"GEORGIAN DREAM" DEPOSERA UNE PLAINTE CONTRE LA BBC AU SUJET DU DOCUMENTAIRE SUR LA REPRESSION DE 2024 "DANS LES PROCHAINS JOURS"
Le parti au pouvoir, Georgian Dream, a annoncé son intention de déposer « dans les prochains jours » une plainte auprès de l’organe de régulation interne de la BBC concernant son documentaire consacré à la répression des manifestations de l’hiver 2024 à Tbilissi. Le parti n’exclut pas non plus de saisir « d’autres autorités ».
Les autorités géorgiennes ont à plusieurs reprises condamné la BBC depuis la diffusion du film, qui avance que la police géorgienne aurait utilisé un agent chimique de la Première Guerre mondiale, le camite, contre des manifestants antigouvernementaux. Elles accusent la chaîne de diffuser des informations mensongères, tandis que le Service de sécurité de l’État (SSG) a indiqué que les résultats préliminaires de son enquête n’avaient révélé aucune preuve de l’acquisition de « camite » par l’État à quelque moment que ce soit.
« Nous déposerons notre plainte auprès de l’organe de régulation interne de la BBC dans les prochains jours », a déclaré jeudi le président du Parlement, Shalva Papuashvili.
Auparavant, le parti au pouvoir avait annoncé son intention de saisir l’Office of Communications (Ofcom), le régulateur britannique des médias, et, « si nécessaire », d’engager une action en justice. Papuashvili a toutefois précisé que, conformément à la procédure, la première étape consistait à s’adresser au régulateur interne du diffuseur.
« Nous espérons qu’à ce stade, la BBC reconnaîtra que le reportage était fabriqué et manipulateur ; sinon, nous nous tournerons vers d’autres autorités », a-t-il ajouté, cité par Formula TV.
Malgré les démentis répétés des autorités, les critiques continuent de réclamer l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur la répression.
Tout en condamnant le film, les autorités géorgiennes ont également adressé leurs exigences au gouvernement britannique. Le Premier ministre Irakli Kobakhidze a estimé que le Royaume-Uni devrait présenter des excuses pour ce contenu, la BBC étant, selon lui, un diffuseur public « directement financé par des fonds publics ». En réponse, l’ambassade britannique a indiqué au service géorgien de RFE/RL que la chaîne est indépendante du gouvernement britannique tant dans son fonctionnement que dans sa ligne éditoriale.
De son côté, la BBC a affirmé que le documentaire s’appuyait sur des éléments probants provenant de sources multiples, en Géorgie et à l’étranger, et qu’il répondait pleinement à l’intérêt public.