KOTCHARIAN ATTAQUE "LA ROUTE TRUMP" DANS LE ZANGUEZOUR

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7 Mai 2026 11:19
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KOTCHARIAN ATTAQUE "LA ROUTE TRUMP" DANS LE ZANGUEZOUR

Sur fond de conflit prolongé entre États-Unis et Iran, la pression s’intensifie contre le projet « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP). Les principales attaques proviennent des forces revanchistes en Arménie, menées par l’ancien président Robert Kotcharyan.

Fait remarquable, les intérêts des forces revanchistes dirigées par Kotcharyan et ceux de la diaspora arménienne aux États-Unis semblent aujourd’hui converger.

Ces dernières semaines, Kotcharyan multiplie les critiques contre TRIPP. Il affirme espérer qu’en sortant renforcé de son affrontement avec les États-Unis et Israël, l’Iran parviendra à bloquer l’initiative. L’ancien président qualifie le projet de « produit américain servant les intérêts de Bakou et d’Ankara », estimant que la participation de l’Arménie détruirait « le système traditionnel des relations régionales ».

« La mise en œuvre de TRIPP est fortement compromise par la guerre autour de l’Iran. Je ne vois aucune perspective pratique pour ce projet, car il crée des problèmes fondamentaux avec Téhéran. La seule issue serait d’élargir le format en y incluant la Russie et la Chine, c’est-à-dire des pays alliés de l’Iran. Toute autre option est vouée à l’échec », déclare Kotcharyan.

À l’approche des élections de juin, l’ex-président défend l’idée selon laquelle la participation russe constituerait « le seul moyen de sauver le projet ». Une rhétorique parfaitement alignée sur celle de Russie. Si Moscou s’était d’abord montrée sceptique à l’égard de TRIPP, le passage du projet à une phase concrète a poussé le Kremlin à faire pression sur Erevan afin d’être associé au processus. Toutefois, selon l’accord américano-arménien, une telle participation n’est possible qu’avec le consentement mutuel des parties.

Dans le contexte actuel, l’implication de la Russie dans la « route de Trump », considérée comme un élément du « Corridor médian » stratégique pour l’Occident, ne correspond pas aux intérêts des États-Unis. Le gouvernement arménien lui-même ne semble d’ailleurs pas souhaiter un tel scénario.

Les capacités de Moscou à bloquer directement le projet restent limitées. Dès lors, il est dans l’intérêt de la Russie et de ses alliés arméniens que l’Iran joue le rôle de frein. Mais la position de Téhéran demeure ambiguë.

Dès août dernier, immédiatement après la signature de l’accord à la Maison-Blanche, l’actuelle élite dirigeante iranienne, représentée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), avait qualifié le projet de « menace pour la sécurité nationale de l’Iran ». Le gouvernement réformateur de Massoud Pezeshkian ne partageait toutefois pas les évaluations alarmistes des milieux sécuritaires.

Puis, après sa défaite dans la guerre de douze jours contre Israël et dans un contexte de confrontation majeure avec les États-Unis, la position de l’Iran s’est nettement affaiblie. En janvier, lorsque Washington et Erevan ont finalisé leur accord bilatéral sur TRIPP, Téhéran n’a exprimé aucune opposition ferme.

Aujourd’hui, épuisé par la guerre et les pertes, l’Iran cherche avant tout à conclure un accord nucléaire et à normaliser ses relations avec Washington. Pour Téhéran, mettre fin à quarante-sept années de confrontation apparaît plus important que bloquer des corridors de transport, ce qui rend les prévisions de Kotcharyan sur un « verrou iranien » hautement incertaines.

L’opposition à TRIPP ne se limite pas à Erevan. Lors d’auditions organisées au Capitole des États-Unis par Armenian National Committee of America (ANCA), des représentants de la diaspora ont affirmé que le projet constituait une menace pour l’Arménie.

Les arguments avancés par les lobbyistes se résument à plusieurs points :

  • absence de bénéfices réels : l’Arménie n’obtiendrait qu’une « souveraineté diluée » et des frontières affaiblies ;

  • manœuvre politique : l’avocat Karnig Kerkonian a qualifié le projet « d’acte d’apaisement » permettant à l’Azerbaïdjan d’ignorer la réalité étatique arménienne.

Une situation à la fois unique et paradoxale semble ainsi émerger : les positions des Arméniens d’Amérique et des forces pro-russes à Erevan coïncident désormais totalement. Jadis centré sur la protection de l’Arménie contre l’influence russe, le lobby arménien aux États-Unis fait aujourd’hui front commun contre l’initiative portée par Trump.

Malgré les pressions extérieures et intérieures, le Premier ministre Nikol Pachinian affiche son optimisme. Devant le Parlement, il a déclaré que le travail autour du projet non seulement ne ralentissait pas en raison de la crise iranienne, mais s’était même accéléré.

« Les processus autour de TRIPP se sont intensifiés. Washington nous a confirmé que ce projet restait une priorité absolue pour les États-Unis », a souligné Pachinian.

L’activité diplomatique semble confirmer ces propos : il y a quelques jours, l’ambassadeur arménien aux États-Unis, Narek Mkrtchyan, a rencontré l’assistant du secrétaire d’État Riley Barnes. Les discussions ont porté non seulement sur la mise en œuvre de TRIPP, mais aussi sur la lutte contre les menaces hybrides et la désinformation - une allusion transparente aux tentatives de discrédit du projet menées par les milieux « revanchistes » et leurs soutiens.