LES TROIS ANCIENS PRÉSIDENTS ARMÉNIENS N’ONT TOUJOURS PAS ÉTÉ PUNIS : DISCOURS INTRODUCTIF AU SOMMET C.I.C.A. PAR I.ALIYEV

Actualités
16 Octobre 2026 12:34
43
LES TROIS ANCIENS PRÉSIDENTS ARMÉNIENS N’ONT TOUJOURS PAS ÉTÉ PUNIS : DISCOURS INTRODUCTIF AU SOMMET C.I.C.A. PAR I.ALIYEV

Le 7ᵉ Sommet de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) s’est tenu à Bakou.

Le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a accueilli les chefs d’État et de gouvernement participant à l’événement.

En ouvrant officiellement les travaux du sommet, le président azerbaïdjanais a prononcé le discours suivant :

— Excellences, chefs d’État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs les chefs de délégation,

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous accueillir à Bakou, à l’occasion du 7ᵉ Sommet de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA). Je vous remercie tous d’avoir répondu à notre invitation. Je déclare officiellement ouvert le 7ᵉ Sommet de la CICA.

Tout d’abord, nous devons approuver l’ordre du jour. En l’absence de propositions de modification, celui-ci est adopté.

L’un des points inscrits à l’ordre du jour concerne l’adhésion de la République démocratique populaire lao à la CICA en qualité d’État membre. Il s’agit du troisième point de notre ordre du jour, et je propose que nous approuvions l’adhésion de la République démocratique populaire lao à la CICA en tant qu’État membre.

En l’absence d’objection, la décision d’admettre la République démocratique populaire lao au sein de la CICA est adoptée. Je vous félicite.

L’admission de la République démocratique populaire lao en tant que nouvel État membre constitue un événement important. Elle témoigne de l’importance croissante de la Conférence et de son développement en tant que plateforme de dialogue plus inclusive dans la région asiatique. Nous sommes particulièrement heureux que cette décision ait été prise dans le cadre du sommet de Bakou, alors que l’Azerbaïdjan assure la présidence de la CICA.

Je félicite Son Excellence le président Thongloun Sisoulith, ainsi que nous tous, pour cette décision.

Le point suivant de l’ordre du jour est consacré aux interventions des chefs de délégation. Avec votre permission, je prendrai la parole en premier en ma qualité de président en exercice de la CICA.

Discours du président Ilham Aliyev

— Excellences, chefs d’État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

Bienvenue en Azerbaïdjan.

Je tiens avant tout à exprimer ma gratitude à l’ensemble des États membres de la CICA pour leur soutien unanime à la présidence azerbaïdjanaise, en 2024. Nous y voyons une marque de respect et de confiance, ainsi qu’un témoignage de leur soutien à notre action en tant que président de plusieurs plateformes internationales.

Situé au carrefour géographique de l’Asie et de l’Europe, l’Azerbaïdjan joue un rôle de plus en plus important en tant que centre de convergence dans l’espace eurasiatique. La coopération que notre pays entretient avec de nombreux États dans les domaines politique, économique, des transports, de l’énergie et de l’action humanitaire, dans le cadre de formats bilatéraux et multilatéraux, contribue également à renforcer le système de sécurité de notre région.

L’Azerbaïdjan mène avec constance une politique étrangère indépendante, fondée sur les principes d’égalité entre les États, de non-ingérence dans leurs affaires intérieures, ainsi que de primauté de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États.

Notre pays s’oppose activement et à juste titre à la pratique néfaste du double standard et aux approches sélectives dans le règlement des conflits interétatiques.

Depuis le rétablissement de son indépendance, il y a 35 ans, l’Azerbaïdjan a constamment été confronté à des doubles standards. Pendant 30 ans, l’Arménie a occupé environ 20 % du territoire internationalement reconnu de l’Azerbaïdjan. Elle a commis une agression militaire contre notre pays, contraignant un million d’Azerbaïdjanais à quitter leurs terres historiques et ancestrales, au Karabagh et au Zanguezour oriental, ainsi que sur le territoire de l’actuelle Arménie, et procédant à des nettoyages ethniques.

En 1993, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté quatre résolutions exigeant le retrait immédiat, complet et inconditionnel des forces arméniennes des territoires occupés. Pourtant, ces résolutions sont restées lettre morte pendant 30 ans. Quant aux activités du Groupe de Minsk de l’OSCE, créé en 1992 pour régler ce conflit, elles ont relevé de la pure mise en scène.

Les anciennes autorités arméniennes - les trois anciens présidents du pays et leurs partisans - ces criminels de guerre et assassins d’enfants, n’ont toujours pas subi le châtiment qu’ils méritent. Depuis 2018, les dirigeants actuels de l’Arménie ont poursuivi la politique criminelle de leurs prédécesseurs.

En 2019, le Premier ministre arménien actuel a déclaré, à Khankendi, au Karabagh, alors sous occupation : « Le Karabakh, c’est l’Arménie, un point c’est tout. » À la même époque, le ministre arménien de la Défense menaçait l’Azerbaïdjan d’une nouvelle guerre visant à conquérir de nouveaux territoires.

La communauté internationale - ou, plus exactement, ce qui se présente comme telle - fermait les yeux sur cette arrogance sans limites. Personne n’a condamné l’Arménie pour l’occupation, les crimes de guerre, les nettoyages ethniques, les massacres de masse et la profanation des lieux saints du peuple azerbaïdjanais. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas insisté sur l’application de ses propres résolutions, tandis que l’OSCE a fait preuve d’indifférence.

