Dans le cadre du XIIIe Forum global de Bakou, une session de panel consacrée au thème « Multilatéralisme en temps de crise : repenser la coopération mondiale » s’est tenue à Bakou.
Selon AZERTAC, la discussion a été modérée par Patricia Scotland, ancienne secrétaire générale du Commonwealth of Nations et membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni.
La coprésidente du Centre international Nizami Ganjavi, Vaira Vīķe-Freiberga, a souligné que le multilatéralisme offre aux États la possibilité de participer à la prise de décisions d’importance mondiale. Selon elle, ce mécanisme permet aux grandes puissances comme aux pays de taille moyenne ou plus petite de faire entendre leur voix sur les questions globales. Elle a exprimé l’espoir que chaque peuple puisse participer à la définition de son avenir sans que ses droits soient bafoués, rappelant que des progrès importants ont déjà été réalisés en Europe dans ce domaine.
Le conseiller du président de l’Azerbaïdjan et chef du département des questions de politique étrangère de l’administration présidentielle, Hikmet Hajiyev, a pour sa part déclaré que le multilatéralisme revêt une grande importance pour son pays. Il a précisé que cet engagement ne se limite pas à la participation à différents formats internationaux, mais se traduit également par des actions concrètes.
Selon lui, l’Azerbaïdjan a également présenté un modèle particulier en matière de paix et de sécurité. « Nous avons résolu un conflit de longue durée par une combinaison de moyens militaires et politiques, et aujourd’hui une paix de facto existe dans la région. L’Arménie et l’Azerbaïdjan travaillent actuellement sur les paramètres destinés à renforcer l’agenda de paix à l’avenir », a-t-il indiqué.
Évoquant la coopération entre l’Azerbaïdjan et les pays d’Asie centrale, Hikmet Hajiyev a également noté que son pays a été admis comme membre à part entière des réunions consultatives des États d’Asie centrale. Cela témoigne, selon lui, de visions communes et d’une adhésion au concept de « puissance moyenne ».
L’ancien ministre des Affaires étrangères de la Slovaquie, Ján Kubiš, a estimé que la majorité de la communauté internationale soutient un ordre mondial fondé sur des règles, des normes et des engagements. Selon lui, seules quelques grandes puissances cherchent délibérément à remettre en cause cet ordre, ce qui exige de ne pas céder aux pressions psychologiques et de renforcer la coopération avec les structures et institutions internationales.
L’ancienne présidente de la Croatie, Kolinda Grabar-Kitarović, a pour sa part souligné que la situation internationale actuelle demeure particulièrement complexe. Elle a rappelé que la puissance continue de jouer un rôle important dans les relations internationales et que les règles ne sont pas toujours appliquées correctement. Selon elle, les États, qu’ils soient grands ou petits, doivent respecter ces règles, d’où la nécessité de renforcer le multilatéralisme et les institutions qui le soutiennent.
De son côté, l’ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Équateur, María Fernanda Espinosa, a déclaré que le monde traverse une période où le multilatéralisme est confronté à de sérieuses difficultés, tout en étant plus nécessaire que jamais. Elle a estimé que la crise actuelle dans ce domaine est directement liée à la volonté politique et au leadership, soulignant la nécessité de dirigeants déterminés et impartiaux pour faire face à des défis majeurs tels que le changement climatique et les inégalités.
L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a quant à lui attiré l’attention sur la persistance de conflits de longue durée et de tensions géopolitiques dans le monde. Il a également évoqué l’affaiblissement de l’économie mondiale ainsi que la complexité croissante des défis liés au climat, à la santé, à l’éducation et au développement technologique.
Enfin, l’ancienne ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, Benita Ferrero-Waldner, a souligné que la prise de décision au sein de l’Union européenne et d’autres organisations internationales peut souvent être longue. Elle a estimé qu’il est nécessaire de lever certaines contraintes imposées par les groupes et de prêter une attention particulière aux partenariats public-privé ainsi qu’à la participation d’acteurs non étatiques.