« L'EUROPE A DAVANTAGE BESOIN DE LA GÉORGIE QUE LA GÉORGIE N'A BESOIN DE L'EUROPE » - ENTRETIEN

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9 Juillet 2026 13:41
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« L'EUROPE A DAVANTAGE BESOIN DE LA GÉORGIE QUE LA GÉORGIE N'A BESOIN DE L'EUROPE » - ENTRETIEN

La Géorgie a signé un accord de partenariat stratégique avec le Kazakhstan il y a seulement quelques jours, avant d'en conclure un autre avec l'Ouzbékistan. La visite en Géorgie du président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, peut ainsi être considérée comme un véritable succès, a déclaré à News.Az Archil Sikharulidze, fondateur de l'institut de recherche SIKHA Foundation.

Selon lui, le ministre géorgien de l'Économie présente actuellement à la délégation ouzbèke plusieurs projets stratégiques, parmi lesquels figure le port en eaux profondes d'Anaklia.

Archil Sikharulidze a souligné que la coopération avec l'Asie centrale revêt une importance capitale pour la Géorgie, notamment afin d'exploiter pleinement le potentiel de la Route internationale de transport transcaspienne (Trans-Caspian International Transport Route), dont les capacités restent encore sous-utilisées.

« Les échanges commerciaux actuels demeurent encore en deçà des attentes. Il est donc essentiel que les pays d'Asie centrale reconnaissent le rôle de la Géorgie en tant que plateforme de transit. Cela est également très important pour l'Azerbaïdjan, car les marchandises arrivant d'Asie centrale via Bakou doivent pouvoir poursuivre leur acheminement en toute sécurité. Dans cette perspective, les efforts de la Géorgie visant à impliquer plus activement les pays d'Asie centrale dans les processus régionaux renforcent également la position de Bakou », a-t-il déclaré.

Sikharulidze a également insisté sur l'importance de ne pas négliger le projet de câble énergétique sous-marin en mer Noire développé conjointement par la Géorgie et l'Azerbaïdjan, qu'il a qualifié d'initiative stratégique majeure. Selon lui, les relations entre Tbilissi et Bakou ont désormais atteint un niveau entièrement nouveau.

« Les efforts soutenus de la Géorgie pour renforcer son engagement avec les pays d'Asie centrale s'inscrivent dans une stratégie de diversification de sa politique étrangère. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, la Géorgie s'est retrouvée dans une situation délicate en refusant de s'associer aux initiatives occidentales visant à infliger une défaite stratégique à la Russie. Aujourd'hui, l'Occident collectif, et plus particulièrement l'Union européenne, mène une politique active à l'encontre du gouvernement de Tbilissi. La Géorgie a donc besoin de nouveaux partenaires capables, d'une part, de contribuer à la stabilité du pays et, d'autre part, de démontrer à Bruxelles que l'Europe a davantage besoin de la Géorgie que Tbilissi n'a besoin de l'Europe », a-t-il expliqué.

Selon Sikharulidze, ces partenariats stratégiques constituent un message clair adressé par Tbilissi à l'Europe.

« Le message est que la Géorgie n'est pas seulement un pays aspirant à rejoindre l'Union européenne, mais aussi un partenaire dont l'Europe a elle-même besoin. Sans la Géorgie, l'Europe ne pourra ni renforcer sa présence dans le Caucase du Sud ni tirer pleinement parti des opportunités offertes par le Corridor du Milieu », a-t-il conclu.

Par Zaur Nurmamedov