L’Azerbaïdjan œuvre en coulisses pour réduire les tensions entre Israël et la Turquie, rapporte le portail Ynet, citant des sources israéliennes.
Une source au fait de la situation a déclaré au portail qu’à Bakou, on était « très préoccupé » par les tensions entre Israël et la Turquie, deux pays alliés de l’Azerbaïdjan.
Selon le portail, les États-Unis travaillent également à réduire ces tensions. Toutefois, souligne Ynet, Israël « ne fait pas confiance » à l’ambassadeur américain à Ankara, Tom Barrack. Les dernières déclarations de M. Barrack ont suscité une vive réaction du ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Le portail estime donc que « s’il existe une personnalité diplomatique qui bénéficie de la confiance des deux pays, c’est bien l’Azerbaïdjan, qui a déjà prouvé par le passé sa capacité à surmonter les divergences entre les deux États ».
Le portail rappelle qu’il y a un an, c’est précisément l’Azerbaïdjan qui avait pris l’initiative d’un dialogue direct entre Israël et la Turquie. Une délégation turque dirigée par le directeur du MIT, Ibrahim Kalın, et une délégation israélienne dirigée par le chef du Conseil de sécurité nationale de l’époque, Tzachi Hanegbi, avaient alors tenu des réunions à Bakou. À l’issue de ces rencontres, un accord avait été conclu pour créer un mécanisme opérationnel de coordination entre les deux pays concernant la Syrie.
En Israël, des canaux de communication confidentiels avec la Turquie sont maintenus afin d’empêcher un affrontement direct entre les deux pays en Syrie. C’est ce qu’a rapporté dimanche la chaîne israélienne Kan, citant une source au sein de l’appareil de sécurité.
Selon cette source, des avertissements et d’autres messages sont échangés par l’intermédiaire de ces canaux afin d’éviter tout affrontement accidentel. Elle a toutefois ajouté que, si les signaux diplomatiques ne produisent aucun résultat, Israël « est contraint d’agir ».
Selon Kan, Israël a défini ses lignes rouges concernant l’extension de la présence militaire turque en Syrie. Le déploiement de systèmes de défense antiaérienne, de radars, de drones et de missiles turcs suscite une inquiétude particulière, notamment lorsque ces équipements pourraient « menacer la liberté d’action de l’armée de l’air israélienne ».
Le conflit est apparu au grand jour après la frappe israélienne du 18 août contre l’aérodrome militaire d’Abou al-Zouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, à environ 70 kilomètres de la frontière turque. Les médias syriens ont fait état de huit frappes visant les pistes d’atterrissage et d’autres installations de la base. Samedi, Kan a rapporté que des représentants israéliens avaient averti les États-Unis avant la frappe que la Turquie aurait prévu d’installer un radar sur l’aérodrome, puis des systèmes de défense antiaérienne qui auraient été exploités par des militaires turcs.
La Turquie rejette cette version des faits. Le ministère de la Défense à Ankara a déclaré qu’aucune délégation militaire turque ne se trouvait sur la base, ni avant ni pendant l’attaque israélienne. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad al-Chibani, a indiqué que des officiers turcs s’étaient auparavant rendus à Abou al-Douhour. Selon lui, il s’agissait d’une coopération dans le domaine de la formation et d’un échange d’expérience ; aucun projet visant à y déployer des troupes turques n’existait.
L’attaque a suscité une vive réaction de Washington. L’envoyé spécial du président Donald Trump pour la Syrie et ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, l’a qualifiée d’« escalade inutile » et a averti qu’elle aurait pu conduire à un affrontement entre Israël et la Turquie. Les États-Unis ont ensuite intensifié leurs efforts pour mettre en place un mécanisme de prévention des conflits entre Israël, la Turquie et la Syrie.