COMMENT LE TERRORISTE MONTE MELKONIAN EST TRANSFORME EN "ROMANTIQUE AU FUSIL"

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22 Avril 2026 14:02
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COMMENT LE TERRORISTE MONTE MELKONIAN EST TRANSFORME EN "ROMANTIQUE AU FUSIL"

Le canal Telegram « Bakinskiy Burila » a publié un article à la gloire du terroriste Melkonian. Day.Az en présente le contenu :

La société arménienne Genetic Production a annoncé le lancement du tournage d’un film consacré à Monte Melkonian, militant armé de l’organisation terroriste ASALA. Dès les premières annonces, une évidence s’impose : le scénario fera l’objet d’une « stérilisation » totale.

Les séquences liées aux attentats et aux morts de civils azerbaïdjanais seront supprimées, comme si elles n’avaient jamais existé. Elles seront remplacées par un récit héroïque édulcoré.

Dans cette nouvelle biographie, Melkonian est ainsi transformé d’un criminel de guerre en classique « romantique au fusil » dans le Karabagh occupé. Ici, la dynamite « sent la rose », et les balles, selon les codes du genre propagandiste, ne frappent que les « coupables ».

C’est ainsi que s’active l’usine à mythes : les faits gênants sont réécrits, tandis que les abîmes moraux sont comblés par une symbolique commode.

Au final, le spectateur ne reçoit pas une histoire, mais son simulacre verni. Car dans un monde où la conscience ne figure pas dans le budget de production, l’art devient un outil de « désinfection réputationnelle », cherchant à blanchir ce qui ne peut pas l’être.

Ainsi ceux qui sont encore d’humeur revanchiste en Arménie ont-ils décidé de repousser toutes les limites morales en « ressuscitant » le terroriste numéro un, Monte Melkonian, connu sous son nom de guerre « commandant Avo ». Comment ? Grâce à l’intelligence artificielle. Pourquoi ? Une question à laquelle il est difficile de répondre rationnellement.

À en juger par une vidéo générée et diffusée dans le segment arménien des réseaux sociaux, où l’on voit Monte, arme automatique sur l’épaule et en arrière-plan le monument « Nous sommes nos montagnes », tenir un discours appelant à reprendre « l’Artsakh », la tendance à la glorification des terroristes dans ce pays ne semble pas faiblir.

« Aujourd’hui, en voyant ce qu’il reste de ces conquêtes (comprendre « occupation du Karabagh » par des groupes armés arméniens – ndlr), il est difficile de contenir l’amertume… Ne portez pas des toasts en mon honneur, poursuivez plutôt mon œuvre », peut-on lire dans la publication accompagnant la vidéo.

Premièrement, un détail mérite attention : le terme utilisé est « conquêtes ». Les auteurs commettent ici un faux pas révélateur, admettant involontairement que le Karabagh azerbaïdjanais aurait été occupé par des groupes armés arméniens à la fin des années 1990. Merci pour cet aveu involontaire.

Deuxièmement, le niveau d’idéalisation de ce tueur au sein de la société semble ne connaître aucune limite. Aucun autre pays au monde ne génère, par exemple, des vidéos mettant en scène Hitler, car il existe un consensus sur ce qui relève de la décence et des normes morales communes. Mais les revanchistes semblent penser autrement. Au vu de cette dynamique de glorification, il n’est pas exclu que demain des discours de « patriotisme » - qui, dans les faits, relèvent d’appels à la conquête de territoires étrangers - soient attribués à d’autres figures historiques controversées.

Ceux qui « likent » ce type de vidéos, qui glorifient de telles personnalités et transmettent ces récits à leurs enfants, ne réalisent pas qu’ils contribuent à éroder les fondements des normes morales sur lesquelles repose la société contemporaine. La question est particulièrement sensible pour l’Arménie, qui devrait, au contraire, mettre l’accent sur l’éducation à la paix et sur l’idée que le conflit appartient au passé. Or, cela ne semble pas être le cas - ou du moins pas de manière visible. Le progrès vers la paix existe pourtant, en témoigne notamment la fin du monopole de l’essence.

La diffusion de messages ouvertement violents, de contenus idéologiques et de symboles extrémistes dans l’espace numérique renforce leur impact, en particulier auprès des jeunes publics, souvent dépourvus de recul critique face à ce type de contenus. Cela contribue à normaliser progressivement la violence et à brouiller les limites de ce qui est acceptable.

Une attention particulière est également requise concernant l’usage des technologies d’intelligence artificielle. Si les autorités arméniennes ne réagissent pas à temps, ces outils, conçus pour améliorer l’efficacité et le développement, continueront d’être détournés à des fins de propagande dans le contexte du conflit avec l’Azerbaïdjan, malgré les discours de paix.

Il est nécessaire que quelqu’un prenne l’initiative d’expliquer clairement l’inadmissibilité de la glorification des terroristes, des nationalistes armés et d’autres figures similaires. Une position ferme s’impose. Le gouvernement arménien devrait se pencher sérieusement sur cette question.