L'INCULPATION DE L’ANCIEN PREMIER MINISTRE GARIBACHVILI EST UN EXEMPLE QUI ILLUSTRE COMBIEN LA GÉORGIE EST CONVOITÉE PAR DE NOMBREUX COURTISANS ÉTRANGERS

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29 Août 2026 09:14
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L'INCULPATION DE L’ANCIEN PREMIER MINISTRE GARIBACHVILI EST UN EXEMPLE QUI ILLUSTRE COMBIEN LA GÉORGIE EST CONVOITÉE PAR DE NOMBREUX COURTISANS ÉTRANGERS

En Géorgie, un nouveau scandale politique lié à la corruption fait à nouveau surface. De nouvelles accusations ont été portées contre l’ancien Premier ministre Irakli Garibachvili : il est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin d’un montant particulièrement important dans le cadre de l’organisation de marchés publics destinés aux besoins du ministère de la Défense.

Selon le parquet, en 2022, le ministre de la Défense de l’époque, Juansher Bourtchouladzé (actuellement incarcéré), aurait illégalement remis à Irakli Garibachvili, alors Premier ministre, la somme de 750 000 laris (environ 290 000 dollars), en plusieurs versements en espèces, afin qu’il organise un appel d’offres pour l’achat, à un prix gonflé, de matériel et de fournitures médicales destinés au ministère de la Défense.

Dans l’opposition, on souligne que les nouveaux faits de corruption liés à Irakli Garibachvili ont commencé à être révélés immédiatement après la publication par celui-ci de lettres ouvertes dans lesquelles il accusait le gouvernement de le persécuter afin d’empêcher son retour en politique. À en juger par la biographie et les agissements passés d’Irakli Garibachvili, on peut deviner quelles forces cherchent à faire revenir l’ancien Premier ministre sur le devant de la scène politique.

Dans l’opposition, on souligne que les nouveaux faits de corruption liés à Garibachvili ont commencé à être révélés immédiatement après la publication de ses lettres ouvertes, dans lesquelles il accusait le gouvernement de le persécuter afin d’empêcher son retour en politique.

Après la citoyenne française Salomé Zourabichvili, Irakli Garibachvili est sans doute l’un des hommes politiques géorgiens les plus favorables à la France. Non seulement il a étudié en France, mais, lorsqu’il était au pouvoir, il a également mené une politique davantage conforme aux intérêts de Paris qu’à ceux de Tbilissi. Et ce n’est que maintenant que l’on peut pleinement mesurer la menace que cette politique représentait pour les intérêts de l’État géorgien.

En 2020, alors qu’Irakli Garibachvili était ministre de la Défense, le Parlement géorgien, sur proposition de son ministère, a révisé le budget et réduit les dépenses militaires d’environ 25 millions de dollars. On aurait pu féliciter Irakli Garibachvili pour avoir économisé des fonds publics, si l’on ne tenait pas compte de la raison de cette économie et des menaces potentielles qu’elle comportait.

En effet, après la guerre de 2008, la Géorgie s’était sérieusement engagée dans la modernisation de sa défense antiaérienne. En 2015, un accord avait été conclu pour la livraison à la Géorgie de systèmes de défense antiaérienne français, et un contrat avait été signé avec la société MBDA, l’un des principaux développeurs et fabricants européens de systèmes de missiles. Par la suite, la partie française aurait délibérément retardé, sous divers prétextes, l’exécution du contrat. En 2018, un nouvel accord a été conclu, prolongeant jusqu’en 2020 le délai d’exécution de la commande de systèmes de défense antiaérienne.

Il semblait que la France retardait délibérément l’acquisition par la Géorgie d’une défense antiaérienne moderne, en ne livrant pas ses propres systèmes tout en empêchant parallèlement la conclusion d’un accord avec d’autres fournisseurs.

L’année 2020 constituait la « date limite » à laquelle les systèmes français devaient être livrés à la Géorgie et entièrement intégrés au système de défense antiaérienne du pays. Mais cela ne s’est pas produit lorsqu’Irakli Garibachvili était ministre de la Défense. La partie française a expliqué le retard des livraisons par la « pandémie de coronavirus », et le ministre géorgien de la Défense ne s’y est pas opposé.

