Selon des statistiques publiées récemment, depuis le début de 2026, l’Azerbaïdjan a fortement réduit, voire quasiment supprimé, ses importations de pétrole en provenance de Russie. Ainsi, de janvier à mai de cette année, l’Azerbaïdjan a acheté à l’étranger 69.000 tonnes de pétrole pour un montant de 37,5 millions de dollars américains. Par rapport à la même période de 2025, le volume physique des livraisons a diminué de 9,3 fois, tandis que leur valeur a été réduite de 8,4 fois. La Russie a été le principal fournisseur, représentant 93,1 % de l’ensemble des importations, soit 64,63 milliers de tonnes pour 33,66 millions de dollars. Les achats en provenance de Russie ont diminué de 9,3 fois en volume et de 8,7 fois en valeur. En mai 2026, aucune matière première en provenance de Russie n’a été livrée. La part restante a été importée du Kazakhstan : 4,79 milliers de tonnes pour une valeur de 3,84 millions de dollars.
Cette année, comme le montrent les chiffres, l’Azerbaïdjan a fortement réduit ses importations de pétrole russe.
En effet, bien qu’étant lui-même exportateur de pétrole, l’Azerbaïdjan importait périodiquement du brut de Russie ou du Kazakhstan. Cela s’explique par les différences de prix traditionnellement observées sur le marché entre le pétrole russe Urals, le pétrole kazakh CPC Blend et le pétrole léger azerbaïdjanais Azeri Light. Selon la situation du marché, l’Azerbaïdjan achète du pétrole brut moins cher auprès des pays voisins et le mélange à son propre pétrole avant de le raffiner. Cette pratique permet de réduire le coût de production des produits pétroliers dans le pays et, par conséquent, d’accroître les exportations de pétrole léger azerbaïdjanais de haute qualité.
Et c’est ici que nous arrivons au point le plus intéressant. Comme on le sait, le projet de loi préparé par le défunt sénateur républicain Lindsey Graham, qui prévoit des « sanctions infernales » contre la Russie, a récemment été soumis au vote au Sénat. Ce projet prévoit l’imposition par les États-Unis de droits de douane de 100 % à l’encontre des cinq principaux importateurs de pétrole russe, ainsi que d’autres sanctions, notamment des restrictions visant la « flotte fantôme ».
Le texte ne désigne pas explicitement les cinq principaux importateurs de pétrole russe, mais établit des critères permettant de les sélectionner. Le choix des pays concernés sera laissé à la discrétion du département du Trésor américain. Certains médias occidentaux, citant des collaborateurs de sénateurs, ont mentionné dans leurs articles sur le projet de loi l’Azerbaïdjan parmi les cinq principaux importateurs de pétrole russe. Pourtant, les volumes de pétrole importés de Russie par l’Azerbaïdjan l’année dernière ne justifient pas son inclusion dans cette catégorie.
Cette année, comme le montrent les chiffres, l’Azerbaïdjan a fortement réduit ses importations de pétrole russe et les a même totalement interrompues en mai. Les statistiques pour juin et juillet ne sont pas encore disponibles, mais on peut supposer que cette tendance se poursuivra.
Le projet de loi sur les « sanctions infernales » contre la Russie n’a pas encore été examiné par la Chambre des représentants. S’il est approuvé par la chambre basse du Congrès, il devra être signé par le président Donald Trump pour entrer en vigueur.
Quoi qu’il en soit, même si le projet de loi est adopté par le Congrès et signé par le président, rien ne permet de penser qu’il présenterait un risque pour l’Azerbaïdjan. D’autant plus aujourd’hui, alors que les importations de pétrole russe par l’Azerbaïdjan ont été réduites au minimum, voire complètement interrompues.