QUAND LA « RECHERCHE » DEVIENT UN RÉCIT POLITIQUE : QUESTIONS À « L’INSTITUT DE RECHERCHE DE BAKOU »

Analyses
18 Septembre 2026 15:42
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QUAND LA « RECHERCHE » DEVIENT UN RÉCIT POLITIQUE : QUESTIONS À « L’INSTITUT DE RECHERCHE DE BAKOU »

L’article intitulé « The Unbearable Cost of Azerbaijan’s Territorial Integrity » (« Le coût insupportable de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan »), publié sur le site de l’Institut de recherche de Bakou peut être considéré sans hésitation comme une répétition des récits unilatéraux, biaisés et infondés que les milieux politiques et informationnels arméniens radicaux diffusent depuis de nombreuses années.

Avant tout, ce texte peut être considéré comme hautement problématique du point de vue académique. Plus précisément, son principal défaut réside dans le fait qu’il déforme systématiquement les causes et les conséquences de l’ancien conflit. Les faits selon lesquels les territoires internationalement reconnus de l’Azerbaïdjan sont restés sous occupation pendant près de trois décennies, que des centaines de milliers d’Azerbaïdjanais ont été expulsés de leurs terres, que les forces armées arméniennes ont maintenu une présence illégale sur le territoire azerbaïdjanais, que des crimes ont été commis contre des civils azerbaïdjanais pour des motifs ethniques et que des localités ont été détruites pendant la période d’occupation sont presque entièrement exclus du cadre d’analyse.

Au contraire, l’Azerbaïdjan y est présenté non pas comme une partie ayant rétabli sa souveraineté et son intégrité territoriale, mais comme un État qui aurait systématiquement privilégié la violence tout au long du conflit. Une telle approche ne correspond naturellement ni à la vérité historique ni au principe fondamental d’équilibre analytique. Déformer et généraliser les actions d’un seul camp du conflit tout en « passant sous silence » les politiques d’occupation, de nettoyage ethnique, de déplacement forcé et de contrôle militaire de l’autre camp ne saurait être considéré comme une analyse scientifique ou objective.

Le traitement réservé aux événements de 2020 et de 2023 est particulièrement frappant, notamment par la manière dont ils sont sortis de leur contexte. À la suite de l’occupation, l’Azerbaïdjan a perdu le contrôle d’une partie importante de son territoire internationalement reconnu au début des années 1990 et, malgré les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, cette situation a perduré pendant des décennies. Ignorer cette réalité fondamentale et transformer le rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan en une prétendue preuve venant étayer des thèses préétablies sur le « militarisme », le « nettoyage ethnique » ou la « consolidation autoritaire » relève, pour le dire avec modération, d’un biais extrême.

Le langage employé par l’auteur donne également l’impression que l’article a été rédigé à partir d’une position politique préétablie. Des allégations controversées qui nécessiteraient des preuves juridiques substantielles sont présentées comme s’il s’agissait de faits incontestés, tandis que les arguments juridiques, historiques et sécuritaires expliquant la position de l’Azerbaïdjan sont soit ignorés, soit discrédités. En conséquence, ce texte ressemble moins à une recherche qu’à une tentative de construire un faux récit politique.

L’un des aspects les plus absurdes de l’article est que le rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan y est lui-même présenté comme un problème. La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan ne sont pas des concepts inventés par un quelconque gouvernement politique ; ce sont des réalités reconnues par le droit international. Présenter le soutien du peuple azerbaïdjanais à la libération de ses territoires occupés comme la « base sociale de l’autoritarisme », c’est faire abstraction du sort de centaines de milliers de personnes touchées par les déplacements forcés, les traumatismes de la guerre et trois décennies de négociations infructueuses.

Dans le même temps, l’aspect le plus regrettable de cette affaire est qu’un texte aussi unilatéral, biaisé et anti-azerbaïdjanais - qui fait pratiquement abstraction de la position juridique et politique de l’État - ait été publié sur une plateforme portant le nom d’« Institut de recherche de Bakou ». Le minimum que l’on pourrait attendre d’une plateforme utilisant le nom de Bakou et le terme « recherche » serait une présentation comparative des faits, la prise en compte des points de vue contradictoires et le respect de l’intégrité analytique plutôt qu’un jugement idéologique. Cet article est très loin de répondre à ces normes.

La sélection des faits et de la terminologie dans cet article, ainsi que la manière dont il établit des relations de cause à effet, présentent une ressemblance frappante avec des thèses utilisées depuis des années dans le discours politique arménien radical et, désormais, revanchard. La facilité avec laquelle l’histoire de l’occupation de l’Azerbaïdjan et l’expérience des déplacements forcés subis par les Azerbaïdjanais sont effacées, tandis que le rétablissement de la souveraineté du pays est présenté presque exclusivement comme une évolution politique négative, n’est pas seulement regrettable ; elle suscite également une profonde indignation et un profond dégoût. Le plus douloureux est que cet article, rempli de calomnies à l’encontre de notre peuple et de notre État, ait été publié sur une plateforme dont les auteurs sont majoritairement azerbaïdjanais.

Au lieu d’enrichir le débat public, de tels écrits approfondissent la méfiance mutuelle, rouvrent les blessures de la guerre et compromettent les fragiles espoirs de paix dans la région. La paix ne peut être construite en rendant invisibles les souffrances de l’une des parties, en présentant et en déformant sélectivement les faits historiques, ou en minimisant les préoccupations légitimes de la société azerbaïdjanaise en matière de sécurité. Au contraire, une véritable réconciliation exige un examen honnête du passé, une responsabilité mutuelle et une approche consciencieuse des événements.

À notre avis, les articles de ce type publiés par l’Institut de recherche de Bakou ne servent pas la paix, mais plutôt une nouvelle escalade et la réactivation du conflit. L’orientation du texte et le cadre politique qu’il a choisi soulèvent de sérieux soupçons quant au fait qu’il ait été rédigé à la demande de milieux se trouvant derrière le BRI ; à cet égard, il est difficile de considérer sa publication comme accidentelle. Il semble que l’objectif soit d’entraver le processus de paix et de façonner une opinion publique internationale négative à l’égard de l’Azerbaïdjan.

News.Az

Par Matin Mammadli