Aucun fonds n’a non plus été dépensé auprès d’autres fournisseurs pour renforcer et moderniser la défense antiaérienne géorgienne. Les fonds ont simplement été « économisés », laissant de fait des « trous » dans la défense du pays, tandis que la réception des systèmes de défense antiaérienne français a été reportée à 2021.

En 2015, un accord avait été conclu pour fournir à la Géorgie des systèmes de défense antiaérienne français, mais l’exécution du contrat avait été délibérément retardée, sous divers prétextes, par la partie française.

Or, c’est précisément en 2020 qu’une grave menace d’invasion militaire est apparue pour la Géorgie. Aujourd’hui, la coopération entre la Russie et l’Arménie dans le cadre de l’OTSC est de fait rompue. À l’époque, à l’automne 2020, pendant la Seconde Guerre du Haut-Karabagh, tant à Erevan qu’à Paris, beaucoup espéraient que Moscou « remplirait ses obligations d’allié au titre de l’OTSC » - obligations qui, en réalité, ne concernaient pas les territoires occupés d’autres pays ( le Karabagh) - et entrerait en guerre aux côtés de l’Arménie, en « ouvrant un corridor militaire » à travers la Géorgie.

La faiblesse de la défense antiaérienne géorgienne constituait en quelque sorte une « invitation » à mettre en œuvre une telle aventure. Seule la défaite rapide, infligée par l’armée azerbaïdjanaise aux forces arméniennes d’occupation au Haut-Karabagh, a empêché une évolution des événements qui aurait été catastrophique tant pour la Géorgie que pour la région.

Après qu’en 2021 Irakli Garibachvili est passé du fauteuil de ministre de la Défense à celui de Premier ministre, il n’a formulé aucune réclamation à l’égard de la France concernant le non-respect du contrat relatif aux systèmes de défense antiaérienne. Au contraire, la coopération entre Tbilissi et Paris s’est encore renforcée.

Dans le cadre d’un nouvel accord de partenariat couvrant la période 2021-2023, la Géorgie a reçu de la France 483 millions d’euros d’aide sur trois ans. Toutefois, toujours sous l’impulsion d’Irakli Garibachvili, cette aide aurait dû être « remboursée » au détriment des intérêts nationaux, et un scandale a éclaté à la fin de 2023 autour du transit de véhicules blindés français Bastion vers l’Arménie à travers le territoire géorgien.

La politique pro-française de Garibachvili n’a en rien aidé le parti « Rêve géorgien ». Au contraire, c’est précisément Paris qui a soutenu l’opposition radicale et les tentatives de coup d’État « révolutionnaire » en Géorgie en 2024 et 2025.

Dans le même temps, selon les mêmes membres de l’opposition, Irakli Garibachvili était le seul représentant du parti au pouvoir à défendre un « dialogue avec les manifestants ». Et cela alors même que ces « manifestants », qui étaient en réalité des provocateurs, avaient commencé à attaquer les policiers avec des cocktails Molotov et, sous l’impulsion d’une autre « Française », Salomé Zourabichvili, s’étaient réunis pour envoyer des enfants sous les tirs de la police.

À l’époque, le dialogue avec l’opposition n’aurait mené à rien d’autre qu’à la catastrophe : il fallait prendre des mesures décisives pour empêcher les troubles, et le pouvoir les a prises. Dans le même temps, en pleine période de manifestations, Irakli Garibachvili était de fait un « agent » des « révolutionnaires » soutenus par la France au sein du « Rêve géorgien ».

Ainsi, Irakli Garibachvili aurait non seulement mis en place des systèmes de corruption à plusieurs niveaux, mais, en tant qu’homme politique, il aurait également pris des mesures susceptibles de placer la Géorgie au bord de la catastrophe.

Il purge actuellement une peine de cinq ans dans une affaire de blanchiment de revenus illicites. La nouvelle accusation de réception de pots-de-vin pourrait lui valoir une peine supplémentaire de 11 à 15 ans de prison.

Il serait pour le moins très étrange qu’un responsable de l’État impliqué dans de tels actes de corruption puisse revenir en politique.

Par Vakhtang Djokhadze