Le projet a réuni artistes, designers et commissaires d’exposition autour d’un objectif commun : préserver les traditions du tissage tout en les intégrant aux dynamiques de la culture contemporaine. L’initiative est dédiée au 80ᵉ anniversaire de la figure majeure de l’art textile azerbaïdjanais, la professeure Tamilla Mamedova (1946-2025).
Un concours international d’envergure
L’événement principal de cette manifestation est un concours international ayant réuni plus de 150 œuvres, envoyées par plus de quarante participants, dont de nombreux artistes étrangers. Malgré des délais de préparation réduits, le projet s’est imposé par son ampleur.
Les lauréats ont été sélectionnés par un jury international. Des créateurs venus de différents pays ont présenté des œuvres illustrant la capacité du fil et des fibres à raconter des récits, reliant le passé à la contemporanéité.
Un patrimoine textile mis en perspective
L’exposition présentait également des tapisseries issues de la collection du Musée national du tapis d’Azerbaïdjan, notamment les œuvres de Tamilla Mamedova intitulées « Jardin » et « Cadeau », ainsi que des pièces de Basti Sharifova, dont « Latif Kerimov » et « Nouveau siècle ».
La secrétaire scientifique du musée, artiste émérite du monde de la culture Khadija Asadova, membre du jury du concours consacré à la tapisserie, au fibre art et aux arts textiles, a présenté une communication sur ces œuvres majeures. L’intégration de ces pièces emblématiques dans le cadre de l’exposition internationale du Palais des Chirvanchahs a mis en lumière la continuité entre les pionniers de la tapisserie contemporaine azerbaïdjanaise et les jeunes créateurs locaux et étrangers.
Selon les organisateurs, cet échange démontre que la tapisserie constitue un langage artistique vivant et actuel, capable de relier les générations.
Figure centrale de l’exposition, Tamilla Mamedova est reconnue pour la profondeur lyrique de son œuvre, son sens subtil de la couleur et de la plasticité.
Ses tapisseries exposées plongent le spectateur dans un univers métaphorique. Dans « Jardin », l’artiste construit un espace d’harmonie et de paix intérieure à travers un jeu complexe de textures et de transitions chromatiques douces. « Cadeau » porte une charge émotionnelle et philosophique plus marquée, évoquant la valeur de la tradition, de l’amour et de la mémoire.
Les œuvres de Basti Sharifova illustrent quant à elles le lien entre les époques, thème central de l’exposition.
Regards internationaux et reconnaissance du projet
Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs experts et organisateurs internationaux ont pris la parole. Le président du Conseil de gestion de la Réserve historique et architecturale d’État d’« Icherisheher », Rufat Mahmud, ainsi que la critique et historienne de l’art Marta Kowalewska, commissaire principale du Musée central du textile de Łódź, ont souligné l’importance du projet pour la préservation de l’héritage de Tamilla Mamedova, dont l’école continue d’inspirer de nouvelles générations d’artistes.
Présidente de l’Union des artistes de Lituanie et professeur à l’Académie des arts de Vilnius, Eglė Ganda Bogdanienė, a salué l’ampleur de l’exposition et souligné son potentiel en tant que plateforme de coopération artistique internationale.
Le membre honoraire des arts Emin Mamedov a, pour sa part, insisté sur le rôle de telles initiatives dans le développement de l’art textile et le soutien aux artistes du secteur.
Un hommage filmé et une clôture émotive
Dans le cadre du programme, un film documentaire consacré à la vie et à l’œuvre de Tamilla Mamedova a été projeté.
Le point culminant de la soirée a été la cérémonie de remise des prix du concours. Émue, la fondatrice du Fonds Tamilla Mamedova, Aliya Azimova, a déclaré que cette journée comptait parmi les plus marquantes pour elle.
Elle a souligné que le véritable succès de l’initiative ne se mesure pas à l’événement lui-même, mais à son impact durable : l’inspiration donnée aux artistes, les liens culturels créés et les nouvelles idées ouvertes au monde.