles depuis l'effondrement de la demande provoqué par la pandémie de Covid-19.
Il y a moins de trois mois encore, la principale référence mondiale du marché physique du pétrole atteignait un niveau historique, tandis que les dirigeants du secteur mettaient en garde contre des stocks dangereusement bas. Depuis, la réouverture du détroit d'Ormouz et le retour sur le marché des volumes de brut restés bloqués ont profondément modifié l'équilibre entre l'offre et la demande.
Quelques semaines après la signature du mémorandum entre Washington et Téhéran, plus de 60 millions de barils immobilisés depuis le début du conflit ont commencé à affluer sur le marché. Avant même la réouverture officielle du détroit, les producteurs du Golfe persique avaient déjà accéléré leurs expéditions.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis exportent désormais du pétrole à des niveaux proches de ceux d'avant-guerre. Ils bénéficient de l'escorte militaire américaine pour le transit dans le détroit d'Ormuz, ainsi que de réseaux d'oléoducs permettant de contourner partiellement ce passage stratégique.
Les prix subissent également la pression du retour du pétrole iranien, à nouveau accessible aux acheteurs grâce aux dérogations temporaires accordées dans le cadre des sanctions américaines. Cette hausse de l'offre intervient alors qu'une partie des importateurs a déjà sécurisé des sources d'approvisionnement alternatives.
Pour l'économie mondiale, cette évolution réduit le risque d'un choc inflationniste lié au pétrole après la plus importante perturbation des approvisionnements de l'histoire. Pour l'OPEP, en revanche, elle fait émerger un nouveau défi : la question d'une reprise rapide de la production pourrait laisser place à un débat sur de nouvelles réductions de l'offre si l'excédent commence à peser durablement sur les prix.
À titre de rappel, Citigroup prévoit que le prix du Brent pourrait retomber à 60 dollars le baril d'ici la fin de l'année, les perturbations dans le détroit d'Ormouz s'atténuant progressivement et le marché revenant à sa principale préoccupation : un excès d'offre.