Les manifestants revendiquent un fléchissement pro-européen de sa politique géorgienne . Ces manifestations ont atteint, en Octobre dernier, leur point culminant par une tentative de prise d’assaut du Parlement.
La pression intérieure se double de pressions extérieures venant de l’Union Européenne et de la Grande-Bretagne, notamment à travers a télévision nationale britannique, la BBC, qui a diffusé une série de reportages dont l'objectivité semble contestable. Les uns critiquant violemment Donald Trump et les autres laissant entendre que les autorités géorgiennes auraient eu recours à des gaz de combat du type de ceux employés pendant la première guerre mondiale pour repousser les assauts des manifestants. Le gouvernement géorgien a exigé des excuses et des sanctions que le gouvernement britannique a naturellement déclinées
Le poids de la Russie, envers lequel le gouvernement en place est accusé de trop de complaisance, se fait sentir dans le contexte géopolitique régional fiévreux des projets de lignes logistiques de grande envergure qui contourneraient à dessein le territoire russe. Ce corridor du milieu, ou « Middle Corridor », est un projet de transit des marchandises liant l’Europe à l’Asie Centrale et la Chine, en passant par la Mer Noire et la Mer Caspienne.
La Géorgie est aujourd’hui placée au coeur de ces pressions antagonistes. Le gouvernement à Tbilissi a récemment réaffirmé catégoriquement qu’il ne renonçait jamais aux provinces d’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud , mais il se heurte à un mur. Ces régions se trouvent désormais sous l’influence de Moscou depuis qu les mouvements séparatistes les avaient été soustraites à la souveraineté de Tbilissi dans les années 1990.
C’est dans cette situation tendue que le gouvernement a pris le 11 décembre des mesure de police strictes en vue de limiter les manifestations et leurs possibles débordements dans les rues du centre de la capitale. Adoptée en moins de 48 heures, une nouvelle loi dispose que les manifestations non-déclarées cinq jours à l’avance seront illégales et que les interpelés encourent une peine de vingt jours de prison.