PACHINIAN A CONFIRME AVOIR DONNE INSTRUCTION A LA DIRECTRICE DU "MEMORIAL DU GENOCIDE" DE DEMISSIONNER

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13 Mars 2026 13:30
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PACHINIAN A CONFIRME AVOIR DONNE INSTRUCTION A LA DIRECTRICE DU "MEMORIAL DU GENOCIDE" DE DEMISSIONNER

Lors d’un point de presse jeudi, Pachinian a accusé Edita Gzoyan, directrice de la Fondation du Musée-Institut du génocide arménien, d’avoir agi à l’encontre de la politique étrangère de son gouvernement en remettant un ouvrage critiquable consacré au conflit du Karabagh au Vice-président américain J.D.Vance lors de sa récente visite en Arménie.

Il a réaffirmé sa conviction que le gouvernement arménien « ne doit pas laisser se poursuivre » le Mouvement du Karabagh, un vaste mouvement national apparu dans les années 1980 pour réclamer aux autorités soviétiques le transfert de l’ancien oblast autonome du Haut-Karabagh de l’Azerbaïdjan soviétique vers l’Arménie soviétique.

« Offrir à un invité étranger un livre sur la question de l’Artsakh [Haut-Karabagh], qu’est-ce que cela signifie ? », a interrogé Pachinian, qualifiant ce geste de « provocation » et d’acte « en contradiction » avec la politique étrangère de son gouvernement.

« Dans notre pays, combien de personnes sont habilitées à mener une politique étrangère ? […] Tout responsable public en Arménie qui fait une déclaration contredisant la politique étrangère menée par le gouvernement doit être relevé de ses fonctions. Qu’y a-t-il là à discuter ? », a-t-il poursuivi.

Il a également déclaré que l’Arménie est un État, et non « une sorte de club d’amateurs ».

Des informations faisant état de pressions exercées sur Gzoyan pour qu’elle démissionne circulent depuis début mars. Le tabloïd Hraparak a rapporté que le ministère de l’Éducation justifiait cette décision en affirmant que la directrice « n’avait pas correctement supervisé » les travaux de rénovation en cours au complexe mémoriel du génocide arménien.

Le média souligne toutefois que la supervision de ces travaux « ne relève pas de ses responsabilités officielles ».

Selon plusieurs informations de presse, Gzoyan aurait en réalité été écartée après avoir évoqué avec J.D.Vance les heurts inter-ethniques en Azerbaïdjan au début du conflit du Haut-Karabakh dans les années 1980, du temps de l’Union soviétique, lors de la visite du vice-président à Erevan et au Mémorial du génocide arménien en février. C’est à cette occasion qu’elle lui a remis le livre qui tend à établir un parallèle injustifié entre le conflit du Karabagh et les massacres anatoliens de 1915.

Pachinian avait déjà laissé transparaître son mécontentement lors d’une précédente séance parlementaire, déclarant que « certaines choses se sont produites alors qu’il aurait mieux valu qu’elles ne se fussent pas produites ».