Le Parlement européen et le Conseil de l’Europe, deux exemples d’anachronisme et d’atavisme dans les relations internationales, n’ont cessé de prendre pour cible l’Azerbaïdjan, pourtant victime d’une agression, tout en encourageant l’agresseur, l’Arménie.

Le Groupe de Minsk de l’OSCE, créé pour résoudre le conflit, a été placé sous le contrôle exclusif de ses coprésidents. Leur action visait à geler le conflit, ce qui a finalement paralysé les travaux du Groupe.

En juillet et en août 2020, l’Arménie a mené deux provocations militaires qui ont coûté la vie à des militaires azerbaïdjanais. La patience du peuple azerbaïdjanais était à bout : l’heure des comptes avait sonné.

La guerre patriotique a duré 44 jours. Durant cette période, l’Azerbaïdjan a chassé les occupants arméniens des territoires conquis et libéré, au cours des combats, plus de 300 villes et villages. Le 10 novembre 2020, l’Arménie a signé un acte de capitulation. Les combats ont cessé, mais une partie du territoire azerbaïdjanais demeurait encore sous occupation.

Pendant trois ans, l’Azerbaïdjan a tenté de régler pacifiquement la question du rétablissement complet de sa souveraineté. L’Arménie a toutefois profité du cessez-le-feu pour reconstituer ses forces militaires et, avec l’aide de ses nouveaux protecteurs occidentaux, préparer une nouvelle attaque contre l’Azerbaïdjan.

C’est précisément ce qui s’est produit en septembre 2023. Une nouvelle fois, le « poing de fer » du soldat azerbaïdjanais a fait entendre sa voix.

En moins de 24 heures, l’armée d’occupation arménienne au Karabagh a été entièrement vaincue. L’Azerbaïdjan a rétabli pleinement sa souveraineté et son intégrité territoriale, mettant fin au séparatisme. Quant aux dirigeants séparatistes, criminels de guerre et assassins d’enfants, ils ont été traduits devant la justice azerbaïdjanaise.

Par son essence comme par sa forme, ce procès était l’équivalent du tribunal de Nuremberg. Mais, cette fois, ce sont des fascistes arméniens qui se trouvaient sur le banc des accusés.

Ceux qui nous menaçaient en affirmant qu’ils viendraient à Bakou à bord de leurs chars pour s’emparer de la ville et y boire du thé boivent aujourd’hui du thé azerbaïdjanais dans nos prisons. Quant à leurs chars, ils sont exposés au Parc des trophées militaires.

À ce propos, afin de mieux comprendre la nature et la réalité de l’occupation, ainsi que la victoire historique du peuple azerbaïdjanais, nos invités peuvent visiter le Parc de la Victoire, le Musée de la Victoire et le Parc des trophées militaires.

Je me suis attardé sur cette question parce qu’elle revêt une importance mondiale. Tant que des mécanismes garantissant l’application des décisions et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres organisations internationales ne seront pas mis en place, les guerres et les conflits continueront, et de nouveaux surgiront.

Si des sanctions avaient été imposées à l’Arménie en temps utile pour l’occupation, le génocide et les nettoyages ethniques, l’Azerbaïdjan n’aurait pas eu à briser, sur le champ de bataille, l’échine du fascisme arménien. L’impunité dont a bénéficié l’agresseur n’a fait que renforcer son arrogance.

La guerre n’était pas notre choix. C’est l’Arménie qui nous a contraints à entrer en guerre. Ses protecteurs, qui se tenaient derrière elle, ne s’imaginaient sans doute pas que l’Azerbaïdjan rétablirait par la force sa souveraineté et ferait respecter le droit international. Ils se sont tous trompés.

Ils connaissaient probablement mal le caractère de notre peuple fier et épris de liberté, attaché à ses traditions et à ses valeurs morales.

Nous avons remporté la guerre et chassé les occupants de nos terres. Mais nous ne nous sommes pas vengés des 30 années de souffrances, du génocide et de la destruction de nos villes et de nos villages. Nous avons pris notre revanche sur le champ de bataille, puis proposé la paix à l’Arménie.

C’est là encore que se sont révélées les qualités morales de notre peuple. Nous n’avons pas frappé un adversaire déjà vaincu. Nous ne nous sommes pas abaissés au niveau des barbares et des assassins d’enfants qui ont infligé tant de souffrances à notre peuple.

Nous avons proposé la paix, et nous vivons en paix depuis un peu plus d’un an. Cette paix demeure fragile ; nous devons la protéger et la consolider.

Mesdames et Messieurs,

Durant ses deux années de présidence de la CICA, l’Azerbaïdjan a accordé la priorité au renforcement de l’organisation et a activement encouragé la coopération dans les domaines de la connectivité des transports, de la numérisation, de la protection de l’environnement, du tourisme, de l’éducation, de la science et dans bien d’autres secteurs.

Grâce aux différentes initiatives que nous avons mises en œuvre avec le soutien unanime de tous les États membres, la CICA est aujourd’hui plus solide sur les plans institutionnel et juridique. Le nombre de ses participants a augmenté, et ses capacités à développer le dialogue et la coopération se sont considérablement renforcées, au service de la sécurité, de la prospérité économique et de la compréhension mutuelle dans l’ensemble de son espace géographique.

Je profite de cette occasion pour remercier tous les États membres d’avoir soutenu la proposition visant à prolonger de deux années supplémentaires la présidence de l’Azerbaïdjan à la tête de la CICA.

Je vous remercie de votre attention.

Les représentants officiels des autres États membres ont ensuite pris la parole.