LA DIASPORA ARMÉNIENNE EST INQUIÈTE DE SON DÉCLIN

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20 Août 2026 14:53
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LA DIASPORA ARMÉNIENNE EST INQUIÈTE DE SON DÉCLIN

L’ANCA (Armenian National Committee of America), la plus puissante des organisations de la diaspora arménienne aux Etats-Unis désespère de pouvoir obtenir des autorités du pouvoir exécutif américain l’application d’une disposition discriminatoire et injustifiée, prohibant aux Etats-Unis d’apporter une quelconque aide financière à l’Azerbaïdjan.

Adoptée en 1992, cette loi envisageait des soutiens financiers dans le cadre d’une politique d’assistance à la transition démocratique aux différents Etats issus de la disparition de l’Union Soviétique. Elle avait fait l’objet d’un lobbying arménien visant à écarter injustement l’Azerbaïdjan des bénéfices de l’application de cette politique.

Un communiqué apparu sur le site internet de l’ANCA, du 7 août 2026, indique le profond dépit de ce puissant groupe de pression communautaire arménien devant l’attitude actuelle du pouvoir fédéral américain qui a suspendu cette disposition de 1992.

En voici quelques extraits issus de ce communiqué, traduits de l’anglais, titré : « « L’ANCA condamne l’intention de l’administration Trump de renouveler la dérogation permettant l’octroi d’une aide à l’Azerbaïdjan ».

« 7 août 2026
WASHINGTON, D.C. – Le Comité national arménien d’Amérique (ANCA) condamne le signal donné par l’administration Trump de son intention de prolonger la dérogation aux restrictions prévues par l’article 907 concernant l’aide américaine à l’Azerbaïdjan, ouvrant ainsi la voie au maintien de l’aide américaine à Bakou.

« Le président Trump continue de tourner en dérision sa promesse de faire passer l’Amérique d’abord en donnant son feu vert à l’octroi d’une aide étrangère à l’Azerbaïdjan… »

« … L’article 907 de la loi FREEDOM Support Act restreint l’aide américaine à l’Azerbaïdjan depuis 1992… »

« Un amendement adopté en 2002 a accordé au Président le pouvoir de déroger chaque année à cette restriction, sous réserve d’obligations en matière de rapports que les administrations successives n’ont pas respectées. L’ANCA s’oppose depuis longtemps à la reconduction continue de cette dérogation, avertissant qu’elle encourage le régime azerbaïdjanais à adopter une attitude plus audacieuse… »

« L’ANCA soutient l’Armenia Security Partnership Act (H.R. 6840), une proposition de loi bipartisane présentée par les représentants Gus Bilirakis (R-FL) et Frank Pallone (D-NJ), qui interdirait au président de renouveler la dérogation prévue à l’article 907... ».

Trente-quatre ans de politique d’influence et de pressions continues, sans partage et sans contradicteur, auront conduit à ce constat amer. Aujourd’hui, le pouvoir en Arménie prend désormais lui aussi ses distances avec les groupes de pression communautaires de la diaspora arménienne et se détourne de cette politique nationaliste étroite et expansionniste qui avait caractérisé et immobilisé l’Etat d’Arménie, écrasé et mis en péril par le poids d’une guerre irrédentiste absurde et vainement cruelle. La population de l’Arménie et la pérennité de son indépendance en étaient sorties gravement menacées. L’activisme confortable d’une partie de la diaspora aura alimenté cette politique funeste pendant des années. En est-elle guérie ? Rien n’est moins sûr. A la lecture de ce communiqué, on peut légitimement en douter. Par contre, on croit observer que leur voix porte de moins en moins et que les regards se détournent insensiblement…

Ces jours-ci, sur le compte X/Twitter de l’ANCA, une communication d’Aram Suren Hamparian, directeur de cette organisation, appelait encore les militants de la diaspora arménienne de l’Arizona à protester de différentes manières contre leur représentant au Congrès Abi Hamadeh, lequel est engagé dans le mouvement tendant à obtenir la levée de ce bannissement de l’Azerbaïdjan prévue par l’amendement 907.

Mais les roues tournent, cette roue tourne aussi, et les Etats-Unis sont aujourd’hui profondément impliqués dans le processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Une déclaration formelle conjointe tripartite signée en août 2025 les lient à ces deux nations du Caucase et le couloir logistique du Zanguezour est désigné par les médias internationaux sous le nom de route Trump.

Erevan elle aussi n’écoute plus l’ANCA et ses homologues des diasporas d’autres pays.

Par Cyprien Raspiller