AZERBAÏDJAN : 4 010 PERSONNES PORTÉES DISPARUES, UNE QUESTION QUI DEMEURE AU CŒUR DU TRAUMATISME DU KARABAGH

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31 Août 2026 11:34
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AZERBAÏDJAN : 4 010 PERSONNES PORTÉES DISPARUES, UNE QUESTION QUI DEMEURE AU CŒUR DU TRAUMATISME DU KARABAGH

La Journée internationale des personnes disparues est célébrée chaque année le 30 août. Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2010, elle rend hommage aux centaines de milliers de personnes disparues à travers le monde à la suite de conflits armés, de violences, de déplacements forcés, de catastrophes naturelles ou encore de détentions secrètes et de circonstances non élucidées.

Cette journée ne constitue toutefois pas seulement un hommage aux disparus. Elle rappelle également la souffrance de leurs familles, condamnées à attendre parfois pendant des années, voire des décennies, une réponse sur le sort de leurs proches.

Pour de nombreux pays qui n’ont jamais été confrontés à une tragédie de cette ampleur, le 30 août peut n’être qu’une date parmi d’autres dans le calendrier. Pour l’Azerbaïdjan, cette journée revêt toutefois une signification particulière et douloureuse. Certes, elle n’est pas marquée d’une pierre noire dans le calendrier national, mais cela n’en atténue en rien la portée tragique pour le peuple azerbaïdjanais.

Près de trois décennies de conflit autour du Karabagh n’ont pas seulement laissé derrière elles des destructions et des dizaines de milliers de destins brisés. Cette tragédie a meurtri les corps autant que les âmes. Parmi les pages les plus douloureuses de cette histoire figurent les milliers de personnes portées disparues, dont les familles vivent encore dans l’attente de connaître la vérité sur leur sort.

Selon Hikmet Hajiyev, assistant du président de la République d’Azerbaïdjan, 4 010 personnes sont toujours portées disparues en Azerbaïdjan à la suite de la première guerre du Karabagh, de la guerre de 2020 et des opérations antiterroristes.

Derrière ce chiffre ne se trouvent pas de simples données statistiques, mais 4 010 destins humains. Derrière chacun d’eux, il y a une famille qui continue d’attendre, d’espérer et de chercher des réponses. Des mères qui attendent depuis des années le retour de leurs enfants ; des épouses qui ignorent si elles doivent se considérer comme veuves ; des pères qui n’ont jamais pu accompagner leurs fils jusqu’à leur dernière demeure ; des enfants qui ont grandi sans jamais connaître le destin de leurs parents.

« Chaque famille a le droit de connaître le sort de ses proches. Chaque personne portée disparue a un nom. Chaque famille mérite d’obtenir une réponse », a souligné Hikmet Hajiyev, rappelant que cette question demeure, pour l’Azerbaïdjan, un enjeu d’une profonde portée humanitaire et nationale.

D’importants efforts sont aujourd’hui consacrés à l’établissement du sort des personnes disparues. La Commission d’État recueille et examine les témoignages, vérifie les lieux susceptibles d’abriter des sépultures et mène des opérations de recherche. Les restes humains découverts font ensuite l’objet d’expertises médico-légales et d’analyses ADN afin d’en déterminer l’identité.

Ces dernières années, des sépultures collectives ont notamment été découvertes dans les territoires passés sous contrôle azerbaïdjanais, parmi lesquels Khodjaly, Choucha et Fizouli. Ces découvertes offrent l’espoir de pouvoir enfin identifier certaines des personnes dont les familles attendent depuis des décennies la moindre information.

Pour un être humain, rien n’est peut-être plus éprouvant que l’incertitude. Lorsque la mort d’un proche est établie et que son lieu de sépulture est connu, la douleur demeure immense, mais le temps permet parfois d’apprivoiser la perte. Il existe alors un lieu où se recueillir, déposer des fleurs et faire vivre la mémoire du disparu.

L’incertitude, elle, maintient la blessure ouverte. Ne pas savoir si un être aimé est encore en vie ou s’il a quitté ce monde condamne les proches à vivre entre l’espoir et la peur. Chaque jour devient une attente, et chaque nouvelle information peut faire renaître, ne serait-ce qu’un instant, l’espoir d’un miracle.

Il est sans doute inutile de rappeler que la responsabilité directe des souffrances infligées à des milliers d’Azerbaïdjanais incombe aussi bien aux anciens dirigeants arméniens qu’aux autorités actuelles, qui se présentent pourtant comme attachées à la paix. Aujourd’hui, alors que le conflit armé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est achevé et qu’Erevan affirme vouloir œuvrer à la paix, rien ne devrait empêcher la partie arménienne de fournir des informations détaillées sur le sort des personnes portées disparues. Or, jusqu’à présent, une telle démarche ne s’est pas concrétisée du côté arménien.

Il est établi que, durant les années de la première guerre du Karabagh, de nombreux Azerbaïdjanais ont été faits prisonniers. Certains ont pu retrouver leur foyer, mais le sort de beaucoup d’autres demeure encore inconnu. Leurs proches ont le droit de connaître la vérité, quelle qu’elle puisse être.

Pour ces familles, rien n’est plus important qu’une réponse. Elles n’attendent pas de déclarations retentissantes, mais des informations concrètes qui leur permettraient de mettre un terme à des décennies d’attente et de préserver la mémoire de leurs proches.

En attendant, les familles des personnes disparues continuent d’espérer qu’un jour, tôt ou tard, elles connaîtront enfin la vérité, aussi douloureuse ou amère puisse-t-elle être.

Dans la lecture défendue par l’auteur, les 4 010 personnes portées disparues constituent ainsi un rappel silencieux de ce qu’il présente comme 4 010 crimes de guerre imputables aux dirigeants arméniens. Cette formulation traduit toutefois la position de l’auteur et ne constitue pas, en elle-même, une qualification judiciaire établie de chacun de ces cas.

La Journée internationale des personnes disparues rappelle enfin au monde une réalité profondément humaine : tant qu’une seule famille attend encore une réponse sur le sort d’un proche, cette douleur ne peut être oubliée.