Selon Sputnik Arménie, le chef du gouvernement a répondu à une question concernant la restauration et le développement de l’infrastructure ferroviaire sur le territoire de la république.
Pachinian a rappelé que la partie arménienne s’était auparavant adressée à ses collègues russes au sujet du rétablissement de la liaison ferroviaire sur l’itinéraire Yeraskh - frontière avec l’Azerbaïdjan (Nakhitchevan), ainsi que sur le tronçon Akhourik - frontière avec la Turquie.
« Dans un contexte international tendu, et compte tenu du fait que le chemin de fer appartenant à l’Arménie est placé sous la gestion des Chemins de fer russes, nous avons le sentiment de perdre ici un avantage concurrentiel. Nous devons réfléchir à ce qu’il convient de faire, car il ne s’agit pas d’une question d’un, deux, trois ou quatre ans. Nous devons trouver une solution dans une logique amicale et fraternelle », a souligné le Premier ministre.
L’un des principaux problèmes, selon lui, demeure la configuration des futurs itinéraires ferroviaires dans la région. La partie arménienne considère comme plus optimal et plus compétitif un tracé dans lequel la ligne ferroviaire en provenance de Zanguilan passerait par Meghri, puis rejoindrait le Nakhitchevan via le territoire arménien.
Pachinian estime que la gestion du réseau ferroviaire arménien par les Chemins de fer russes a été l’un des facteurs ayant conduit la Turquie et l’Azerbaïdjan à annoncer, à partir d’août 2025, la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire Kars - Iğdır - Aralık - Dilucu. Cette ligne traversera le territoire turc en direction du Nakhitchevan et rejoindra ensuite l’Azerbaïdjan par le « corridor Trump ».
Le chef du gouvernement arménien a indiqué avoir personnellement soulevé cette question lors de ses rencontres avec les présidents d’Azerbaïdjan et de Turquie, mettant en avant l’existence d’une infrastructure ferroviaire déjà opérationnelle en Arménie. Il a toutefois précisé que ses interlocuteurs avaient répondu par un silence diplomatique.
Pachinian a expliqué que l’itinéraire turc suppose la construction d’une ligne entièrement nouvelle, tandis qu’en Arménie l’infrastructure est déjà en place : à Yeraskh, seuls quelques kilomètres de voie manquent, et à Akhourik, encore moins.
« La modernisation de l’itinéraire existant et sa mise en conformité avec les exigences modernes ne nécessiteraient que quelques millions de dollars d’investissements. La restauration de courts tronçons ne présente pas de difficultés financières ou techniques majeures », a-t-il souligné.
Dans le même temps, le Premier ministre a observé que, dans la perception internationale, l’itinéraire ferroviaire passant par l’Arménie est de plus en plus présenté comme un projet “russe”, ce qui en réduit davantage la compétitivité dans un contexte de tensions géopolitiques.