CHOUCHA, SYMBOLE D’UNE INTEGRATION ECONOMIQUE RENFORCEE DU MONDE TURCIQUE

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15 Juin 2026 15:06
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CHOUCHA, SYMBOLE D’UNE INTEGRATION ECONOMIQUE RENFORCEE DU MONDE TURCIQUE

Choucha - Le volume des échanges commerciaux entre l’Azerbaïdjan et les pays membres de l’Organisation des États turciques (OET) a dépassé les 7 milliards de dollars en 2025, illustrant une nouvelle phase de l’intégration économique au sein de l’espace turcique. C’est ce qu’a déclaré le vice-ministre azerbaïdjanais de l’Économie, Samed Bashirli, lors de la troisième réunion des autorités de la concurrence des pays membres de l’OET et du Forum de la concurrence organisés à Choucha.

Choucha, un choix à forte portée symbolique

La tenue de cet événement dans la ville de Choucha revêt, selon les participants, une dimension qui dépasse le seul cadre économique. Elle constitue également un signal politique et symbolique fort, la ville étant présentée comme une plateforme de dialogue international et comme un exemple de réintégration des territoires reconquis dans les circuits économiques mondiaux.

La réunion des autorités de la concurrence et le Forum ont servi de plateforme institutionnelle destinée à coordonner les politiques économiques des États membres de l’organisation.

Vers une harmonisation des politiques économiques

Les discussions ont principalement porté sur la création d’un environnement concurrentiel équitable, la suppression des obstacles au commerce intra-régional, l’harmonisation des réglementations antimonopoles et le renforcement de la transparence des marchés.

Dans un contexte marqué par l’interdépendance croissante des économies nationales, les participants ont souligné l’importance stratégique de ces mécanismes pour limiter les risques de concurrence déloyale et favoriser une croissance économique durable.

Selon les organisateurs, ces rencontres permettent également aux pays membres de développer des approches communes en matière de développement économique, ouvrant la voie à une intégration plus profonde et à la possible émergence d’un espace économique partagé.

Des investissements en forte progression

Les responsables ont mis en avant le renforcement de la coopération dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, l’énergie, l’agriculture et les services.

L’Azerbaïdjan, grâce à son potentiel économique et à sa position géographique, est présenté comme l’un des moteurs de cette dynamique. La progression des échanges commerciaux est considérée comme un indicateur direct de l’efficacité des initiatives engagées.

Depuis 1995, le volume total des investissements réciproques entre l’Azerbaïdjan et les États membres de l’OET aurait atteint près de 40 milliards de dollars. Cette évolution reflète, selon les intervenants, le caractère durable des relations économiques au sein de l’organisation.

La création du Fonds d’investissement turcique, doté d’un capital de 600 millions de dollars, ainsi que la mise en place de fonds bilatéraux avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan, est présentée comme une étape concrète vers le financement de projets communs.

Le Corridor médian au cœur de la stratégie régionale

L’un des principaux axes de coopération demeure le développement des infrastructures de transport et de logistique.

Face à la reconfiguration des routes commerciales mondiales, influencée par les crises géopolitiques, les sanctions internationales et les évolutions des rapports de force économiques, les pays de l’OET misent sur la construction de leur propre architecture de connectivité.

Au centre de cette stratégie figure le Corridor médian, un itinéraire reliant la Chine, l’Asie centrale, la région caspienne, le Caucase du Sud et l’Europe, en contournant les axes traditionnels du nord et du sud.

Selon les données présentées lors du forum, le trafic de marchandises sur ce corridor est passé de 4,5 millions de tonnes en 2024 à plus de 5 millions de tonnes en 2025, témoignant d’une demande croissante de la part des opérateurs internationaux.

Les prévisions avancées lors des discussions font état d’une nouvelle hausse des volumes transportés, ce qui tend à confirmer l’émergence du Corridor médian comme un élément structurant de la logistique eurasiatique.

Le rôle central de l’Azerbaïdjan

Les intervenants ont souligné le rôle clé de l’Azerbaïdjan dans cette architecture régionale. Sa position géographique, entre la mer Caspienne, le Caucase du Sud et l’Europe, en fait un maillon essentiel du corridor.

Les infrastructures du pays, notamment le Port maritime commercial international de Bakou, la ligne ferroviaire Chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars et plusieurs centres logistiques modernes, contribuent à accroître la capacité du réseau de transport.

Les responsables présents ont estimé que le fonctionnement optimal du Corridor médian serait difficilement envisageable sans la participation de l’Azerbaïdjan.

Le pays poursuit également ses investissements dans la modernisation des infrastructures, la numérisation des procédures logistiques et la simplification des formalités douanières, avec pour objectif de réduire les délais de transport et les coûts pour les opérateurs économiques.

Une stratégie de diversification internationale

Parallèlement à son engagement au sein de l’OET, l’Azerbaïdjan poursuit une stratégie de diversification de ses relations économiques extérieures.

Le pays développe activement ses échanges avec l’Union européenne tout en renforçant sa présence sur les marchés du Moyen-Orient et de l’Afrique. Cette approche vise à limiter la dépendance à l’égard de partenaires uniques et à saisir de nouvelles opportunités de croissance.

Les responsables azerbaïdjanais ont également mis en avant l’importance de la coopération énergétique avec les pays européens, l’Azerbaïdjan se présentant comme un fournisseur fiable de ressources énergétiques. Dans le même temps, les exportations de produits non pétroliers continuent de progresser, conformément à la stratégie nationale de diversification économique.

Une intégration appelée à se renforcer

Les participants au forum estiment que la croissance du commerce intra-turcique, le développement des mécanismes institutionnels de coopération et la participation active à la construction d’une nouvelle architecture logistique eurasiatique créent les conditions d’un approfondissement de l’intégration régionale.

Selon cette vision, les prochaines années pourraient être marquées par une intensification des investissements communs, un renforcement de la coordination des politiques économiques et une coopération accrue entre les États membres de l’OET, avec l’ambition de consolider leur position dans l’économie mondiale sur la base d’intérêts mutuels, de confiance et de partenariats stratégiques.