L’U.E. RENFORCE SA PRÉSENCE SÉCURITAIRE EN ARMÉNIE, SOUS LE REGARD ATTENTIF DE LA RUSSIE

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7 Septembre 2026 10:08
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L’U.E. RENFORCE SA PRÉSENCE SÉCURITAIRE EN ARMÉNIE, SOUS LE REGARD ATTENTIF DE LA RUSSIE

« Une fois encore, un parfum de danger flotte dans le Caucase du Sud. » L’Arménie, qui a tendance à considérer son environnement avec méfiance et qui cherche depuis quelque temps de plus en plus à se mettre à l’abri sous le parapluie sécuritaire de l’Union européenne, semble percevoir la situation de cette manière.

Depuis 2020, nous avons fréquemment vu des représentants d’une organisation connue sous le nom d’EUMA le long de la frontière de facto entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, observant souvent leur environnement à l’aide de jumelles. Désormais, les représentants d’une autre organisation de l’UE, la Mission de partenariat de l’Union européenne en Arménie (EUPM), s’apprêtent à commencer leurs activités dans le pays.

Ainsi, la nouvelle Mission de partenariat de l’Union européenne en Arménie (EUPM, EU Partnership Mission to Armenia) a commencé ses activités, comme l’ont confirmé des sources officielles arméniennes. Selon les informations disponibles, Lilit Makunts, chef de cabinet du bureau du Premier ministre arménien, a rencontré Cosmin Dinescu, chef de l’EUPM en Arménie, afin de discuter des domaines prioritaires de coopération et du renforcement des institutions.

Mais que fera réellement l’EUPM ?

Le concept central de la mission est celui de la « résilience face aux menaces hybrides ». Son mandat couvre notamment les cybermenaces, la manipulation et l’ingérence étrangères dans l’information (FIMI), les flux financiers illicites, les capacités de gestion des crises, l’alerte précoce et la détection des menaces, la coordination interinstitutionnelle, l’élaboration de stratégies et de protocoles gouvernementaux ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles.

Ces objectifs peuvent sembler positifs, mais qui est réellement la cible de l’EUPM dans le Caucase du Sud, notamment alors que le processus de paix dans la région semble se rapprocher de sa phase finale ?

La décision juridique de l’UE précise que l’EUPM conseillera les ministères et agences arméniens, contribuera à l’élaboration d’évaluations communes des menaces et renforcera leur capacité à surveiller, détecter, identifier, attribuer et contrer les menaces hybrides.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que lorsque nous entendons le terme « guerre hybride », notre attention se tourne naturellement, ne serait-ce qu’un instant, vers les relations entre l’Arménie et la Russie, qui semblent s’être considérablement tendues ces derniers jours. Même la question des flux financiers illicites, notamment dans des affaires où des hommes d’affaires russes se sont impliqués dans la sphère politique pour diverses raisons liées à l’ancien conflit du Karabagh, semble apporter certains éclairages sur l’agenda Moscou-Erevan.

Si cette question est effectivement liée à cela, alors le recours de l’Arménie à l’Union européenne comme moyen de se protéger de la Russie pourrait certainement provoquer des répercussions politiques.

Moscou suit déjà attentivement, depuis un certain temps, chacun des pas effectués par Erevan. Et il ne fait guère de doute que l’orientation politique de l’Arménie, de plus en plus tournée vers l’Occident, ainsi que les vents favorables qui soufflent depuis l’Ouest, laissent difficilement au Kremlin un moment de répit.

Bien que l’Arménie n’ait pas encore dévoilé pleinement l’objectif ultime de cette politique, beaucoup estiment qu’une réaction russe dans les prochains jours pourrait contribuer à faire émerger certaines des réponses à ces questions encore sans réponse.

Pour le moment, il convient toutefois de souligner que la nouvelle mission a été créée à la demande d’Erevan.

Des sources officielles arméniennes confirment que la mission a été demandée par le gouvernement arménien. Selon ces sources, le ministre arménien des Affaires étrangères a officiellement invité l’UE, dans une lettre datée du 12 décembre 2025, à déployer une mission civile relevant de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). L’UE a ensuite élaboré un concept de gestion de crise et établi l’EUPM.

Qu’est-ce que l’EUPM Armenia exactement ?

La Mission de partenariat de l’Union européenne en Arménie (EUPM Armenia) n’est pas simplement un programme d’aide supplémentaire de l’UE. Il s’agit d’une mission civile de conseil opérant dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne, ce qui la place au sein de l’architecture plus large de gestion des crises et de sécurité du bloc européen.

Le Conseil de l’UE a officiellement créé l’EUPM le 21 avril 2026, à la suite d’une demande du gouvernement arménien formulée en décembre 2025. La mission a officiellement commencé ses opérations le 13 juillet 2026 et dispose initialement d’un mandat de deux ans, jusqu’en juillet 2028, à moins que l’UE ne décide de le renouveler.

Cette chronologie est importante. Bien que l’EUPM ne dispose d’aucun mandat militaire, son intégration dans le cadre de la PSDC lui confère un rôle clairement orienté vers la sécurité et marque une nouvelle étape dans l’engagement institutionnel de l’UE auprès de l’Arménie.

Sur le plan financier, la mission reste relativement modeste. L’UE a prévu une enveloppe de référence initiale de 2,678 millions d’euros pour ses quatre premiers mois, le financement des périodes suivantes devant être déterminé par le Conseil.

Mais ce chiffre ne raconte peut-être pas toute l’histoire.

L’EUPM comprend également une cellule de projets (Project Cell) chargée d’identifier et de mettre en œuvre des projets relevant du mandat de la mission. Ces projets peuvent être financés non seulement par les États membres de l’UE, mais également par des pays tiers.

Ce mécanisme pourrait donner à l’EUPM une portée bien supérieure à son budget initial. La mission peut commencer avec une empreinte financière relativement limitée, mais son rôle institutionnel - ainsi que sa capacité à attirer des financements et des partenaires supplémentaires - pourrait en faire un acteur beaucoup plus important du paysage sécuritaire arménien que ne le laisserait penser l’allocation initiale de 2,7 millions d’euros.

AzerNEWS Staff