LE CHEF DE LA DELEGATION DU PARLEMENT EUROPEEN A "EURONEST": "IL EST NECESSAIRE D'ETABLIR DES RELATIONS EQUILIBREES ET AVISEES AVEC L'AZERBAIDJAN"

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2 Juin 2026 17:53
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LE CHEF DE LA DELEGATION DU PARLEMENT EUROPEEN A "EURONEST": "IL EST NECESSAIRE D'ETABLIR DES RELATIONS EQUILIBREES ET AVISEES AVEC L'AZERBAIDJAN"

Dans un entretien accordé à 1news.az, le chef de la délégation du Parlement européen à Euronest a évoqué le rôle de l’Azerbaïdjan dans la sécurité énergétique de l’Europe, le processus de paix avec l’Arménie, les accusations visant le Parlement européen et l’avenir des relations entre Bakou et Bruxelles.

Alors que les relations entre l’Azerbaïdjan et le Parlement européen traversent une crise sans précédent, les appels à une révision de l’approche européenne à l’égard du Caucase du Sud se multiplient à Bruxelles. Plusieurs députés européens ont récemment reconnu publiquement que les actions des institutions européennes figuraient parmi les causes de la dégradation brutale du dialogue avec Bakou, mettant en garde contre les risques que cela pourrait faire peser sur la sécurité énergétique de l’Europe ainsi que sur son influence dans cette région stratégiquement importante.

Quel rôle l’Azerbaïdjan joue-t-il aujourd’hui pour l’Europe ? Existe-t-il encore une chance d’éviter une rupture définitive entre Bakou et Euronest ? Le chef de la délégation du Parlement européen à Euronest, le député européen Sergey Lagodinsky, répond.

Comment évaluez-vous le rôle de l’Azerbaïdjan dans la sécurité énergétique de l’Europe et dans la mise en œuvre du potentiel de la Route du Milieu ?

Nous constatons à quel point le rôle des pays de la région est important. Personnellement, je ne suis pas un adepte du terme « corridor ». L’importance géostratégique des pays du Caucase existe en elle-même. Il est nécessaire d’établir des relations équilibrées et avisées, notamment avec l’Azerbaïdjan, car ce pays s’est lui-même positionné comme un acteur majeur, menant non seulement une stratégie énergétique, mais également une stratégie politico-militaire qui en fait un partenaire important.

Le processus de paix avec l’Arménie a donné un nouvel élan à cette dynamique. Nous continuons certes à avoir des interrogations concernant les droits de l’homme et la démocratie dans le pays. Cependant, nous entretenons des partenariats avec de nombreux États confrontés à des problématiques similaires. Malgré les critiques, le dialogue reste toujours nécessaire et possible.

Comment l’Union européenne évalue-t-elle l’évolution du processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et quel rôle l’UE pourrait-elle jouer après la signature d’un accord de paix, notamment dans les domaines économique, des investissements et des transports ?

Nous soutenons pleinement le processus de paix. Celui-ci pourrait transformer la région de manière radicale et ouvrir de nouvelles perspectives de stabilité et de développement pour tous les acteurs concernés, y compris la Turquie.

Notre contribution pourrait se traduire par des investissements, des innovations, ainsi que par la mise à disposition de programmes et de plateformes régionales et mondiales capables d’offrir à la région une nouvelle impulsion à l’échelle continentale.

En Azerbaïdjan, certains estiment que les déclarations de certaines institutions européennes sont empreintes de parti pris. Selon vous, cela a-t-il une incidence sur le processus de paix ?

Je ne partage pas les affirmations selon lesquelles le Parlement européen serait partial. Le parti pris peut être celui d’un individu. Il peut également caractériser une institution fortement dirigée de manière centralisée. Or, le Parlement européen n’est ni l’un ni l’autre. C’est une institution pluraliste et démocratique.

Les décisions y sont prises en fonction des orientations des différentes forces politiques et des préférences de leurs électeurs. Il n’est pas possible de diriger ou de corriger ce processus. La seule voie consiste à renforcer le dialogue avec les parlementaires, et non à le suspendre.

Récemment, plusieurs députés européens ont reconnu que le manque d’objectivité du Parlement européen avait contribué à la crise actuelle des relations avec l’Azerbaïdjan. Partagez-vous cette analyse ?

Je n’ai pas connaissance de cette position. Quant à la question du manque d’objectivité, je renvoie à ce que j’ai expliqué précédemment.

Comment envisagez-vous l’avenir des relations entre Bakou et Bruxelles ?

Conformément aux statuts d’Euronest, l’Azerbaïdjan en demeure membre pour encore un an. J’aimerais engager avec nos partenaires azerbaïdjanais un dialogue réel et efficace sur les moyens d’éviter le retrait qui se profile.

Il me semble qu’il existe encore des possibilités en ce sens. Le Parlement européen jouera un rôle important dans les futures décisions et évaluations concernant nos relations bilatérales. Il serait essentiel de travailler à la normalisation du dialogue avec notre Parlement.